samedi, janvier 11, 2014

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journée de petites tâches matérielles, de crâne flottant, de décisions prises, reconsidérées, mises de côté, reprises, sur fond de débat sur l'agriculture à l'assemblée.
En passant sur internet, je me suis régalée de la rétrospective (une photo par mois pour 2013) de Piero Cohen-Hadria http://www.pendantleweekend.net/2014/01/retro-13/ reprenant une idée de François Bon http://www.tierslivre.net/krnk/spip.php?article1645 et ma foi j'ai voulu en faire autant – mais images un peu au hasard (première qui m'arrêtais) et sèches ou presque, sans l'intelligence des textes qui, chez eux, les accompagnent.
Ainsi donc, pour commencer avec janvier, un envol

pour févier, l'antre bien clos, et une vie qui rode paresseusement derrière les vitres


pour mars, et pour d'autres moments, un examen de conscience


pour avril, l'acceptation de ce que les ans font de nous


pour mai, le retour à la vie de ma ville avec le rendez-vous des roses dans le cloître vieux du palais


pour juin, la chaleur qui s'en vient, le plaisir de la lumière et des ombres, le crâne et les yeux dans une absence floue


pour juillet, l'omniprésence du festival


pour août, dans le creux de l'an, la gloire de l'été et la canicule, Brigetoun méditant son alphabet


pour septembre, parce qu'il en faut un peu, une manifestation


pour octobre, le souvenir des femmes d'Alain Timar, tapies dans la pénombre des Célestins, parce que leur souvenir persiste


pour novembre, le temps hésitant merveilleusement sur la Lozère


et pour clore, en décembre, les dernières feuilles qui refusaient encore la chute, qui nous ont quittés.


Les ai réunies, ai bu un thé au gingembre, fait cuire patates et morue, mis robe tube de douce laine blanche, veston bleu, manteau, et bottes, et m'en suis allée à l'Opéra pour mon premier concert Beethoven : trois des concertos pour piano et orchestre avec François-Frédéric Guy, chef d'orchestre et pianiste
(trouvé et écouté avant de partir une vidéo où il parle de Beethoven, des sonates auxquelles malheureusement nous n'aurons pas droit, des pianistes, du piano-forte et de la puissance sans excès du piano du début du siècle qui est ce qu'il faut à cette musique, et puis de compositeurs que j'aime Stockhausen, Nono, Montovani et... qui me manquent)

Pour ce premier concert, le programme comportait les n°s 2, encore mozartien, 3, pré-romantique et superbement complexe, et 4 qu'aime tant.
François-Frédéric Guy, derrière son piano, debout devant l'orchestre, dirige en dansant presque (mais sans exagération démonstrative), et lorsqu'il est assis passe joliment et souplement des gestes à l'intention de l'orchestre au jeu du soliste – continue à tenir l'orchestre sous son emprise par les mouvements de tête, les regards, pendant que ses mains jouent sur le clavier.
Je ne saurais en parler, détailler, juste dire que j'ai eu des moments de plaisir aigu, comme le premier mouvement du troisième concerto et la ferveur du largo qui suit, et, constamment, un abandon tendu et confiant.

Et, après l'entracte, le 4ème concerto, le premier mouvement où le piano indique le chemin, entraîne l'orchestre plutôt qu'il ne dialogue, le bel andante et l'entrain du rondo final où le refrain alterne avec un seul couplet, en ses variantes.

Une photo abominable,... une salle attentive et heureuse qui m'a réconciliée avec le public d'Avignon.

Et un retour presto, presto (j'avais un peu mal)
Si le coeur vous en dit, une vidéo du concerto n°4 dans la version jouée par Serkin

10 commentaires:

Isabelle Pariente-Butterlin a dit…

L'essentiel : la vie et ses couleurs sont là. Dans toutes ses tonalités.

jeandler a dit…

Merci de cette rétrospective en humoresque et de Frédéric Guy en verve. Paumée également en verve pour notre plus grand plaisir. Une belle note.

brigitte celerier a dit…

grand merci à vous deux (et aux passants selon tweeter)

Dominique Hasselmann a dit…

La rétrospective est bien vue...
et le concert bien entendu...

Anonyme a dit…

:°)))
PCH

Pierre R Chantelois a dit…

Une belle année en perspective marquée sous le sceau de l'originalité. Et cette image d'un fantôme accolé à un mur... plein d'effroi est saisissante. Serkin restera pour toujours Serkin le grand visionnaire de la musique pianistique.

jeandler a dit…

Magnifique prestation de Rudolf Serkin dans cette vidéo. Dommage qu'elle soit si pauvrement servie par la caméra. Merci.

tanette2 a dit…

Belle rétrospective. Mes préférées : la photo de l'antre en février et la rose en Mai.

Gérard a dit…

Un faible pour le fantôme du mois de mars

brigitte celerier a dit…

en fait le fantôme est un pénitent, c'est la chapelle des blancs