vendredi, juillet 04, 2014

Les halles – à table

jour où les nuages sont venus, partis, revenus, mais gloire de l'été en bleu dur au dessus de mes pas vers les halles ce matin, 
choquée de voir déjà des affiches détachées et laissées en tas sur le sol... ce seraient les gens de la mairie qui officient, mais, en fait, il s'agirait uniquement de celles accrochées aux fils électriques... j'espère
un peu désespérée par contre d'apprendre que la minorité des intermittents qui préfère la grève aux actions ponctuelles aurait perturbé une répétition hier (un spectacle je comprends et m'y attends, mais là?) mais comme le récit vient du Figaro et de France Inter, je me permets un léger doute au moins en ce qui concerne la violence de l'affrontement....
peu de clients, marchands détendus, suis revenue avec un bidon de 3 litres d'huile pour la réserve, un pageot, un bout de dos de cabillaud, des joues de morue, des patates et des fruits et légumes pour une semaine environ, bras tirés vers le sol, vertèbres tassées...
et comme Paumée est là et veut être fourni d'autre chose que des éternelles images de futures mangeailles, je reprends la contribution que j'avais envoyée à la première proposition de François Bon pour cet été 2014 à table http://www.tierslivre.net/spip/spip.php?article3565
 
Oh pardon.. excusez moi... j’oubliais.
Elle laisse la dernière phrase de cet homme, son voisin, tomber dans un silence, sera court le silence, on peut lui faire confiance, et elle aime autant ne pas en entendre davantage... elle ne peut laisser cela sans réagir, mais elle le doit.. pourquoi l’a-t-on mise à cette table ? Vrai qu’elle n’est pas facile à placer, mais tout de même... retrouver vite un peu de tendresse pour sa soeur, la maîtresse de maison, pour eux, refouler l’embryon de rancune – elle se penche, prend son appareil photo dans son sac, se lève, croise le regard de la belle, froide, impeccable, femme en face d’elle – elle est plus belle peut-être que sa soeur, mais lui manque ce pétillement doux de l’intelligence.. pourtant si, elle sourit, elle dit :
Les enfants ?
Il faut que je l’aide à s’exfiltrer, nous allons au clash, là.. drôle qu’elle réagisse ainsi, bon il exagère un peu, cette sortie sur l’argent que coûte la culture... assez charmants ces gens mais un peu bornés tout de même, et puis même si ce n’est pas tout à fait faux, ça ne se dit pas... ce sont des amis parisiens je crois, ou versaillais, et Marie Claire dit que leur maison à Gordes est superbe, elle a du goût semble-t-il et ils ont de l’argent bien sûr.
Claire, il faut... pour cet été.. je suis si étourdie, sûre que je partirai demain sans que nous... la phrase se perd pendant qu’elle tourne autour de la table voisine, se noie dans le bruissement des voix.
Cette pauvre Jeanne je la voyais bouillir, déjà elle a cru bon de le contredire tout à l’heure quand il parlait – il n’a pas tort pourtant, bon ça aussi ça ne se dit pas – de l’invasion des musulmans.. C’est vrai ce n’est pas le genre de choses qu’on entend dans cette famille, et puis je ne sais pas, je crois qu’elle a eu une histoire.. Bon il s’adresse au vieux beau par dessus la chaise vide.
Elle se tourne vers son voisin, lui sourit, agréable de se retrouver entre soi
Bien regretté que vous n’ayez pu venir à la tour Royale l’autre nuit.. c’était très beau cette flûte et ce youd dans la nuit, devant la mer... mais tu as de bonnes nouvelles de Marie ?
Je l’ai eu au téléphone tout à l’heure, m’a chargé de ses amitiés pour vous deux,.. oui elle a ouvert la maison, les Pierre et leurs enfants arrivent demain matin, la fille ensuite, il pleuvait..
Le mari, inclus dans la réponse, pose sa fourchette, plutôt bonnes ces coquilles, pas trop cuites, et puis le petit mélange fenouil, et.. sais pas ce que c’est, ça va bien ensemble, pas mauvais ce souper, mais que le service est lent.. je sens l’ennui nous engluer lentement s’adresse à son vis-à-vis.
J’ai vu passer ta nomination.. pas eu le temps de te féliciter.. le mérite, mais tu ne vas pas t’amuser.
Merci.
Agréable de penser qu’avec lui c’est sincère... la fin aussi d’ailleurs, il connaît, il avait ce commandement avant Bertier, et comme on ne parle pas service, à la femme
Je suis passé hier avec Françoise X à la galerie, il y a plusieurs de tes petits ports qui m’ont bien tenté..
Une conversation entre les autres convives se croise avec leur phrase, regrettant les trombes d’eau qui s’abattent autour des tentes, regrettant qu’elles ne soient pas, comme pour les mariages précédents, dans le grand pré..
Vraiment compliqué pour le service.. et puis un peu prétentieux et inefficace ce traiteur.

Je crois que c’est la belle famille qui a choisi.

9 commentaires:

Dominique Hasselmann a dit…

Vendredi, il y aura grève en Avignon...

Il est vrai que le Medef semble avoir plus l'écoute de Valls que celle des intermittents !

arlettart a dit…

Les mots fusent plus que la pensée ne le voudrait ...(Médias hier)
Désolée pour ce festival en morceaux déchirés
Pensées

arlettart a dit…

Re... ton "Eté à table est savoureux "!! il me semble y être !! Ah!! la famille! les amis!
Consolation en écho

tanette2 a dit…

Les photos des futures mangeailles sont tout à fait à mon goût. J'espère que ce festival aura lieu sans trop d'interruptions....et que tu y prendra toujours autant de plaisir.

brigitte celerier a dit…

ah c'était pas certain ?
ah j'entends maintenant… j'espère que ce sera le seul

c'est la frange dure… et là un peu idiot il vaut mieux flanquer la pagaille pendant la représentation

afin on parle aussi d'orage alors…
l'ennui c'est qu'il faut que j'attende avant d'essayer de trouver un billet pour l'autre soir libre où on joue le prince (et puis j'avais une si bonne place ))

jeandler a dit…

Très orageux le ciel...

brigitte celerier a dit…

en fait pas tant que ça pour le moment
mais… carcasse colère et ville colère monte un tantinet - chacun ayant un peu raison

il faudrait arriver à marquer coup sans clash

Gérard a dit…

pas la joie aujourd'hui sur le pont théâtral

brigitte celerier a dit…

pas exactement non… mais l'avenir..