samedi, avril 19, 2014

Peupler journée de petites fleurs et d'une découverte


Le grand bleu nous a quitté, et je me suis cassée le nez à la banque, me ferai riche un autre jour.
Même si ce vendredi aurait dû être voué à l'humble pénitence, me suis arrêtée sur le chemin du retour pour acheter trois petites plantes fleuries

pour encourager l'effort du calamondin, et persuader ses minuscules fleurs blanches de ne plus tomber aussi vite qu'elles éclosent...

fait un peu plus qu'effleurer des petites tâches que je néglige trop d'ordinaire - sieste sans honte, promenade dans un livre pour lequel j'ai des sentiments partagés au premier abord, et puis, un peu avant la nuit, monter la petite côte vers l'opéra, avec curiosité

pour découvrir, sous la direction Michel Piquemal, la version de concert d'un opéra comique créé à l'Opéra comique le 7 novembre 1829, joué une centaine de fois, mais plus jamais depuis cette époque – un acte intitulé le dilettante d'Avignon, sur un livret resté inachevé de l'autre Hoffmann, le dramaturge strasbourgeois, prénommé François Benoît, achevé par Léon Halévy et proposé par ce dernier à son frère ainé Jacques-Fromental. Petite bouffonnerie pour moquer le goût de l'époque qui se portait uniquement vers la musique italienne, au grand dam des compositeurs français dont JF Halévy.
Une façon de se moquer de ces prétendus connaisseurs, qui sans avoir fait aucune étude, décident en souverains du mérite des auteurs, des acteurs, des ouvrages..
L'histoire d'un directeur de théâtre à Avignon, qui ne parle pas un mot d'italien, mais ne jure que par cette langue et se fait appeler Casanova comme il a donné des noms italiens à sa fille, sa nièce, son régisseur (lequel lui a fait embaucher pour le choeur des chanteurs français sous le nom des italiens qu'il ne trouvait pas)... l'histoire du ténor qu'il veut engager, qui bien entendu s'appelle Dubreuil, et bien sûr est l'amoureux caché de sa fille. Au final tout le monde tombe d'accord sur l'égale qualité des langues, des styles...
Le directeur est un rôle parlé, et nous a gentiment joué l'équivalent (de qualité légèrement affaiblie) de Monsieur Jourdain aux prises avec les maîtres... Le ténor était bon acteur et très honnête chanteur, le régisseur, baryton, imitait si bien l'accent imité (le seul à s'y essayer) que ma foi il en a peut être eu des traces, les deux sopranos jouaient moyennement bien, mais de façon sympathique, et chantaient agréablement.
La musique n'est pas inoubliable, mais agréable et il y a un choeur plein d'entrain pour louer l'Italie, un joli duo entre les deux amoureux, et un air (plein du souvenir de la musique italienne mais avec interposition de Malbrough s'en va-t-en-guerre) sur deux vers de Malebranche gentiment farcesque.

applaudissements nourris pour ce qui tout de même ne méritait peut-être pas vraiment d'être exhumé. (pas frapper Monsieur Léon Halévy, pas frapper, vous demande pardon..)

4 commentaires:

Dominique Hasselmann a dit…

Il paraît que "La Dilettante d'Avignon" (en cours de composition) devrait faire bientôt un tabac.

florence a dit…

journée petite mais jolie critique et cette photo de chaises vides qui attendent le moment du spectacle, je la trouve très poétique. L'attente est un sentiment contrasté mais non dénué d'une grande poésie.

brigitte celerier a dit…

elle n' pas de thèse à essayer de soutenir et abandonner en route (un peu ce qui a lieu dans le dilettante à propos de la guerre des musiques)

jeandler a dit…

Piquemal à Avignon. Il y avait un certain temps que je n'avais entendu son nom, habitué du festival du Vigan, en mes chères Cévennes.