jeudi, février 27, 2014

Sortir sous pluie fine,


Comme la pluie baissait un peu d'intensité, comme il le fallait, me suis risquée à ce minuscule héroïsme, m'en aller dans les rues de la ville en tenant un parapluie et deux sacs de linge, comique prouesse à mon échelle.

Dans cet univers terne et trempé, ai rencontré

les lentes, infiniment lentes manoeuvres des camions de livraisons dans nos rues, et leur dépassement en se coulant le long des murs

quelques terrasses qui s'ouvraient à la pluie les pénétrant, quelques sculptures ou murs de fauteuils en attente

des élégants et des élégantes, avec ou sans tête, qui échangeaient avec distraction en tenues printanières

ai eu effroi, ignorante que je suis, devant des robots qui m'étaient méchanceté agressive

ai été rassérénée par mon amusement devant la coquetterie un rien extravagante des vierges...
et pendant que le plafond du ciel s'élevait un peu, que le bleu filtrait doucement, se voilait de gris à nouveau, enfin jouait à son petit jeu, suis restée paresseusement dans l'antre tout l'après-midi, écoutant des romances de la Chine ancienne, un peu de Steve Reich et le couronnement de Popée... préparant mon vase, lui faisant petite grimace peu satisfaite, me décidant provisoirement ou définitivement à l'auto-indulgence, achevant de pleurer d'attendrissement souriant avec Oliver Twist, et savourant (vous le conseille) Voleur de guirlande de Jacques Serena paru chez Nerval.fr http://nerval.fr/spip.php?article43 (15 € l'abonnement pour un an à tous les textes) ou pour découvrir les textes en libre consultation http://nerval.fr/spip.php?mot9#pagination_articles
Pour voleur de guirlande je cherchais un passage à rapter pour http://brigetoun.wordpress.com, ai bien failli m'arrêter à cela, au début :
Ou, sinon, bien sûr, on peut revoir à décorer l’abribus, et après alléger l’une ou l’autre Volkswagen de touristes. Ou les Volkswagen avant et l’abribus ensuite, histoire d’un peu changer. Et après, de toute façon, revenir s’asseoir ici. Les regarder encore passer toutes et tous, les inéluctables, et salut, et salut, et, tiens, une touriste, ou deux, ou trois. Et de temps à autre une figure d’irréconciliable, hors d’âge, en moyenne trois femmes pour un homme, et à les voir on jurerait qu’ils patrouillaient déjà dans ces parages bien avant qu’on y soit, et qu’ils y patrouilleront toujours bien après qu’on en aura disparu, avec le même air, en passant... mais finalement ça a été un autre, plus loin..
et le soir est venu.

10 commentaires:

Dominique Hasselmann a dit…

Pluie, (réverbères ?, nerval...), et le quotidien en reflets.

arlettart a dit…

Autre exploit à ton actif Comment fais-tu pour avoir un parapluie des sacs et... un appareil photo???
tu dois avoir une optique dans ton oeil!! comme dans ce film ... me souviens plus

brigitte celerier a dit…

merci et bravo d'avoir trouvé à dire (Nerval aurait pi se satisfaire d'une lanterne, je pense, réverbère y en a pas)

brigitte celerier a dit…

plus simplement je pose les sacs ou un ou le parapluie

tanette2 a dit…

Félicitations pour ta prouesse photographique (dont nous profitons)malgré la pluie et les sacs ...
Aussi ignorante que toi...je trouve les robots moins sympathiques que les vierges étrangement colorées..

joye a dit…

Héroïsme majuscule, à mon avis.

Splendide, comme d'habitude, brige !

brigitte celerier a dit…

Joye, ne te moque pas de moi ! tu fais bien mieux et régulièrement...

Christine Zottele a dit…

Juste un petit coucou en passant, parce que je partage avec vous le temps et le temps ...

La Mère Castor a dit…

Existe t-il toujours, près de la place de l'Horloge, ce magasin de sous-vêtements qui s'appelle : Marie-Antoinette, et où les mannequins sont sans têtes ?
Ca m'amuse toujours.
Merci pour ces pavés brillants et ces vierges un peu folles.

Julie Kertesz a dit…

Intéressantes photos! La pluie peut inspirer! La difficulté aider.