mercredi, juillet 31, 2013

Mardi – quasi fin du festival – plaisirs et diverses autres choses


plaisir d'un colis arrivé au moment où j'allais partir – plaisir des cafouillages du livreur novice et des protestations des automobilistes coincés derrière sa camionnette (où se croient-ils?) dehors... prendre panier, partir dans les rues, dans la liberté de mouvement reconquise, dans le presque désert

plaisir, en voyant les affiches survivantes, quand elles ne sont pas lambeaux, de penser qu'il y a encore ça, où du moins une partie, que devrais en profiter

plaisir de pouvoir marcher dans la lumière, sous le soleil qui se fait caresse sans violence

plaisir des étals, encore assez bien garnis, des richesses de la région (ou si proches), des vendeurs disponibles 

les touristes se regroupant, ne devenant intrusifs que dans leur choix entre les variétés d'olives



surprise de rencontrer encore quelques musiciens... et pour les tracs quelques errants désabusés qui n'essaient même plus de distribuer leurs petits paquets

... la boutique du festival est entrée en courte léthargie avant disparition

cuisine, s'attaquer au colis, et grand plaisir totalement indu de trouver cela


ouvrir, admirer les illustrations de Van Dongen, et lire, au hasard À ce moment, Schahrazade vit approcher le matin et s'arrêta discrètement. Et lorsque luisit le matin, le roi Shahriar entra dans la salle de justice, et le divan fut bondé jusqu'à la fin de la journée. Puis le roi rentra dans son palais, et Doniarzade dit à sa soeur.... et refermer vite avant que Schahrazade ne reprenne son récit... parce que faim, parce que sommeil, un peu

avant de repartir, longeant ce qui a été un mur d'affiches,

souriant aux arbres en fleur,

jusqu'à la chapelle du Miracle, devenue pour la première fois un théâtre du off, sous le nom de «Chapeau d'ébène», assez beau et énigmatique.

Attendu un peu, en petite compagnie, m'amusant des noms portés sur le billet, m'amusant de la façon dont j'avais amalgamé mon vague désir de voir le mangeur de lotus, un spectacle chinois méditatif et de retrouver cette chapelle (où bien entendu ce n'est pas cela qui se jouait, mais Alphonse de Wajdi Mouawad, ce qui n'était sans doute pas plus mal)

un peu navrée de voir que de grands rideaux noirs masquaient (théâtre oblige) les renfoncements et les belles fenêtres pré-baroques...
entendu dans le noir
Quand on est petit,
On est bien mal renseigné.
Alors on imagine.
Plus tard,
Imaginer, ça devient plutôt compliqué.
Alors on se renseigne,
Alors on devient grand et y a pas de mal à ça.
C’est dans l’ordre des choses.
Et les choses sont bien faites
Puisqu’elles nous empêchent de revenir en arrière,
Ce qui est très bien.
Car si un homme, par le plus grand des hasards, croisait un jour sur son chemin l’enfant qu’il avait été et si tous les deux se reconnaissaient comme tel, ils s’écrouleraient alors la tête première contre le sol, l’homme de désespoir, l’enfant de frayeur. prologue d'Alphonse
(trouvé, en rentrant, pendant que patates et filet de loup cuisaient, avant de repartir, cette vidéo qui peut donner une idée de ce que j'ai vu)
une belle performance (enfin cela ne sent pas l'effort) de l'actrice qui joue une dizaine de rôles et le récitant, en coulant souplement de l'un à l'autre... un beau texte, destiné à la jeunesse, avec des moments comiques, quelques phrases poétiques, une ébauche de philosophie (ai noté des passages mais ce serait trop long et sans grand intérêt...) 

et l'habituelle (à mes yeux, ne me les arrachez pas) difficulté de Mouawad à terminer, condenser un peu...

retour par le boulevard Raspail, et le plaisir des jeux du soleil sur un jeune tronc,

le long de la rue Joseph Vernet, des gens léchant, en approchant de chez moi, des glaces et les vitrines, croisé un jeune homme en culottes à la française, gilet brodé, besace, qui se faufilait entre jeunes filles, qui a fuit mon image comme le festival nous quitte, (enfin?)

chargé photos, arrosé, préparé souper... et suis repartie (et là, est-ce une chance ? mon vieil appareil s'est coincé et garde en lui deux ou trois photos sans intérêt)
jusqu'aux trois pilats

et, face à cette maison dont la galerie me fait envie, au théâtre de l'Isle, seul théâtre permanent qui joue encore, et où je n'étais encore jamais allée (honte à moi, l'équipe est si j'en crois la rumeur très sympathique)

pour voir, dans ce tout petit écrin, premier amour de Beckett, interprété par Alexis Barbosa (imperméable sur veston à carreaux, melon, hésitations dans la parole comme il se doit, mais légères comme il se doit aussi, yeux légèrement hagards, et comme décor un banc et un lampadaire)... quelques gestes un peu trop «mime» m'a-t-il semblé au début, impression vite effacée, et le grand plaisir de ce texte, 

(photo du programme du off)
J'associe, à tort ou à raison, mon mariage avec la mort de mon père, dans le temps. Qu'il existe d'autres liens, sur d'autres plans, entre ces deux affaires, c'est possible. Il m'est déjà difficile de dire ce que je crois savoir....et puisque je viens de le sortir pour ces premières phrases, m'en vais le relire en dînant...

sortie dans la rue déserte,

retrouvé un peu d'animation, des dîneurs, sur la place des Carmes, et pensé qu'il faut que je prenne des billets pour le Tremplin jazz qui commençait ce mardi soir.

Retour dans un Avignon qui, un peu après dix heures, est déjà très assoupi, sauf quelques poches comme la place de l'horloge et la rue Saint Agricol (mais sans la folie des dernières semaines).

6 commentaires:

arlettart a dit…

Cet élan vital que chacun possède au fond de soi ... tu en a beaucoup !! comment fais-tu pour avoir toujours cette envie qui te pousses à découvrir et nous l'offrir
Merci
Brrrr!! la campagne me ramollit sérieusement,

Pierre R Chantelois a dit…

Et la routine reprendra ses droits

│ˉˉˉˉ│∩│ˉˉˉˉ│ AVIGNON │ˉˉˉˉ│∩│ˉˉˉˉ│ a dit…

C'es pas fini, il y a encore plein de spectacles jusqu'à ce soir (tard) !

brigitte celerier a dit…

je sais Michek, mais fatiguée un chouya et puis tu sais le problème du plateau de fromage ou de la boite de chocolat intacts - que choisir ?

DUSZKA a dit…

La fin de la fête, le silence, ou presque, revenu, un petit bonheur, avec un peu de nostalgie. Se balader avec toi éloigne toute fatigue. Je viens de travailler avant la chaleur dans mon grand potager (quel boulot ! mais les saveurs saines...) une vague odeur de purin d'ortie appelle une douche énergique... enfin, la vie à la campagne. Te suivre en Avignon est donc un petit bonheur.

maria-d a dit…

et l'été se poursuit ... ...