samedi, janvier 04, 2014

Les premiers vases communicants de 2014


se moquer un peu du froid, du ciel bleu ou du ciel gris, se moquer un peu de tout, ne voir lumière que sur l'écran, et tranquillement, avec quelques petits décrochages pour que cela reste plaisir, lire les premiers échanges de 2014.
être un peu navrée de l'état un peu pitoyable, et provisoire, de ma machine qui m'interdit de m'amuser à faire des montages des images éventuellement présentes, qui seront à découvrir sur les billets, et intercaler des photos en réserve qui ne sont pas de vases, ou pas toujours, et certainement pas de vases communicants..
Or doncques, il y avait

sur deux photos proposées par Danielle Masson
réveillée par un petit coq, si petit que petit poulet, en un poème le plaint d'avoir liberté si brève et rentre dans sa maison avec un grand bouquet de lavande, reprend dans s a solitude non dérangée sa lecture
Le rideau voleta et un léger souffle me caressa délicatement le visage. Je débarquai sur la rive d’en face... celle que Pessoa dit «qu’elle n’est jamais puisqu’elle se trouve en face, la rive de ce côté-ci». J’y aborde à volonté, déchargeant sur le quai toutes mes richesses avant de renflouer mes cales. Chacune de mes pensées, de mes tracés, s’imprime profondément sur le livre inécrit de la vie... parchemin indéchiffrable, oblong pour le mieux, toujours tour à tour soyeux, rugueux, miteux, joyeux, peureux, acrimonieux, adipeux, affreux : ambitieux, coléreux...
et
poulet à la lavande
l'écrit, la lettre ou le récit d'un coq : vexé d'être appelé poulet, il consulte Petit Robert qui dur de la feuille comprend boulet, puis... allez vous amuser avec Danielle
Ça y est. J’ai trouvé. Page 1031, vous êtes un couloir étroit dans les montagnes… Je plaisante. Mais j’avance page par page. Oh ! à la page 1501, vous pourriez être un noulet… J’arrête de vous faire marcher. Vous c’est courir que je devrais dire. Ça y est, j’approche. Page 1744, enfin poulet… petit de la poule… j’admets vous n’êtes pas petit. De trois à dix mois, de sexe mâle ou femelle. Vous me paraissez plus vieux que cela, vu votre embonpoint.
ne se calme qu'en sentant l'odeur de lavande 

l'aube – un bel échange entre
après une belle présentation par François Bon
temps de parler de l'aube
son écriture, ses images, ses assemblages de mots qui font choc, pour parler de son rapport à l'aube, de ce qui en a fait son domaine, et bien entendu je ne saurais rendre ça,
Aube…

... je ne la défais pas, anti-Pénélope. Je la finis toujours d’un couperet de nuit. Tchac ! Ça me pète dans la corbeille à ciboulot. Puis c’est lever : debout le sans-tête ! Entends souvent que c’est l’heure des exécutions. Faudrait comprendre pourquoi… Pourquoi on ne tue pas son prochain à la tombée du jour mais à la chute de la nuit ? Question.
Et continuez, lisez la suite de cette ode à l'aube.
et
ce moment à soi avant d'entrer dans les tâches quotidiennes... mais ne pouvoir écrire l'après-midi, juste un peu se retrouver dans le calme du soir (et rares sont les auteurs capables d'écrire dans le jour)
et, partant de là, ce qu'il faut de conditions pour écrire, ce qui bouffe l'écrivain... mieux, plus... futilité de mon petit exercice une fois encore, allez plutôt lire ce qu'il dit de Bergounioux, Michaux, Duras, Simenon, Faulkner, Kafka, Koltès... juste pour avoir, vous, fugitivement l'impression de les comprendre
Une telle affinité de l’écriture et de la nuit qu’inconsciemment c’était donner un
primat à ces livres droit venus des insomnies, ou de comment un Dostoïevski,
un Proust ou tant d’autres attendent le creux même de la nuit pour entamer ce
qui les mènera jusqu’à l’aube.
continue et c'est de son écriture qu'il s'agit, et de la lecture, et des rites favorables ou indispensables à la «mise en route», et, je ne sais vous, mais moi trouve cela cadeau passionnant.

sur un personnage récurent
tentative de wonder woman en quatorze vers
où l'on retrouve, comme chaque mois, wonder woman, même si Camille Philibert-Rossignol dit avoir du mal à la trouver, maintenant que sa mode est passée, et faute de la trouver, lui dédit un sonnet (et des illustrations)
Ses faits troublent la nuit et câlinent les jours.

