dimanche, septembre 07, 2014

Petit journal - jeudi aux halles, samedi oloé dans la cour


Jeudi, faire un gros marché, le petit mal-être rapidement noyé dans le plaisir de la lumière, des ombres, 
les étals qui marquent le virage de la saison, voient l'arrivée des courges, le remplacement des abricots par les prunes, les vendeurs détendus par leurs vacances…
et l'amusement furtif d'un retour dans le temps à travers les étals sur la place (me demande parfois qui peut acheter cela - je parle des bobines).
Vendredi, découvrir les quelques textes échangés pour les vases communicants (ci-dessous)
Samedi après-midi, s'installer dans la cour, saluer les minuscules promesses (je sais, mais elles sont si rares mes roses et le sont encore davantage les ébauches de fruits)... lire quelque pages, et puis regarder le mur, le ciel, griffonner quelques idées avant de rentrer, d'ouvrir un fichier pour répondre à la neuvième proposition d'écriture de François Bon pour l'été 2014, http://www.tierslivre.net/spip/spip.php?article4017 (si le coeur vous en dit, vous conseille d'aller découvrir ce qu'ont écrit les trois premiers participants)
et puis, reprendre, ici, ma participation au n°8 (avec John Gardner, juste avant que) http://www.tierslivre.net/spip/spip.php?article4012
Jusqu'au tournant
Elle a déposé les deux petites, elle leur a rappelé que c'est la mère de Julie qui devait passer les prendre, Julie a esquissé un salut, elles se sont mises à courir vers les autres enfants, le maître de manège, les chevaux.
Elle a remonté la fenêtre, démarré, tourné pour reprendre le chemin, roulé lentement jusqu'au macadam, elle a pensé : acheter une tarte, amis de Jeanne à déjeuner, toujours amis de Jeanne, et le rire de Jeanne, belles-soeurs amies, mais cette envie de tranquillité bousculée par le rire, les idées de Jeanne, départ de Jeanne dans deux jours, plages de solitude désirée, perte aussi de ces phrases paresseusement volant de l'une à l'autre. Jeanne, ah oui, je parie que... elle a ouvert le cendrier, grimacé, une grimace de confirmation, s'est arrêtée, l'a vidé dans le fossé, remis en place. A redémarré, agacée, amusée, presque attendrie.
Le boqueteau tournait avec la route, et le soleil a débouché brusquement, elle a cligné des yeux, baissé le pare-soleil, ralenti, n'a pas senti venir son petit raidissement inconscient qui pourtant, comme d'habitude, montait en elle, s'est traduit par un marmonnement devenu presque machinal : quand se décideront-ils à faire quelque chose, à l'approche de ce moment où le chemin se raccorderait sur la départementale, juste après la haie touffue et folle, juste à la sortie du virage de la route.
Calmement, un calme qui aujourd'hui n'était pas purement instinctif, elle a marqué un arrêt avant de s'engager sur la route vide, et ça a été un surgissement brusque, fou, un bruit, une petite détonation qu'elle n'a pas eu le temps d'entendre, ni comprendre et l'éblouissement, ou le néant.

9 commentaires:

Dominique Hasselmann a dit…

Il faut bien qu'il y ait de l'accidentel dans l'écriture (et des bobines de fils).

brigitte celerier a dit…

le fil pour le cas où ce serait réparable ?

arlettart a dit…

Pour collectionneur d'objets en bois blond entre autres

Marie-christine Grimard a dit…

Merci pour tous ces partages d'images et de textes ! Ces bobines mystérieuses sont exactement le genre de chose que je pourrais acquérir sans ne savoir qu'en faire, juste pour y laisser courir les doigts en imaginant des histoires en fonction des couleurs :-)

brigitte celerier a dit…

moi aussi mais on vieillit : et je me suis tout de suite demandé où diable je les mettrai

jeandler a dit…

A beaucoup marché.
Le fil a filé.
Au bout de la bobine.

Christine Zottele a dit…

les bobines pour ne pas perdre le fil mais quand on perd la bobine (ça m'arrive parfois) c'est encore plus dur... Bravo pour ton assiduité à l'atelier de l'été de François Bon!

brigitte celerier a dit…

Dominique Hasselmann et Philippe Castelneau, entre autres, sont bien plus assidus et rapides que moi (sans parler de la qualité) mettre sur Paumée

Gérard a dit…

surtout ne pas se faire embobiner !