vendredi, mars 28, 2014

Frémissement festival, paresseusement dans le jour, avant les misérables dans la nuit


Soleil sur les petites fleurs de la voisine du dessus, confiture d'orange amère, trop, pour retarder l'entrée dans le jour.

Laver, relaver cheveux, jusqu'à ce que je pense que tout ce sale truc s'en est allé..
(en fait le liquide poisseux était sans doute éliminé dès les premières minutes)
Ouvrir fichier pour le vase d'avril, ne pas aimer ce que j'y pose, laisser...
Paresse, plaisir d'être inutilement vacante.. jour qui passe...
Vacance occupée, cependant, à rechercher, sur le site du festival puisque je ne suis pas allée aux rencontres qui ont eu lieu cet hiver (en espérant, notamment, qu'écouter Thomas Jolly, affaiblirait mon envie d'assister au marathon Henri VI à La Fabrica, qui lui a demandé quatre ans de préparation, dont je crains qu'il ne soit au dessus de mes forces, surtout en fin de festival, et malheureusement ce n'est pas vraiment le cas, entre ce qu'il dit, ce qu'on dit des huit premières heures, ce que je sais de souvenirs de lectures de passages, j'en suis au désir ardent, pas moins), et partout où le pouvais, des éléments sur certains spectacles programmés dans le in, en cours d'élaboration ou en reprise.. envies qui naissent, à combiner avec possibilité accès facile aux lieux.. envies qui ne viennent pas, mais qui sont peut être justement ce qui me conviendrait, esprit picorant, plaisir calme, frémissement...

et, juste avant la nuit, m'en aller vers le théâtre du Chêne noir pour assister à la première représentation, après celles de l'espace NoVa de Velaux, où ils étaient en résidence, du spectacle monté par le théâtre du Kronope pour le Festival off (tournera ensuite) à partir des Misérables, en attente du plaisir des masques, de la mécanique, en attente de savoir ce qui passe, résulte de ce travail.

Créer Les Misérables, c’est aussi faire le portrait d’une époque, d’un milieu social, humain et cruel tout en défendant un théâtre populaire. C’est rendre l’aura d’un grand texte classique tout en gardant l’esthétique baroque et masquée qui fait la marque de fabrique du Kronope et dont le grain de folie ne sert qu’à souligner le tragique du propos – Guy Simon

photo Philippe Hanula
J'ai pris sur le site du Kronope (lire leurs intentions) http://www.kronope.com des vidéos présentant
une répétition et les idées du metteur en scène Guy Simon
du labeur, du labeur, du labeur, ça se sent sur les épaules, il faut trouver la légèreté malgré la difficulté
la fabrication des masques (me fascine)
la discipline, les coulisses et changements de costumes en accéléré et de personnages aussi vite... et chaque personnage a son histoire, sa trace... on met le masque, respiration et on retourne dans un autre personnage.

Impressions : intelligence de l'adaptation qui condense l'essentiel de l'action, le combat Jabert/Valjean, la richesse et la loi insolentes, les faiblesses humbles, tendres ou méchantes des pauvres, l'amour d'Eponine, le personnage de Gavroche en esquisse, la personnalité de Jean Valjean, la presque mièvrerie de Cosette, Marius et les jeunes étudiants... mais regret qu'au passage, pour la concision sans doute, et l'effet de choc désiré, la langue de Hugo, ses oppositions, son lyrisme aient disparu.
Très réussi visuellement, une belle énergie (même si parfois, malgré la rapidité, j'ai eu l'impression d'un léger manque de nerf, qui devrait s'effacer au fil des représentations), un jeu expressionniste des silhouettes et personnages masqués, un jeu juste un peu grandiloquent qui fait très théâtre populaire, comme désiré.
Une réussite qui devrait être rodée pour le festival.

Retour dans un Avignon très désert en ce milieu de soirée.

3 commentaires:

Dominique Hasselmann a dit…

"Les Misérables", en ce moment il serait plaisant d'entendre ou de lire un écrivain tonitruant.

Où sont passés nos "intellectuels" ?

Une campagne municipale ne les intéresse pas, une fois bien installés dans leurs résidences secondaires...

brigitte celerier a dit…

oh tonitruants, je crois qu'on en a, le tout est de savoir ce qu'ils tonitruent..
grand merci pour votre passage

arlettart a dit…

Spectacle curieux et original
Chance d'être au coeur des créations