Des bastions délétères, elle y trouve de l’amour,

ni apeurée, ni lasse, des baveux, ou du crime.
et
Wonderwoman déprime
savoureusement exprime la lassitude de soi qu'éprouve Wonderwoman, fatiguée de trop d'ans de son rôle, de son costume, de son lasso,
Le lasso magique. Incassable. Ductile, pour ne pas dire extensible. Son truc en plus. Son machin à elle. Son trésor volé. Son arme fatale qui faisait cracher la vérité au premier quidam venu. Le drame s’est déroulé il 

à partir d'une photo de Barbara Albeck (qu'exceptionnellement j'ajoute en vignette)
fonds marins
une femme qui ne se souvient pas comment elle est là dans cette eau glacée (et les mots nous font croire qu'y sommes avec elle),
Ses lèvres bleuissaient tandis qu’elle s’imaginait faisant naufrage dans l’Antarctique. Elle essayait de flotter mais rester à la surface de l’eau lui demandait beaucoup d’efforts. Ses muscles commençaient à se tétaniser. Son souffle se faisait de plus en plus court.
qui se hisse hors de l'eau, cherche à reconnaître...
et
lieux-dits dits
une vidéopaysages et voix mêlées, noms de lieux dits, et mon espoir de ne pas m'être trompée en transcrivant
rouges bonnets- sous le bois de fourche – les friandises – la murette – les bois de rouge maison – terre de lyre – pierre de lune... mais qu'importe, chant profond et beau

petit os
toi Etgar seul depuis si longtemps, chez toi, avec un sachet de saucisses – tu ne peux mieux – si las de tout cela, depuis l'enfance, ta faiblesse, ton amour, ta Billie comme un petit os dans ta gorge – mais ceci c'est la base, tu es mieux mis en mots par Sophie Régnier
Toi si bel homme si cultivé si charmant. Tranche-toi la gorge Etgar et sors ce truc. Ça sera toujours moins douloureux que ta déception, que le supplice de se faire arracher le cœur. Plus supportable qu’écouter une saucisse tiède et molle pleurer dans ton appareil électroménager. Etgar, ils te l’ont mâchouillé ces deux-là ton cœur. Pourtant bon bougre, tu ne leur en veux pas. Parce qu’après des milliers de bréchets tu n’as jamais fait que tirer le mauvais, le plus court. Ta vie alors fut ainsi : en économie d’amour et d’ambition pauvre Etgar.
et
puisque petits os il y avait, a pensé aux osselets avec lesquels il a joué dans l'enfance, cherche à en trouver, va au musée et par conséquent nous présente trois musées niçois
Enfin des os plus récents mais des os d’animaux au Muséum d’histoire naturelle. Aussi bien des mammifères que des oiseaux caractéristiques de la région. Les collections ayant été constituées par Antoine Risso (1777-1845), Jean-Baptiste Vérany (1800-1865) et Jean-Baptiste Barla (1817-1896).

ombre et lumière
oscillations
entre dehors, les passants, las des fêtes, des voeux, et dedans, dans un studio dévasté, un corps abandonné comme un de ceux qui sont assis blottis dans des coins de la rue, dehors/dedans et il veut sortir, mais renonce, vaincu, après les efforts faits pour se transformer
L’amour n’a pas tout fait et, malheureusement, ne fera jamais tout. Même absente, elle était là. L’autre. Plus là que jamais, d’ailleurs. Sa bouteille, et tout ce que cela implique. Cette première goutte qui glisse sur sa langue, coule le long de son gosier, le pénètre tout entier. Cette première goutte qui brûle, glace, brûle, glace. Et puis celles qui suivent, pour le porter vers l’Ivresse. Ivre. Libre. Ivre d’être libre. Libre d’être ivre.
L'histoire qui revient en mémoire, le découragement (et pourtant il avait gagné sa bataille, mais...)

