vendredi, août 08, 2014

Autour du mur, autour et dans la prison, un reste d'absence des lucioles

en trop longue tartine, dans le vide

parce que c'était comme ça ce matin - ai cherché sans trouver une petite offrande à faire, ai pris un bidule jetable à vrai dire mais que n'ai toujours pas jeté depuis deux ans, donc c'était presque une offrande... et m'en suis allée un peu avant onze heures, au bout de ma rue, suis passée sous le mur de soutènement du petit palais,
suis sortie de la ville, suis passée sous la prison, au bord du Rhône,
j'ai passé la poterne, ai retrouvé le mur des offrandes, déposé et essayé de fixer mon bout de loupade (gardé comme un remords) dans ce mur qui est cité – en note - dans le catalogue de l'exposition la disparition des lucioles de la collection Lambert exilée
oeuvre urbaine de Marq Tardy dont les Avignonnais se sont emparés, il a fait l'objet d'un débat public autour de sa conservation, à l'initiative de Michel Benoît (gloire à lui, l'ami http://avignon.midiblogs.com)
et puis, longeant les pénitents noirs (nés de la scission, à l'initiative de Pompée Catilina colonel de l'infanterie du pape, en 1586, des pénitents noirs florentins fondés en 1488 par des exilés à la suite de la conjuration des Pazzi) pénitents noirs qui étaient responsables de la première maison des fous, quelques cellules à cet emplacement, et de l'accompagnement des suppliciés et des condamnés à mort, longeant donc leur chapelle baroquissime, et le mur de la prison
suis allée voir, enfin, traversant la cour des femmes pour un raccourci, prenant la visite à contre sens, les quelques salles du second étage que j'avais manquées lors de l'inauguration – trop bousculés étions, et sous le choc de la prison elle-même http://brigetoun.blogspot.fr/2014/05/entrer-dans-la-prison.html - http://brigetoun.blogspot.fr/2014/05/la-disparition-des-lucioles-tome-1.html et http://brigetoun.blogspot.fr/2014/05/dans-le-gris-disparition-des-lucioles.html
section intitulée des rumeurs derrière les murs au miracle de la rose et qui regroupe Genet bien entendu, une salle aussi faisant allusion à Foucault, et puis les exclus, les luttes, le racisme
qui a commencé pour moi, après les ballons argentés de Philippe Parreno, par la dernière salle, et la courte et belle vidéo de Yael Bartana, une barque au large de Tel Aviv dit le catalogue, j'avais compris Gaza, un ilot avec un pavillon israélien, que l'homme de la barque roule pour le remplacer par un arbre (avec des racines qui ne prendront pas) – c'est sobre, assez court, lent, muet et donc plus fort que ce petit résumé... et il y a à côté de l'écran, le dessin d'un désir
Comme j'ai trop de photos – pourtant picorage – et que suis trop longue, vais me borner à les poser ici, dans l'ordre de mon avancée, et de nommer les artistes, par exemple, ici, la rose qui sort du mur de Jiri Kovanda, maintenant fanée malgré le petit vase caché
la série de vidéos fractionnant 24 hour flower August de Henrik Hàkansson
la band du collectif Claire Fontaine
les cartes à jouer dessinées, la poupée à pendre, le pichet, oeuvres de prisonniers anonymes
les murs de dessins de Nedko Salakov fear
des documents divers, le procès verbal d'une déclaration d'un mouton, et dans une petite salle obscurcie par un rideau que deux jeunes refixaient la beauté du film de Genet un chant d'amour (vu environ la moitié je pense)
suivant la courbe tendue du mur du fond, la longue série, que j'ai prise à rebours, de portraits de Hans Peter Feldemann 100 years
le mur animé par des projections des photos de François Xavier Courrièges à Beyrouth anamnèse – et les carrelages presque coquets du muret d'isolation dans certaines cellules
les chaussures Holy War de Deimantas Narkevicius, et les collages de Martha Rosler
Aerei d'Alighieri Boetti
Cotton under my feet de Walid Raad
la gueule cassée et le masque noir de KaderAttia – he et she de Pascale Martin Tayou sublimation des verroteries
Miror H2 de Glenn Ligon
les dessins Anatomy de Basquiat, son portrait par Louis Jammes et, dans la même cellule, des sabots gravés
les élégants Klansmen photographiés par Serrano
la lanterne de Mona Hatoum
et puis en redescendant, en repassant devant les cellules que j'avais déjà vues, s'arrêter, un peu au hasard devant le dessin mural dans la cellule du Saint Sébastien de Kendell Geers, le filet blanc de Miroslaw Balka que n'avais pas regardée, attirée par les dures photos de Roger Ballen dans la même cellule, Crystal Landscape of inner body de Chen Zhen, et les gravures de Piranèse.
regagner le rez-de-chaussée, et par la cour des femmes sortir sous le rocher.
Petites activités, lecture un peu, film de Minnelli, projets familiaux... et toutes mes excuses à ceux qui, égarés sur Paumée, auront persisté.

11 commentaires:

mémoire du silence a dit…

Merci pour cette rencontre esthétique.... et le mur des offrandes : une oeuvre d'art

Dominique Hasselmann a dit…

Vous verrez que je l'ai visitée, cette expo impressionnante, lors d'un passage-éclair un matin pour la gare TGV et un détour, par hasard, près de la prison Sainte-Anne.

Je n'ai pu vous faire signe.

brigitte celerier a dit…

la prison était déjà un trop gros morceau ! à la seconde visite, et en plus avec la foule avignonnaise avide de voir l'intérieur, un peu plus regardé les oeuvres (peu résistent à ce voisinage)

Marie-christine Grimard a dit…

Merci pour cette visite impressionnante et pour la découverte du mur des offrandes

arlettart a dit…

Chaque image est un abîme de réflexion... l'esprit de l'homme est un élan de survie qui laisse perplexe
Merci d'y revenir

jeandler a dit…

En toute liberté, un long périple, vers la prison.

Christine Simon a dit…

S'égarer avec Paumée, vous ne pouviez faire plus beau cadeau, Brigitte

brigitte celerier a dit…

grand merci à vous tous

│ˉˉˉˉ│∩│ˉˉˉˉ│ AVIGNON │ˉˉˉˉ│∩│ˉˉˉˉ│ a dit…

Je persiste. \(^o^)/

brigitte celerier a dit…

merci à toi, moi aussi chez toi - mais tu es nettement plus sélectif et bref !

Gérard a dit…

de l'art insolite qui trouble