lundi, mai 12, 2014

Quelques images d'une journée vouée à Lourmarin, à la tombe de Camus, à l'amitié (avec agapes et froid)


Cour humide aux petites heures, cour qui sèche, qui reçoit petite pluie, qui recommence à sécher

et départ dans les rues grises et désertes, frissonnant un rien dans manteau d'été et pantalon et pull de coton, sous ciel gris, parapluie noué à l'anse du sac, vers l'hôtel, attendre amis et madame taxi (efficace, charmante, mais quel métier !)

pour aller à Lourmarin, chercher en voiture (mais pour respecter la tranquillité des petites rues et permettre aux artisans et marchands d'attirer acheteurs, seules les voitures locales sont admises) puis à pied – ai vu des oreillettes et des fougasses qui sentaient bon leur vérité et une jolie petite veste d'indienne surpiquée qu'aurais bien aimé pour les nuits de la cour d'honneur, mais que j'ai vertueusement dédaignée (devait être trop grande) – la place de la fontaine lieu prévu pour le regroupement de trois couples plus une Brigetoun, conciliabule, reprendre les voitures, 

et aller au cimetière, près, mais juste un peu trop loin, errer entre les tombes 

à la recherche de celle de Camus (et de celle, voisine, de sa femme) dont l'abandon apparent navre certains, que j'aime, pour la présence de ce laurier, bientôt fleuri, planté sur l'écrivain, et des plantes juste un peu folles

conversations, souvenirs, et pendant ce temps, recherche de la tombe de Bosco, ses coquillages, sa jolie simplicité un peu fantaisiste

errer un peu, dire adieu au couple russe (ou d'origine russe) qui continue vers Paris, et, après avoir tenté un bonne et renommée auberge dans la nature où n'avaient pas de place pour nous, regagner Lourmarin, la place de la fontaine, un restaurant à la terrasse accueillante, à l'ambiance feutrée à l'intérieur– en passant devant de superbes miches de pain dorées dans un panier -, pour manger trop (pour moi des supions dégustés avec l'appétit que méritait leur parfaite cuisson, l'harmonie de la sauce, et le plaisir grand de n'avoir pas eu à les préparer) dans une ambiance rieuse (nous et personnel)

en tirer sensation de complétude et donc partir pendant le dessert à la recherche de petits cigares (trouvé pour constater que l'idée n'était pas absolument judicieuse, pas insisté)
et retour vers Avignon, en tournant le long des canaux extérieurs de l'Isle sur Sorgue pour profiter de l'ambiance du marché de brocanteurs sous un soleil qui perçait.
Avignon, convenir de sauter le diner commun, petit recueillement et rendez vous au coin de l'opéra en début de soirée,

sous un ciel qui jouait l'éclaircie, dans un air attiédi, et s'installer pour un peu de fromage, un peu de vin, des échanges, et une petite visite de la ville en mots et par les yeux, à la terrasse au coin de la place du palais.
Le mistral se levait gentiment, juste le nécessaire pour chasser les derniers filaments de nuages... il soufflera sur notre petit saut au Mucem demain matin..
les trois vieux sont contents mais las...
rentrer avant le crépuscule, et pour Brigetoun lavage de cheveux, petit souper morue à minuit, et dormir..  Ai rencontré de bien belles et bonnes personnes.

13 commentaires:

Dominique Hasselmann a dit…

On trouve des Justes dans certains cimetières.

Francis Royo a dit…

Anecdote sans aucun intérêt: c'est le père de la chanteuse Mireille Mathieu, tailleur de pierres de son état, qui grava la tombe d'Albert Camus.
Sans intérêt vous dis-je.

brigitte celerier a dit…

un tailleur de pierre m'intéresse toujours

anna jouy a dit…

merci de ce nouveau partage d'une journée où tout semble avoir été imaginé et préparé pour d'autres belles rencontres

F Bon a dit…

toujours ce nomadisme qui en dit si long sur l'attention au monde et à l'humain – merci pour Bosco

brigitte celerier a dit…

je n'étais qu'accompagnatrice - chançarde

chri a dit…

Lourmarin, des rires, un bon repas, des échanges, une virée... Quel beau dimanche!

jeandler a dit…

Une accompagnatrice lettrée parmi les ombres et les lauriers.

arlettart a dit…

Ne connais pas Lourmarin !! curieusement à chaque proposition de promenade , je n'étais pas libre
Merci pour cet aperçu

brigitte celerier a dit…

ah non ! sans doute la moins lettrée de la bande

Françoise Dumon a dit…

Belle balade Brigitte, jouer les touristes dans sa propre région, un luxe parfois !

joye a dit…

Merci pour la promenade, brige.

Christine Zottele a dit…

ne sais pourquoi, trouve un charme particulier à ce billet, apprécie la discrétion de certains dos et je conteste fermement pour la lettre: vous êtes certainement une des plus sinon la plus lettrée de la bande (tiens, vous vouvoie de nouveau...) espère que la résille du MUCEM fut douce à vos regards sur la mer...