et
extrait du journal de la création de Sègre
Sègre lisait Giono qui osait s'affirmer comme pacifiste, jusqu'à faire de la prison, et s'interrogeait à la suite de cette lecture, de deux films aussi – Sègre se sentait à une intersection dans sa vie
La lumière avait changé ou sa perception de la lumière s’était modifiée, il ne pouvait pas dire mieux. Sègre avait toujours perçu la vie comme un jeu. Et elle l'était : un jeu, et le pire de tous, digne de la roulette russe. Avec une variante de taille : la balle tirée dans cette roulette particulière ne vous achevait pas et vous laissait agonir tranquillement, vous laissant vous agiter encore un peu. Jusqu’ici, il avait eu constamment peur de l’ennui et de l’immobilité.
Il lisait mieux, il refusait le cynisme, il aimait la vie, les enfants – et moi je vous incite à lire cela.

pulsation libre
énumération en courtes sentences à l'infinitif, ou sans verbe, les occupations d'une fin d'année (très réussi)
Retenir les figures, accueillir les idées. Suivre le film à l’écran, s’attarder aux saveurs. Faire attention à l’heure, assaisonner un plat. Apporter du tonus, lâcher prise. Les ustensiles de maquillage, la caisse à outils, le calendrier de l’année. La température ambiante, localiser son souffle. L’arbre nu, la corbeille à papier. L’odeur d’huile essentielle, le massage du crâne.
et
le petit atelier du docteur
des enfants, un atelier au fond du jardin (une écriture qui nous montre la marmaille en découverte) et une belle description
De dégauchissages en rabotages, de tenons en embrèvements, de ciseaux à bois en papiers à poncer, à la perceuse ou au vilebrequin, sortaient du modeste atelier occupé à ses seuls loisirs tables de chevet, lits à tête, commodes, buffets, bancs, tabourets, cadres pour tableaux, horloges franc-comtoises, abri de jardin ou charpente… et jusqu’au bateau sur lequel leurs pères avaient navigué.



Il devrait y avoir (allez les lire, ça en vaut certainement la peine) un échange entre
Angèle Casanova sur http://petiteracine.net/wordpress/
mais à vingt heures j'ai ressenti impérativement le besoin de m'intéresser à autre chose qu'à les guetter


deux lettres à Mauricette que j'aime aussi pour l'avoir rencontrée deux fois chez Lucien Suel
une lettre que j'aurais aimé et presque pu (presque parce qu'il y a les mots, mieux que n'aurais su les trouver) lui adresser à Mauricette, lui dire qu'au temps de «Blanche étincelle» il y a eu la peur qu'elle meure mais que bien entendu c'est impossible, lui dire cela surtout
Tu ne parles pas depuis la connaissance, et pourtant tu en as, érudite, inattendue, singulière dans ta façon d'envisager les choses. Tu ne parles pas depuis le savoir que tu possèdes, mais depuis l'émotion qu'il provoque, et la différence est énorme. À cause de ça, tu ne peux pas mourir. Et j'ai envie d'ajouter aussi, qu'à cause de ça, certains vivants sont morts, depuis longtemps, mais ils ne le savent pas (et je ne leur dirai rien, ça serait des paroles inutiles).
bon la suite appartient à Christine, la suite qui est le projet d'emmener Mauricette à Ronchamp
et
lettre à Mauricette
écrite à la main, au stylo bille, pour revenir au temps d'avant les ordinateurs, quand se sont connus.
Revenir sur la phrase de Mauricette «vivre va prendre tout mon temps» se demander ce qu'est sa vie maintenant, où elle est puisque sa maison est à vendre...
Je ne m'immisce pas d'avantage (même si je me trouve citée au détour d'une phrase, merci), mais puisqu'il donne sa lettre à lire, lisez la, c'est un conseil presque impératif
De fait, tu as plusieurs demeures ici-bas et dans le flux sans limites de l’espace-temps. Mes lignes bleues se transforment en rythmes binaires électroniques sur la portée ondulatoire. Je sais que tu les déchiffreras maintenant ou dans les siècles des siècles. Ce n’est pas la mort qui n’existe pas, c’est le temps. La mort n’existe que dans le jardin ou le rêve. La mort est un film pour adultes.
et comme moi vous ferez vôtre le voeu de Lucien.

