lundi, décembre 09, 2013

Un dimanche d'hiver


Emerger en deux temps, lentement, prendre pied dans la vie longtemps après avoir commencé à lire, à échanger – voir le bleu du ciel, me rencogner dans l'antre, me laver les cheveux, m'amuser de mon allure, et tenter désespérément de continuer le petit conte des fils de la staroste pour les cosaques http://lescosaquesdesfrontieres.com, sans être trop ennuyeuse, surtout sans trop m'ennuyer, esquiver la difficulté et obtenir, après tâtonnements invisibles, un résultat digne d'un superbe bâillement, m'y résigner piteusement.

Vers seize heures enfiler robe verte de quasi vamp, des bottes, bricoler un chignon misérable, prendre manteau et sortir sous la lumière déclinante.

J'ai beau me méfier des spectacles «qui tournent» (snobisme ou élitisme ? je n'aime pas les mots, mais je ne suis pas exempte de cela que j'appelle : pas de temps à perdre avec ce qui est nul, et n'en ai aucun remords, vraiment pas), j'avais envie d'être emportée par la ferveur, j'en manque tant actuellement, et qu'importe si cette ferveur a un côté factice, on prend ce qu'on peut, en se fiant au rythme, mécaniquement, et il est possible de négliger la fabrique quand on est à l'extérieur, juste dans le désir, sans participer. Alors j'avais acheté un billet pour the voices of gospels le spectacle du Los Angeles Crenshaw Choir.
Donc, m'en suis allée les entendre, ai dit tant pis pour le rendez-vous fixé à tous ceux qui le voulaient et pouvaient pour la fête des lumières par Michel Benoît devant le mur des offrandes (et continué de me couper de mes quelques «relations» avignonnaises, ce que je me reproche et déplore) http://avignon.midiblogs.com/archive/2013/12/06/aco-s-de-ser-791545.html

J'avais regardé en fin de matinée, la plus récente vidéo que j'ai trouvée, pas spécialement engageante : côté vraiment un peu forcé au premier abord, mais peu à peu le charme vient, je trouve
et puis il y a ma vénération, adolescente, pour ces chants... et je trouve l'entreprise sympathique.
Après des études musicales, Iris Stevenson part pour Los Angeles enseigner au Crenshaw High School. Elle choisit ce collège en rapport à des convictions déjà bien ancrées sur son rôle dans la communauté. Sa classe se remplit de jour en jour et l’on peut compter actuellement plus de 500 élèves qui fréquentent assidûment ses cours. Elle continue sa mission de vouloir faire chanter tout le monde. Talentueux ou pas, elle ne refuse personne, ne pratique pas d’audition, jeunes de la rue appartenant aux gangs, jeunes de classe moyenne, tous sont admis.
«Je leur dis que les oreilles doivent chanter et leurs genoux aussi, car tout est louange à Dieu. C’est un tout et ce n’est pas que le corps, c’est aussi l’esprit et l’âme qui doivent chanter», Iris Stevenson.

En fait, tournée ou non, c'était presque un spectacle pour happy-few, étant donnée la maigre assistance. Et le côté un peu foutraque dans les ensembles, une chorégraphie assez bizarre par moments, les tenues dont ils sont affublés, ne faisaient que les rendre plus sympathiques comme les claquements de mains, plus ou moins dans le rythme, du petit public chaleureux. Les choristes devenaient solistes l'un après l'autre et il y avait quelques belles voix (mention pour la basse du batteur/chanteur).
Nous avons eu droit, après une série de spirituals, à il était le divin enfant et, zut, petit papa Noël, et peu à peu, pendant la seconde série de gospels presque tout le monde s'est levé, a dansé plus ou moins (Brigetoun en grand plaisir mais en retenue, suis douée pour la danse presque immobile, enfin pas si immobile j'avais mal aux pieds à la fin), et même à un moment sur scène.

L'heure et demie annoncée est devenue un peu plus de deux heures. Les appareils ont commencé à sortir (résultats assez piteux pour moi), y compris du côté chanteurs, à la toute fin, entre les saluts. 
Je me suis offert le disque du saxo (pas mauvais, et puis c'est lui qui était de mon côté en sortant), j'ai considéré qu'il était trop tard pour le mur, et suis rentrée benoîtement faire cuire mes patates.

Et, puisant dans «Publie.net» m'en suis allé dans l'étrange, sans terreur, et j'ai lu l'extraordinaire et charmante histoire de La deux fois morte de Jules Lermina http://www.publie.net/fr/ebook/9782814505995.

11 commentaires:

Francis Royo a dit…

Même vénération pour ces chants au même âge. Un peu tiédie depuis, je l'avoue.

cjeanney a dit…

(oui, petit papa noël, il aurait vraiment fallu qu´ils évitent) (mais bon)

Dominique Hasselmann a dit…

Gospel, Noël, impossible d'éviter la rime...

arlettart a dit…

J'aime même s'il y a des égarements
As-tu mis les super bottines aux bons pieds ? ou est-ce un effet d'optique!!!!

jeandler a dit…

Rien ne vaut Jessy Normann.

brigitte celerier a dit…

elles n'ont pas de pied

brigitte celerier a dit…

oh que oui ! (Jessie Normann)

Danielle Carlès a dit…

Ha ha ha, danser, c'est bien, merci à ceux qui donnent envie (et tant pis pour petit papa etc.)

Gérard Méry a dit…

Gospel..çà réchauffe !!

marcopolette a dit…

Super bottines. Super blog. Grâces à vous. Je le lis tous les jours mais jamais parvenue à entrer un commentaire, les objets me haïssent (c'est peut-être pour ce soir ?)

Pierre R Chantelois a dit…

Comment ne puis-je pas être d'accord avec Jeandler à propos de Jessye Norman! Marguerite Yourcenar a consacré un beau livre aux Negro Spirituals.