jeudi, juillet 04, 2013

S'inventer ciel ouvert pour voyages virtuels (en très très long pillage)


S'éveiller, partir dans la ville.. sol mouillé

ciel gris, humidité régnante, se renouvelant, sans que se sente la pluie

ramener, comme peux, un marché pour un siège, deux litres d'huile, neuf cent grammes de morue, un peu plus d'un kilo de bintjes, un demi de noirmoutiers, des petites poires de Saint-Jean, abricots, courgettes, tomates noires qui ne le sont pas et vertes, un peu de poisson, un demi coulommiers, le canard enchaîné, un concombre et de petits navets, et des sandales pour marche rapide
être prise par un assaut de paresse, se l'accorder comme on accorde au ciel son caprice, et le voir s'élever, se faire légèrement transparent...
avoir un vague désir de sortir de l'antre, reprendre les photos prises lundi, ne sais pourquoi, de ciel en gloire et des prières ou agressions, tentatives d'égratignures de la ville, en complet décalage avec les souvenirs des voyages que j'ai faits en lisant :

sur Liminaire les marches, intelligence et sens en éveil de Pierre Ménard, dans les villes, à Paris (et il y a les ateliers d'écriture qu'il conduit à travers la ville, l'intervention de google street, la pluralité des écritures), et les fragments des lignes de désir comme http://www.liminaire.fr/entre-les-lignes/article/mon-tres-lent-paysage mon très lent paysage
Temps de baptiser le voyage. Et puis plus rien que le souffle du vent sur nos joues. Juste une source d’égarement, d’annonce dans la brume. C’est l’heure de décocher. Je décroche. Nous défendons le vite, le peu étant l’errance, le rejet de faire suite, quand rien ne subsiste autour de nous. Ce qui ne dure pas est un monde à part. Fort de cette impression qui insiste ou avance, demain sera sans doute assaillant. Je suis un passager ignorant le détour. L’avenir toujours moins seul.

et cette visite (se dire il serait merveilleux de l'avoir pour guide) en famille à New York, les billets-réflexions comme celui-ci pour la fin des temps http://www.liminaire.fr/derives/article/pour-la-fin-du-temps et le pont de Brooklyn
Certaines parties du pont recouvertes d’une immense bâche blanche que le vent déchire par endroits, que le temps use et que la pollution salit. Certaines parties se transforment en toiles abstraites. Et quand l’espace est enfin libre et qu’il nous permet d’observer l’horizon, qu’il se dégage enfin, la ville s’offre à nous à perte de vue avec ses immeubles au bord de l’eau striés par les larges filins du Pont, cadrés par ses structures métalliques. Je pense à Mondrian, mais pas aux plus célèbres de ses derniers tableaux : Broadway Boogie-Woogie avec son rythme musical dynamique de pulsations lumineuses et colorées.
Et puis les photos du carnet de voyage à New-York http://twoweeksinnyc.tumblr.com/

sur le tiers livre de François Bon, les traces, dans le journal, des déplacements, des gares, de Louvain, du plateau de Saclay, et dernièrement de Fos, en marge d'un chantier de film, ce dépaysement émerveillement devant le formidable, comme dans couleurs du dedans de l'acier http://www.tierslivre.net/spip/spip.php?article3573
Mais qu’est-ce qu’ils portent de ce que porte de rêve le bâtiment même ?
On en a la conviction : je ne saurais pas l’écrire, parce que ce sont eux qui en sont ici, les maîtres. Et qu’au bout de la poche de fonte c’est avec une barre à mine qu’on ira percer la croûte de sable, avec ses mains qu’on jettera sur la brame en fusion la symbolique cendre de riz. Ce sont eux seuls qui peuvent l’écrire

et puis, plus anciennement, mais pas tant - je suis assez jeune dans la lecture du tiers.livre - le Québec, et je pars en recherche... des mots, des images, Montréal, Laval, un dépaysement, mais aussi la visite chez les Innus de Mashteuiatsh http://www.tierslivre.net/spip/spip.php?article2315 (tant pis pour les grandes villes) et le guide novice (comme guide)
On était devant une carte avec les rivières, nous disait les noms des rivières, ça c’était le papier. Et moi j’interrompais à nouveau, je lui demandais : mais celle que vous suiviez, vous, c’était laquelle ? Et il se mettait à parler des campements qu’ils rejoignaient, toute la famille, génération par génération, dans les canoës d’écorce. Que les plus vieux s’arrêtaient au camp de l’année précédente, et les plus jeunes s’aventuraient plus loin.

et puisque au Québec j'étais, Mahigan Lepage, mais justement pas au Québec, en voyage, tous ces voyages où il nous permet de le suivre un peu, avec ces temps ci l'Asie et la machine ronde http://machineronde.net/ , journal de voyage, et puis la formidable série des billets sur les villes nombres avec, par exemple, leurs trottoirs http://www.mahigan.ca/spip.php?article347
Les trottoirs sont des cuisines. À Jakarta tout particulièrement (comme à Kuala Lumpur d’ailleurs), ce sont des installations complètes, impressionnantes. Un segment de trottoirs, cinq ou six mètres disons, a été requis et aménagé en îlots. Un comptoir de coupe là, un coin vaisselle ici, les ustensiles et les aliments par là. Et bien sûr le fourneau à gaz, un wok posé sur le feu presque en permanence. La règle : conserver un espace, aussi réduit soit-il, pour la circulation des piétons. Alors, en déambulant sur les trottoirs, on traverse des cuisines. C’est comme marcher dans une ville par l’intérieur des maisons.

et comme j'ai encore du ciel, comme suis toujours paresseuse, et pilleuse, en dehors des blogs strictement dit, rester en Asie avec Shanghaï Zen sur http://nerval.fr (devriez vous y abonner) les dessins d'Evgeny Bondarenko, le texte de Geneviève Flaven http://nerval.fr/spip.php?article62
LES EAUX sont alourdies par un limon épais, une trace poisseuse de café con lecce. Des pêcheurs remontent des gros silures oblongs de la rivière Suzhou dans des filets carrés. La nuit tombe et sa douceur enfin me prend. Les flonflons d’un petit bal de rue s’enroulent comme un ruban de soie autour du cou. Trois mariées habillées de rouge prennent la pose devant un photographe. Où sont donc les époux ?