un trio pour l'indicible


is good dead

un texte comme elle seule sait, qui avance par petites répétitions

une mère mordeuse, un enfant aux yeux fermés, les langues, l'innocence, les trahisons...

on marche on marche sur le chemin aléatoire de la première phrase – on marche depuis longtemps hors des villes des rues toutes tracées des avenues de trahison – on marche ici – on marche dans un chaos de choses on découpe le temps à coups de bruit du monde on marche ici là où – le ciel grandit avec nos pas

et
un corps tétanisé, l'impuissance à tenir dans ce corps plus longtemps... se souvenir de toutes les fois... lisez plutôt, c'est beau et je ne saurais dire
un jour on commence à courber le dos. un jour tu ne t'es plus parfaitement relevé. échancrure, érosion dans l'échine. tu as touché, là. pour savoir. pour te rendre bien compte. pour savoir la mort plus près encore sans connaître le sursis
et
phobie
un texte qui se cachait sous celui de Zéo Zigzags et que je n'ai découvert qu'à mon quatrième passage (n'hésitez pas à descendre) bien heureuse de le lire, un beau texte – l'enfance, la solitude, l'ennui, l'éloignement derrière les phobies, le vide
Mon esprit se ressourçait j’imagine, dans cet ennui que nul n’aurait pu revendiquer. Il soulevait des poids morts, aussi lourds que de longues promesses inutiles. Et dans cet effort incertain, il est probable qu’il ait trouvé l’occasion de contempler sa détresse la plus profonde. Mon ennui ne répondait pas en effet. Personne ne se dressait dans ce lieu des possibles. Nulle figure tutélaire pour répondre de moi. Il y avait les champs pluvieux qui scandaient la petite musique du paysage


seule dans un hôtel,

Motus
j'aime beaucoup - un retrait, un départ à la campagne en quelques clics, mais ne pouvoir oublier cette histoire qui doit rester secrète (et une très réussie description de cet hôtel un peu démodé où se réfugier, de cette ambiance) et là, au calme, sortir de son sac un article, une lettre qui se termine par
Madame, je sais qu’on avait rendez-vous au cabinet ce vendredi matin, mais j’ai honte de ce que j’ai fait. Je préfère vous le dire en l’écrivant. Comme ça, je suis moins gêné. C’est vrai que c’est difficile de raconter certaines choses de ma vie quand je sais que vous me regardez, assise dans votre fauteuil. Alors on se voit lundi ? Comme d’habitude ? C’est réglé, je suis content, comme ça on n’en parlera plus
et
une connexion dans la nuit
dans la solitude d'une chambre, écouter la radio, peupler la nuit de musiques et de voix, s'y reposer, être touchée par une chanson, noter ce qui est peut-être son titre, mettre feuille dans son sac (et tout cela est décrit avec pertinence, précision, assez pour qu'on voit, imagine)
Le lendemain matin, elle mit ce pense-bête dans son sac à main violet, posé un peu négligemment sur un banc, dans lequel se trouvaient un bracelet en argent ayant appartenu à sa mère, son portefeuille avec 2 000 euros en liquide, ses papiers (permis de conduire voiture et moto, carte grise, assurance, carte Vitale, carte barrée de tricolore de commissaire de police, carte bleue, carte des Galeries Lafayette…), son poudrier, son rouge à lèvres, son parfum (celui de Marilyn), son iPhone, son mini agenda, son stylo Montblanc, un paquet de mouchoirs Lotus, une carte postale reçue de Lyon, un carnet de timbres et la photo d’un raton laveur.

