samedi, août 17, 2013

vendredi en k


metéo

matin que je croyais blanc, qui s'est révélé d'un bleu d'une délicatesse infinie, avec des soupçons de nuages s'effilochant

petite incursion dans la ville, comme pouvais, en équilibre flottant et crispation presque tétanique... accalmie bienheureuse que saluait, à ma sortie de Carrefour, l'envol d'une barre en travers du bleu dur, comme un symbole offert par un avion en allé
et puis un plafond qui s'élevait, crevait, se reformait, comme mon humeur et ma forme, jusqu'au sourire du soir.

Lecture
dans la nuit, après les quelques pages des Veilleuses de Gwen Català, sur Publie.net http://www.publie.net/fr/ebook/9782814597549/les-veilleuses, touchante histoire ouessantine illustrée de beaux dessins à la plume, pour aller vers autre mer, relecture du début de l'édition papier (Publie.papier) de où s'arrête la mer de Michèle Dujardin, fermée sur
respirez la fille, ne respirez plus, sur l’eau se referment les portes, du trottoir on les voit monter, on se tait la fille, on dort, on cesse d’être, c’est fatigant, on ne te regarde plus.

alphabet
k donc puisqu'il vient, avec

kaki – sourire du jour, parce que prononcer le i force la bouche à le dessiner, parce que l'idée, l'image qui se forme en moi, de ces boules oranges, absurdes, sur leur bois nu, au coeur de l'hiver comme une petite fête de la nature m'a, à l'instant, mise en joie.

kaolin – parce que c'est le premier mot qui m'est venu à l'esprit... parce qu'il me permet de revenir sur mon remords – petit le remords, disons agacement - d'avoir oublié la céramique, parce que je l'aime, elle, même si la porcelaine est loin d'être ma préférée... et qu'il m'arrive fréquemment de me tromper, en béotienne amoureuse que suis, puisque je la préfère monochrome.
Plaisir, justement, des poteries où la couverte, un peu inégale, se retrousse en grosse virgule, sur le pied, laissant apparaître la céramique, ce qui prouve, justement, que ce bol, cette coupe, ce plat, au beige, au vert, ou au bleu délicats, luisant doucement comme un coquillage dans la lumière frisante, n'est pas de la porcelaine, et ne comporte pas de kaolin... zut.

ketch – pour penser mer, un instant, pour penser gréement un peu démodé, pour imaginer qu'au bout de la jetée, je l'admire... il est déjà un peu loin, et s'en va vers le soleil, un peu assis sur l'eau, ses voiles hissées, rebondissant d'artimon en grande voile. 


képi – parce qu'il a suivi immédiatement le kaolin, avec l'imprévisibilité habituelle du cerveau - et je renonce à trouver l'enchaînement sans doute inexistant.
Il est venu, peut-être, parce que j'avais devant moi la photo de mon grand père, capote, dents, attentive tendresse, et képi, me chatouillant le mollet pour obtenir un sourire, ou parce que, avec le petit retour fin juillet, dans l'univers familial, j'en ai vu, de couleurs variées ainsi qu'un casoar... mais l'idée qui a suivi tout de suite était celle de képis qui ne se voient plus, depuis longtemps, que dans des films ou les dessins de Tardy.. retour vers ma jeunesse, les agents à capes et képis, les autobus à plate-forme, les tickets d'attente, les vaguemestres, les facteurs et leur ennemis cordiaux, les chiens.

Et puis pour finir ce k peut-être un peu bâclé (j'ai vaguement envie de m'arrêter, quelques jours, pour attendre septembre, ce serait peut-être plus motivant, puisque, idiot ou non, j'y ai pris goût), deux k se sont présentés, un peu trop agressifs pour que me je trouve d'affinité avec eux, si ce n'est la mauvaise humeur qui m'étais venue : le klaxon et le kriss (quoique... une Brigetoun se glissant, sans bruit, parfois, un kriss dans une main, et son fuseau délicatement niellé dans l'autre... )

et la découverte, le matin, sur mon trottoir, d'un vélo dûment cadenassé, ce qui l'a assez peu protégé... est ce qu'un kadenas ?


9 commentaires:

Dominique Hasselmann a dit…

ce biKe : un ready-made étincelant !

jeandler a dit…

Si le ciel se brouille, prendre un encas pour sortir.

JEA a dit…

Jean-Claude Darnal :
- "Dans le képi le képi le képi qu'il a coiffé
Il a mis de l'eau d'pluie de l'eau d'pluie et puis
Une grenouille une grenouille une grenouille de sa prairie
Et c'est comme ça qu'il est parti..."

brigitte celerier a dit…

merci, ne connaissais pas, c'est ravissant

Gérard Méry a dit…

Les kinésithérapeutes kabyles kidnappent les kamikazes avec leurs kangourous et kakatoès, c'est kafkaïen.

brigitte celerier a dit…

bravo !

arlettart a dit…

Epatée des "k" que je vois là !!!
La grande trace dans ton ciel est peut-être un échappé de la Patrouille de France qui s'est manifestée hier sur les plages du Mourillon

│ˉˉˉˉ│∩│ˉˉˉˉ│ AVIGNON │ˉˉˉˉ│∩│ˉˉˉˉ│ a dit…

Meilleurs vœux pour L demain...
(Au K où...)
:D)

Pierre R Chantelois a dit…

La lettre K m'était peu familière. Je ne sais trop pourquoi mais je n'ai pas ressenti de passion pour la pôvre. Vous avez réussi à éveiller en moi une belle curiosité cette petite chose si délicate...