mardi, septembre 02, 2014

Presser les dernières images du ban des vendanges


Or donc, les compagnons, avec une fanfare que l'on entendait plus qu'on ne la voyait, ont fait leur entrée sur l'esplanade du jardin.
et ce furent de longues discussions, rencontres, regroupements - personnalités, maire, confréries, sénateurs, élus, représentants des Côtes du Rhône, curé,
pendant que les enfants, quelques adultes, moi, nous restions résolument en attente, à côté du podium, devant la cuve du pressoir, les vendangeurs, les photographes aux merveilleux appareils.
Discours de la présidente des Compagnons, du sénateur, de Madame le maire (l'aime bien mais elle fut superbement creuse et longue), d'autres... mais nous, nous regardions les grappes de raisin rouler des caisses dans la cuve, être tassées, un peu (comme il ne s'agissait que d'obtenir du jus, et non du vin, toutes les opérations antérieures et le foulage des grappes étaient omis)…
Une longue succession de prises de parole, un panier de raisin anonyme passant de mains en mains, pour que chacun donne son avis sur sa maturité, nouveaux discours, chant en choeur, un peu noyé de musique pour pallier aux éventuels manques de justesse et de mémoire, de Coupo Santo,
pendant que les enfants tendaient le cou, que certains s'impatientaient et appelaient leurs mères comme recours souverain pour accélérer les choses,
pendant que nous regardions les mains qui posaient les longerons, hésitaient, en changeaient un, soigneusement, longuement, avec des pauses..

et, avant que les officiels proclament l'ouverture du ban des vendanges, en plusieurs langues (avec des accents qui m'enlevaient tout complexe, me donnaient presque sentiment de supériorité) fixaient, testaient le levier
premières gouttes, premières carafes... mais le micro s'étant tu, brusque affluence des buveurs et, cette année, faute d'un vigneron protecteur, j'ai renoncé à obtenir un verre et me suis extirpée, plus ou moins facilement,
pour aller acheter misérablement un verre de jus en bouteille, et, comme mes hanches et mes mains souffraient de se rencontrer pour que je me redresse, comme mes jambes «me remontaient dans le corps» j'ai voulu me nourrir un tantinet, prendre des bouchées apéritives avant les patates et la morue de l'antre... trop de monde attendant les brouillades de truffe, j'ai pris une petite assiette tentante d'escabèche de légume (pas recommandé dans mon cas, l'ai vérifié) me suis installée, à côté des tables qui se garnissaient, face à la chute du rocher sur le Rhône, j'ai regardé le soir descendre, savouré une bouchée, d'autres, eu plaisir, et puis mal au coeur, par fatigue ou autrement
alors sagement, ai cherché où jeter le tout, me suis avancée vers la rampe de sortie, à travers la foule qui se pressait, 
et, les laissant au dîner, aux dégustations de vin, au bal, je suis descendue ranger la grand-mère (et que je ne le sois pas ne change rien à l'âge)
Pardon et merci de votre patience si êtes passés... c'est fini pour cette année.
Dimanche et lundi, deux jours de ciel pur, de lumière, survolant ma cour, y descendant pendant une période de plus en plus brève, dont je profite yeux fermés et peau tendue vers soleil, de bon fort vent surtout ce lundi, de méditation inactive devant fer à repasser, de lectures désordonnées, de petites activités, d'absence rêveuse, de petites courses en maitrisant ma robe rouge dont la dignité était mise à mal par le vent.
Fin.

7 commentaires:

Marie-christine Grimard a dit…

La fête est finie, laissons fermenter les souvenirs... Et le vin nouveau !

Dominique Hasselmann a dit…

Le pape actuel pourrait quand même honorer de sa présence, une fois, cette cérémonie !

brigitte celerier a dit…

on n'y aurait plus accès.. et puis en fait c'est avant tout une affaire commerciale mais que nous le peuple nous nous sommes appropriés

jeandler a dit…

Il y a loin de la coupe aux lèvres...

Luc Comeau-Montasse a dit…

La foule qui elle aussi
presse
et dont il faut aussi se protéger
parce qu'elle partage difficilement
avec les petits
et ceux qui ne lui prêtent pas leur chair.

Merci encore pour ce partage plein d’arômes et de vie.

brigitte celerier a dit…

et puis je n'ai jamais été très foule (sauf pour les manifs)

Gérard a dit…

des images qui me sont familières chez moi en Touraine...Chinon, Bourgueil, Vouvray, Montlouis ...etc
hic ! ! !