de Montreuil à Belleville, de Belleville à ailleurs
Montreuil-Belleville
en passant d'abord par Anvers, en s'arrêtant pour des photos, des notations, avec ce qu'il faut d'attention pour que l'ensemble du trajet prenne des airs magiques, de la magie que sait réserver la ville
J’ai fait un crochet par la rue de Bagnolet pour jeter un œil sur l’ancienne voie de chemin de fer : un jeune couple marchait lentement dans l’herbe du ballast. Contre la grille le long de la voie, une terrasse aménagée au pied d’un immeuble imitait la manière d’un restaurant de bord de mer. Au troisième étage d’une tour voisine, un pantalon séchait dans l’air frais.
si on sait regarder... donc il nous faut suivre ses pas, jusqu'à Belleville et aux jardins, et profiter en plus de ses photos
et
sur terre
s'il suffisait de partir d'un endroit pour en joindre un autre dit-il (et il appuie cela de photos toutes personnelles comme toujours) et il nous emmène au monde merveilleux du conditionnel ou des désirs
tu vois, sur le boulevard, dehors il y aurait eu les épiceries ouvertes, les restaurants dans la nuit, il y aurait eu cette histoire et ces images, une soirée comme une autre peut-être, c’était la paix, c’était le temps où, dans les rues, l’air lui-même avait cette attitude de liberté, il se laissait couler entre les immeubles, il y avait au ciel noir, dehors et dehors, il y aurait eu à heure fixes ces lumières
désirs qui sont de qualité comme il se doit, et tellement plus beaux que ce que peut être trop souvent notre monde.


deux beaux poèmes – avancer dans leurs paysages
la baie
vers courts, sensations, et tout la beauté de la côte est là, et on entre dans un univers émerveillé et solide
gros sage gris
Creac'h Ar Bleis
boxé par le soleil
en plein la baie
et
traversée
une photo, des vers, dire la montagne, le chemin
que vienne la trouée
et au long de l'arête
l'esprit s'étiole et vibre
quand il redescend
comme le vent il s'échauffe

musique et écriture
tu voulais écrire en musique
mais aucune musique ne pouvait couvrir la dissonance de ce jour, ou aucune musique ne te permettait l'écriture, tu n'avais que désir de silence
il n’y avait pas cette saveur particulière d’un souvenir d’écrit, pas cette bande son qui imageait ce qui venait au creux de tes mains.
tu voulais et ne pouvais plus.
 écrire en musique imposait son rythme qui n’était plus le tien.
et
Proust big fun
une superbe évocation de l'écoute de Mile Davies, époque Big Fun (ne sais pas déterminer les périodes moi, mais j'ai cru entendre) de la venue des souvenirs, de ce qui se passe en lui, pensées, émotions – bon mieux vaut lire
Les ondulations prennent leurs aises. Elles remplissent à nouveau tout l’espace. J’ouvre Sodome et Gomorrhe et lis le passage que je préfère comme pour la première fois : mais à peine eus-je touché le premier bouton de ma bottine, tandis que la transe de Miles n’en finit pas. Après la tension orientale du début, la trompette et le sitar fusionnent et se dilatent dans la pièce.



