lundi, août 25, 2014

D'un agréable oloé-faute-de-mieux et de l'été 2014

Matin ciel bleu ferme et soleil pendant que vaquais
à l'heure de la sieste j'ai voulu aller, à côté, sur le chemin de berge de la Barthelasse, comme vrais et faux bourgeois des temps anciens à l'île de la Jatte, mais le ciel s'était légèrement voilé, brouillé, la flemme mienne était grande, et surtout j'étais si bien, debout contre le mur de la cour, oubliant que la lumière ne daignait plus toucher mes pieds, dans les odeurs discrètes des feuilles, et la tiédeur, juste la douce tiédeur, maintenant que l'été en sa grande virulence ne m'en chasse plus en tentant de me carboniser, qu'y suis restée pour avancer dans ma lecture actuelle, où j'oscille entre intérêt, plaisir, parfois admiration, et agacement navré, jusqu'à y renoncer provisoirement pour rêver, chercher une idée, et tenter d'obéir aux indications de François Bon pour la huitième proposition d'écriture pour l'été 2014, http://www.tierslivre.net/spip/spip.php?article4012, en lien avec ma tentative pour le troisième puisque, indépendamment de la qualité ou non qualité de ce qu'ai pondu, je ne suis pas partie, comme c'était prévu, de l'idée d'un virtuel texte de roman en projet mais de petites idées séparées, mais même ainsi ce qui m'est venu, malgré mes essais, était vraiment par trop nul... tenterai peut-être une autre fois, même si les textes, acceptables ou non, ne trouvent finalement pas de place sur le tiers.livre.

Par contre, j'avais essayé pour la proposition n°7 http://www.tierslivre.net/spip/spip.php?article4009 un lien avec http://brigetoun.blogspot.fr/2014/08/solder-juillet.html ma tentative pour le 4ème et le 6ème exercices, ce qui a donné
Sur deux mains

Main noircie de tant de soleils, main perlée de sueur, la lumière du matin filtrée par les rideaux posée sur son abandon. Se lève lentement et sort de la tache de clarté, les veines apparentes crument, comme un treillis de cordages, tout à l'heure, s'effaçant dans cette plongée en pénombre. Revient, les perles de sueurs maintenant noyées par l'eau d'un pot renversé, se poser sur le front, et la peau est craquelée, parsemée de marques, de taches, d'on ne sait quoi, de fatigue, un peu verte dans le creux qui s'ouvre à la base du pouce. Une voix qui marmonne, un peu haletante, un nom inaudible, et un petit rire de dérision. Une seconde main, ferme, sèche, un peu jaune plutôt que brunie, se pose délicatement sur la première, pour la retirer, et, s'armant d'un linge humide, caresser le front. Main féminine qui garde, dans sa maigreur énergique, un peu du souvenir potelé de l'enfance, les doigts longs, qui pourraient être de pianiste, seuls frappés de fouet par la lumière. Le dos de la main, le poignet, se dissimulent, se devinent, dans l'ombre de la grande manche, quand ils ne sont pas masqués par l'épaule qui se penche. Silence, heures glissent avec lenteur infinie ; dans la chambre, la lumière de l'après-midi, qui arde par la fenêtre dont les rideaux ont été tirés, heurte la main du gisant posée comme une pierre ponce, fermée, sombre, terne et légère, sur la poitrine, sous le cou tendu à la recherche de l'air. Silence peuplé de légers bruissements, feuilles, pas glissants, jour déclinant. Nuit, une lanterne, que porte un serviteur invisible, éclairant le lit, vers lequel se tend, entrant dans la lumière, la main féminine qui porte une tasse aux lèvres avides de l'homme malade, qui la repose, qui se tient suspendue au dessus du drap – calme de la voix qui rassure ou le tente pour l'entrée dans le sommeil, main, bras qui se retirent, et dans l'obscurité revenue, posée sur le drap en sagesse appliquée, la main du malade, sombre, noueuse, cherche l'abandon, l'absence, comme pour laisser venir ce sommeil qui se refuse, et puis se crispe dans son refus tendu de céder au désir de presser, griffer, la gorge nouée.

4 commentaires:

jeandler a dit…

la vie toujours en tentatives persévère.

Dominique Hasselmann a dit…

personne ne s'en lave les mains...

brigitte celerier a dit…

ça dépend de quoi…
...
merci à vous deux

Gérard a dit…

auto-mano critique