samedi, mars 01, 2014

lavage


sortie en petite forme, pour faire faire une clé pour le nouveau boutiquier (lasse de jouer les concierges et de répondre deux ou quatre fois par jour aux coups de sonnette), sentir crâne et yeux pénétrés par le frais jusqu'au léger vertige, voir ciel gris, voir coquetterie que la ville pose sur ce fond terne, 

penser orner la vie, broder le jour, le parer de frivolité, y rêver un peu, s'en savoir incapable, quoi qu'en disent les gentils menteurs..

et se contenter de voir les hommes qui lavent la ville, qui éclairent la pierre, décrassent le sol à défaut du ciel

jouent avec l'eau jusqu'à disparaître dedans.
en rester là... ne pouvoir plus... se rencogner sur mauvaise humeur de carcasse qui me faisait payer, pour la forme et sans virulence, mais avec entêtement, sa bienveillance de ces jours derniers.

6 commentaires:

Dominique Hasselmann a dit…

Grandes eaux, pas seulement du ciel...

brigitte celerier a dit…

merci de votre passage
et bravo pour le commentaire sur ce rien

Fanchon a dit…

"penser orner la vie, broder le jour, le parer de frivolité, y rêver un peu, s'en savoir incapable, quoi qu'en disent les gentils menteurs.."

Je suis tout à fait d'accord, merci pour cette jolie réflexion.

Isabelle Pariente-Butterlin a dit…

Ce qui se surimpose entre la ville et nos pas, ces voiles, ces fumées, et puis votre attention pour ceux que trop souvent on ne voit pas, dans la structure de la ville, qui doit fonctionner, être propre, remise à neuf tous les matins, comme un décor, parfois comme un décor. Et ces voiles dont vous saisissez le mouvement dans un souffle, le long d'une façade.

brigitte celerier a dit…

Fanchon merci, mais je me demande avec quelle partie de la phrase vous êtes d'accord (sourire)
Isabelle merci de donner un peu de votre profondeur à mes images

arlettart a dit…

Pour un petit air pimpant de printemps presque une tenue de décontamination