écrire à partir photo de l'autre

complément = un échange entre
un poème, pour l'entrée dans l'année, sur Detroit et sur tous les lieux abandonnés qui furent actifs avant la crise
Paquebots citadins mis au sec.
Ports dévastés.
Amarres aux suivants.
Faites passer les années, laisser circuler le temps.
et
prières à l'épluche légume
voir, par la fenêtre, le végétal, vouloir dialoguer, se mettre aussi à nu que l'est l'arbre
Enfin, qu’on la voit donc, cette pauvre peau : veinée, tachée, striée de poils hirsutes et de grains de beauté, pas même capables d’offrir une vraie constellation. Il n’aurait, c’est certain, aucun dialogue à ce prix. L’immaculé ou rien, clama t-il, pour amorcer le dialogue. Un tremblement infime parcourait ses omoplates, jusqu’au bout des phalanges. Il ouvrit les tiroirs, maladivement, en sortit un couteau éplucheur... vous laisse découvrir la suite.
et pour finir, deux qui marchécrivent
Virginie Gautier, ci-dessous,
Sortir et lever les yeux une seule fois
et puis regarder le sol, le granit, penser à Peros, regarder le mur, au sortir du métro, penser à la maison à visiter, au dessus de la mer, marcher
Mes pas, comme des pierres posées les unes à côté des autres, pour faire une marche. Voir quoi ? Sur le trottoir mouillé des allers, des retours, nos traces dans les deux sens, les lignes des roues des vélos. On devine notre trajectoire, on mesure notre nombre. C’est comme un dessin sur une feuille de papier. Des signes répétés afin d’user l’image, de ne garder que le passage. Traces, une sorte de géographie.
penser au livre à venir, et puis plus tard partir vers la maison, la mer (et les photos sont merveilleuses)
et
Ciel pour regarder, marcher
marche les yeux dans le ciel irradié, cherche les mots pour le dire, pense à la mounine de Ponge,
Et comme j'avance, en cet hiver, lasse et les yeux blessés, dans le froid intense que le vent nous a laissé en legs avec cette pureté sans concession, comme si avec les nuages et l'humidité il avait emporté toute trace de tiédeur, pour nous laisser dans un vide froidement lumineux, monte la nostalgie des cieux transparents du printemps sur Paris, du soleil humide étincelant sur la pointe de la cité quand je marquais l'arrêt rituel dans l'angle du pont Royal,
et le lendemain voit le ciel fuyant et sombre du mistral noir.
Et, dans un moment de solitude, de découragement devant cela, j'ai dit «je crois que ce sont mes derniers vases» mais échanger avec Virginie Gautier a été si plaisant...

PS

Je suis un peu honteuse - je pense que vais être mal jugée, mon égoïsme se dévoilant - de laisser des blancs mais je ne peux plus,

  • jouer les enquiquineuses ou les chiens de quartier, avec ou sans réaction, j'ai horreur de ça (ne s'applique pas ce mois ci, mais par le passé si)
  • m'offrir deux ou trois début de tétanie
  • avoir mains lasses de cliquer sur liste, sur blogs (faute d'espoir, quand je connais les ennuis que subissent les auteurs, et dont je les plains très sincèrement, qu'ils penseront à me prévenir de la fin)
  • risquer de perdre tout plaisir.

10 commentaires:

Gérard a dit…

comme dans la vie les vases communiquent et pourtant si différents

Dominique Hasselmann a dit…

Merci pour ce "sommaire" qui ne l'est pas, bravo une fois encore pour vos lectures, votre patience et votre esprit de synthèse : ne vous dénigrez pas, on les admire !

François le Niçois a dit…

Merci Brigitte pour ces notes de lectures qui renforcent l'envie d'aller lire tous ces échanges.
Nobody is perfect mais vous n'avez aucune raison de vous dénigrer.

brigitte celerier a dit…

oh e ne me dénigre pas... décidée d'assumer mes petits agacements (ou pire)

arlettart a dit…

Comme des fragments de rêves vécus
ces bouts de lectures m'enchantent
Merci Amie

jeandler a dit…

Je réserve mon dimanche à la lecture. Merci.

32 Octobre a dit…

merci de vos lectures attentives qui donnent envie d'aller lire les autres textes... en admiration comme chaque mois
Cocorico ! comme dirait Trèfle
et belle année à vous

VG a dit…

Ne pourrais pas me passer de ce rituel de votre lecture fleurie, Brigitte, qui donne envie de fouiller + avant dans les textes, les blogs, chez les auteurs. I
ndispensable pour les Vases ! ;-)

François Bonneau a dit…

Bravo encore pour cette revue impeccable ...malgré les boulets retardataires comme moi...

brigitte celerier a dit…

oh François vous n'y pouviez rien et vous l'avez gentiment prévenue