mardi, août 26, 2014

regarder le ciel en attendant

sortie le matin en regardant le ciel qui varie à chaque coin de rue,
parce que envie et besoin j'avais de m'émerveiller, simplement, en début de nuit,
et que, puisque le 14 juillet, comme souvent, il y avait trop de mistral,
puisque le 21 juillet, date de report, je n'étais pas disponible, mais avec Henri VI à la Fabrica, et qu'accessoirement il y avait un mistralounet

et que donc nous n'avons pas eu de feu d'artifice sur le Rhône,
mais parce que il y a soixante dix ans Avignon, qui avait d'ailleurs déjà été déserté par les allemands, était libérée, comme Paris, mais pas par les mêmes
et que cette année, outre l'habituelle petite exposition devant la mairie (j'ai interrogé un correspondant de guerre entre sa machine à écrire et sa radio de campagne, qui m'a confirmé que, moi, à Ajaccio, j'étais déjà libérée... le savais bien, je venais même de subir une alerte, coincée dans le gilet de sauvetage d'un officier pendant que le bébé l'était dans celui de ma mère, en mer, en route vers Alger)
parce que donc, outre l'amusement des passants sur la place, et un dépôt de gerbes au monument aux morts, l'occasion était belle d'utiliser les fusées et bouquets prévus...
le ciel a continué à virer pendant l'après-midi, comme les nouvelles du têtu premier ministre malheureusement toujours actuel...
le vent était tout faible, la température désespérément trop basse à mon goût, carcasse entêtée à vouloir s'absenter dans le sommeil, mais,
un peu avant 22 heures, ai mis un petit veston sur ma robe, ai descendu l'escalier, me suis mêlée aux gens qui passaient au coin de ma rue, ai fait les quelques pas nécessaires pour franchir les remparts, ravie de voir qu'il y avait nettement moins de monde que d'habitude assis sur l'esplanade entre les ponts, et me suis installée à la rive du pré pour regarder, aimer, mitrailler..
n'arrivant pas à régler mon appareil – ai trop, beaucoup trop de photos et j'en ai jeté tout autant, peut être plus – les élans, rythmés, merveilleusement rythmés cette année, sans esbrouffe et en beauté, de ce spectacle plus condensé que d'habitude,
mais qui méritait parfaitement son titre : effervescence ce que des photos, même de meilleure qualité, n'auraient pu refléter (je n'ai aucun mal à être dans le ravissement, le plaisir, l'absence de pensée et de jugement, dans ces cas là, mais je crois que cela le méritait)

11 commentaires:

Dominique Hasselmann a dit…

Oui, un beau feu d'artifice(s), comme l'envers de la pluie qui arrosait le même jour, à l'île de Sein puis à l'Hôtel de ville à Paris, un président de la République dégoulinant sous l'averse politique.

brigitte celerier a dit…

ai supprimé mon commentaire méchant instinctif (eau, dissolution, président)
en tout cas une façon de l'effacer provisoirement dans nos pensées

Christine Simon a dit…

sont belles vos virgules

brigitte celerier a dit…

merci

arlettart a dit…

ton billet est un vrai ... feu d'artifices

jeandler a dit…

Un beau feu d'artifice excepté qu'il y a 70 ans, dans le ciel,il était vrai.

brigitte celerier a dit…

pas à Acignon, les allemands sont partis avant (avaient déjà subis des feux d'artifice)

Françoise Dumon a dit…

Non, mes photos ne sont pas meilleures... Comme je le dis, j'ai tout simplement recadré... Les moins mauvaises et j'ai aimé ce que le hasard a fait. Sinon, de chez moi je n'ai pas vu la moitié de ce que tu montres.

brigitte celerier a dit…

moi je suis plus près, beaucoup plus près, mais si je ne sors pas je n'ai que le son et de vagues lueurs (j'ai recardé aussi)

Gérard a dit…

pour tes photos il l'aurait fallu un trépied pour gérer le temps de pose, malgré çà tu t'en sors très bien.

brigitte celerier a dit…

oui ce serait bien, mais, malheureusement, aussi peu brigitien que possible