mardi, août 27, 2013

Lundi – plein de photos et peu de phrases pour P (prévu ainsi pourtant!)


météo

matin bleu mais frais

une réticence à y entrer – un jour de tranquille besoin d'abandon au rien, à réprimer dolce

petit vent presque frais, soleil sur mes pas dans les rues matinales
une couverture passagère s'est installée dans l'après-midi, un peu morne comme l'étais moi aussi un trop peu (et sans grande envie de lectures sur le web, pardon demandé)

lecture
J'ai entrepris la lecture, attirée par les noms et sans doute par l'élégance du livre carré, des caractères, du papier, de l'édition (les presses du réel) des emails échangés en 2009 et 2010 à l'occasion du quatre vingt dixième anniversaire de Merce Cunningham, dans le cadre du festival d'automne, entre Jérôme Bel et Boris Charmatz, et me passionne de plus en plus pour leurs échanges, leurs parentés, leur profonde dissemblance – me suis arrêtée, pour entrer dans le sommeil, sur ce passage de Jérôme Bel (me sens plus proche de Boris Chamatz pour lequel la recherche des idées, la remise en cause du monde passe toujours par le mouvement, la danse, une chorégraphie même si elle est très éloignée de la danse classique et parfois de ce qu'on désigne sous le nom de danse)
je pense que l'affaire est là. Quel corps travaillons nous ?
Le corps que j'ai choisi de travailler est un corps culturel, socialisé, historique. Le tien est moins «civilisé», il est traversé de pulsions, il s'interroge de l'intérieur. Le mien est vide, il n'est que codes et signes, il est discursif ; le tien est plein d'on ne sait quoi, qui ne cesse d'exploser à sa surface. Le mien est là, immobile, atterré par le monde, ayant rendu les armes face au capitalisme dominant, n'ayant trouvé comme résistance que sa propre inertie, que sa lenteur, n'ayant trouvé comme subversion possible que quelques microévénements à opposer au géant. Le tien est fougueux, il fait semblant de ne pas comprendre ce qu'il se passe pour essayer de s'y soustraire, de ne pas y penser, tente d'autres articulations, d'autres gestes, d'autres rapports. Il veut croire qu'il existe une alternative...
J'attends de trouver la réponse, les nuances, de Charmatz dans quelques pages (ce sont de très longs messages, surtout ceux de Jérôme Bel)
alphabet
J'essaie, sans succès de comprendre ce qui fait que certaines lettres sont accueillies avec un ahurissant excès d'honneur et d'autres avec un tranquille dédain.
Paresseuse étais, ai pensé photos et peu ou pas de phrases pour P.
Pas très pertinent : ai marché en pensant P et pris trop de photos (plus celles des derniers jours), avais autres mots en tête, ai cherché dans réserve et les P se multipliaient..... Pour plusieurs jours ?
Donc P comme photos, Provence pour touristes (mais pas que), ci-dessus,  et comme

palmiers
un peu envahissants maintenant, ici, à Toulon... images de Côte d'Azur pour Train Bleu

parade
n'y pensais pas, mais elles tiennent telle place dans notre année, ici, et souvent dans nos vies, alors...

parasol
et parapluie, paravent, pare ce qu'on veut

pas ou pied
filant, glissant parfois, sur dalles, appliqués à ne pas trébucher sur calades

passé
de la ville, du pays, des religions et sociétés, étranger à nous et que ne devons regarder et juger qu'en tenant compte de la masse des ans et des évolutions,
passé de nos os, de nos cheveux, de nos rides, de nos amours, colères et souvenirs racontés, qui fait notre présent

peluches
et penser en voyant celles-ci à la différence entre elles et celles des enfants fortunés
(souvenir des vitrines du Nain Bleu, est-ce que cette merveilleuse boutique existe toujours ?)



penché
ces branches, vers nous passants et le mur qu'elles habillent, un corps penché sur un landau, des auditeurs penchés vers l'orchestre...

pensées
on peut négliger la fleur fragile, image de fond de cour et de poussière, mais s'impose à nous, que le voulions ou non, formulée ou non, ce dont elle porte le nom

pentes
rudes ou non, à grimper difficultueusement, à descendre précautionneusement, et puis les pentes ou penchants auxquels on nous a appris qu'il fallait résister (ne pas en tenir compte, examiner, se risquer souvent pour grandir)

perché
et le pauvre homme était gêné par le vent, qui nous frôlait avec petite vigueur, pour accomplir sa tâche, obéir aux conseils qui lui étaient criés

perdus
ces beaux souliers, bien trop petits, les ai laissés, imaginant un enfant débarrassé et continuant pieds nus ? Pour paumée je me passerai d'image.

perforé
cette vitre et ainsi embellie, le sol de la ville par une escouade de marteaux piqueurs rencontrés au long de mon chemin... et le mot seul me fait mal

persiennes
avec jalousies, ou avec un panneau inférieur mobile : la méditerranée
et le dessin de la lumière sur le sol de la chambre où quelqu'un fait la sieste, comme un petit signe discret, qu'il peut négliger, de la vie qui l'entoure
Un peu (ah oui ! un peu) honte de moi... mais tant pis continuerai demain.
Simplement, l'ordre alphabétique amenait là dans ma première liste photos et pour lui je me bornerai à un lien vers les photos noires et blanches, à bords dentelés, de notre enfance, le fabuleux matériel de Zola et autres choses chez François Bon http://www.tierslivre.net/spip/spip.php?article2428

13 commentaires:

arlettart a dit…

Aime le duo des mots des corps qui dansent...
Ah!! le Nain Bleu et ses peluches
, même à Toulon je crois , une référence

arlettart a dit…

Nain bleu , cours Lafayette , n'existe plus
Désolée d'envahir tes com

brigitte celerier a dit…

tu n'envahies pas, tu peuples
et tu as toute ma gratitude

Danielle Carlès a dit…

Bonjour Brigitte, ne manque-t-il pas dans le texte le mot "persienne" à jalousies ? Oui, toute la méditerranée est dans la lumière de ces moments de sieste. Et c'est un mot que je chéris.

brigitte celerier a dit…

merci - oui - je n'avais pas vu qu'en copiant/collant il avait sauté

Dominique Hasselmann a dit…

Il manquerait alors aussi "Persévérance"...

│ˉˉˉˉ│∩│ˉˉˉˉ│ AVIGNON │ˉˉˉˉ│∩│ˉˉˉˉ│ a dit…

Des papes, des papes, oui mais des Pacelli !

:D)

brigitte celerier a dit…

zut j'ai oublié les papes (enfin pas complètement) et les papesses notre attraction majeure

jeandler a dit…

Beaucoup de pas, beaucoup de P. Méritent un bis. Pour notre Plaisir.

JEA a dit…

Apollinaire :

- "Perdre
Mais perdre vraiment
Pour laisser place à la trouvaille..."

Pierre R Chantelois a dit…

Le passé et le présent. Il devient de plus en plus difficile de les soustraire aux querelles du temps. Et nous pauvres Pierrots sommes au coeur de ces bouleversements. Notre corps devient un vaste champ de batailles.

brigitte celerier a dit…

pas si vaste.. et c'est peut-être pire

Gérard Méry a dit…

Je ne vais pas t'inonder de P, sachant qu'il n'y a que le P qui noit