Et puisque Shanghai, je pars chez Urbain trop urbain pour retrouver le lien qui mène au Nø City Guide http://www.urbain-trop-urbain.fr/ecrire/shanghai/ trouver, entre autres, la Shangai de Wang Anyi racontée par Vanessa Teilhet
La Shanghai de Wang Anyi n’est pas raffinée, ni sophistiquée. Elle serait même plutôt triviale affirme-t-elle, alors que les Occidentaux et les Shanghaiens eux-mêmes, quidams comme écrivains, se sont attachés à perpétrer l’image d’une Shanghai faste, superbement moderne et cosmopolite. Illusions et mensonges pour Wang Anyi. Car, selon elle, la rapidité du développement de la ville, pressée sans égard par les influences étrangères, n’a pu engendrer qu’une ville à la nature grossière et artificielle essentiellement motivée par l’appât du gain.


Sur Urbain trop urbain, j'ai retrouvé les billets qui parlent d'Istanbul, et je rebondis chez Pierre Cohen-Hadria, pour le souvenir du plaisir que j'avais eu en lisant le Carnet de voyage #43 http://www.pendantleweekend.net/2013/05/carnet-de-voyages-43/, cette façon d'effleurer en laissant sourdre toute la profondeur, toujours, et puis là la possibilité d'y couler mes rêves sur le Bosphore, regarder sa beauté, les gens, tous les souvenirs qui viennent, de partout, du Léman, de Clichy, de Tunisie et..
tandis que la tour Léandres reste au coin de l’eau, est-elle en Asie, est-elle en Europe, qui s’en soucie, pour ma part je m’en fous, ce qui me plaît, c’est vivre, voir le sourire, les plis au coin des yeux, tes lunettes rouges, celles rondes et noires sur ses cheveux bouclés et noirs, et son rire et le tien, voilà tout, la musique, la photo (voici le bac)


et puisque chez Pierre Cohen-Hadria c'est la plupart du temps Paris, et des coins que j'aime pour y avoir vécu ou ambulé , puisque je trouve un petit contrepoint entre ses billets, mes souvenirs, et l'arrivée, chaque matin, pour ouvrir le jour, sur mon écran du Paris de Dominique Hasselmann, vous inviter, si m'avez suivi et ne le connaissez pas encore, à m'imiter et passer, aux alentours de sept heures du matin sur http://doha75.wordpress.com/ , retrouver, par exemple, en sa compagnie et avec Jean-Christophe Bailly, l'avenue Ledru Rollin et le marché de la Bastille http://doha75.wordpress.com/2013/07/01/ (blogger faisant un caprice, têtu, l'idiot, je me vois obligée de vous conseiller de cliquer sur le lien)
Peu de stands «bio», pas mal de touristes – ce marché dominical de la Bastille doit figurer dans les guides de la capitale – mais le plaisir d’entendre, notamment, les vendeurs de légumes (Algériens, Tunisiens, ou Marocains d’origine ?) attirer le chaland qui passe par leurs interpellations directes, leurs mélopées commerciales, leur rythme vocal, tout comme si l’on était dans un souk « de là-bas » : impression d’avoir franchi la Méditerranée en un clin d’œil, et d’acheter les tomates ou les piments tout frais arrivés du pays sur les étals.

Et le soir tombe sur les carreaux de la cour d'Avignon qui sont secs maintenant, mais je n'arroserai pas, et j'arrête, n'ai plus de ciel. Reste là entre le plaisir de mon petit circuit (plus fourni qu'ici) et la honte de ce pillage (repousser la crainte du soupçon de courtisanerie, ou pire, de calcul... et puis assumer le risque parce ce n'est pas, et tant pis..)
Se dire qu'avec la vie de juillet je devrais devenir nettement plus brève.
Vous inviter à passer demain : ce ne sera pas Brigetoun.

6 commentaires:

JEA a dit…

toutes ces anciennes antennes de tv dans le ciel d'Avignon, autant de râteaux à nuages ?

brigitte celerier a dit…

zut ! j'ai supprimé le commentaire de JEA


toutes ces anciennes antennes de tv dans le ciel d'Avignon, autant de râteaux à nuages ?

Dominique Hasselmann a dit…

Belle promenade avec citations...

Presque un "vase communicant" avant la lettre (ou la date) !

jeandler a dit…

Attention , calade mouillée, calade glissante...

arlettart a dit…

Belle chance pour futur périple tout est prêt sandales et
victuailles en réserve

│ˉˉˉˉ│∩│ˉˉˉˉ│ AVIGNON │ˉˉˉˉ│∩│ˉˉˉˉ│ a dit…

J'aurai vu tout le ciel dans une fleur.
(Et non tout le fiel dans une sœur...)
:D)