jeudi, octobre 16, 2014

Biscuits assortis,

carcasse, livres, Avignon, un peu de parcours de l'art, Wenders et Salgado

Carcasse grognassou, tenue en main quitte à avoir sans doute un air tendu, un peu égarée, et finalement obéissante, m'en suis allée sous un ciel que croyais blanc piqueté de bleu, qui était bleu grumelé de blanc,
parce que la Mémoire du Monde m'avait informée de l'arrivée de Ricordi de Christophe Grossi que j'attendais avec petite impatience (http://deboitements.net/spip.php?rubrique31 - http://www.liminaire.fr/livre-lecture/article/ricordi-de-christophe-grossihttp://terresdefemmes.blogs.com/mon_weblog/2014/10/christophe-grossi-mi-ricordo.html etc...)
Tournicoter dans la librairie, pendant qu'ils s'activaient autour de cartons, et petit choix complémentaire, avec toute la modération que me donnait l'envoi, en partant, de mon tiers provisionnel (même si payer des impôts est une chance)
et, lestée de ces plaisirs en promesse, faire un saut, quelques pas plus loin, au Conservatoire, parce que dans un couloir, dans le hall, il y avait, dans le cadre du Parcours de l'art,
l'exposition - que j'ai regardée entre sourires et un peu d'indifférence, parce que j'étais trop peu réceptive je pense - de Mélissa Cortese http://melissacortese.tumblr.com/#about
et puis, traversant la rue, offrir à carcasse le bienfait d'un café chaud chez Françoise pour panser sa grogne, installée sous quelques petits dessins de la même artiste,
aimer les silhouettes qu'elle avait posée sur un mur, échanger sourires avec une petite fille ce qui m'a redonné esprit joyeux…
Je suis repartie par petites rues vers le Mont de piété... ou condition des soies… 
maintenant archives municipales, 
dans la cour desquelles, Raphaël Mognetti http://www.raphaelmognetti.com expose
Une sculpture, pour un nucleus

                          d’archives pétrifiées.

Entreprendre le décryptage.
petite pause, devant les panneaux installés en souvenir des avignonnais dans la guerre de 14/18 et retour vers l'antre,
déjeuner, sommeil, petit tour dans les textes déjà lus dans la revue nerval.fr http://nerval.fr pour nourrir http://brigetoun.wordpress.com, thé, réaliser l'heure
et partir, pas entre digne et vif, vers Utopia, pour apprendre que l'horaire avait changé, 
s'en retourner, en doutant un peu d'avoir l'élan nécessaire deux heures plus tard…
et en profiter pour s'arrêter à l'espace Vaucluse, regarder les oeuvres exposées par des élèves de l'Ecole d'art, en aimer certaines, rester un peu perplexe faute de dialogue devant d'autres…
douter un peu, tout de même, de l'explication (donnée uniquement pour la grande mosaïque de visages posés au sol) qui voulait que le mot qui constituait les traits dessinant les politiques soit chaque fois choisi, non par l'artiste, mais par sa fréquence sur les réseaux sociaux, parce que, si le choix un peu méchant était souvent bien vu, qui associait un ancien président à Fric (oui), Montebourg que je n'ai pas reconnu à France non sans malice, Chirac à un qualificatif concernant son âge (déjà moins vraisemblable), certains à des mots injurieux, je doute que le nom d'Aubry appelle majoritairement brie ou celui de Taubira sots
cuisine, regarder plantes, décider de les négliger, repartir parce que vraiment j'en avais envie, et comme toujours, être saisie de la beauté de ce trajet dans la nuit,
Faire la queue, étions nombreux, s'asseoir, ouvrir bec, avaler entre admiration, émerveillement, gorge serrée, le sel de la terre le film portrait de Win Wenders sur et avec Sébastião Sagaldo (et sa famille dont le fils, Juliano, qui est co-réalisateur avec Wenders, et dit que cela lui a permis de connaître mieux son voyageur de père) que je me permets de conseiller avec chaleur
la bande annonce
beauté, humanité, empathie, politique aussi
l'image, sa composition que même l'émotion n'empêche de chercher, l'ombre et la lumière, le regard, et les regards en retour
la splendeur du monde, la main de l'homme, les pouvoirs (Salgado a une formation d'économiste), l'empathie, et l'horreur jusqu'à ne plus avoir foi en l'homme, à penser que nous ne méritons pas d'exister, après la dernière descente, la plus profonde, avec le Rwanda, et le Congo, le génocide, les ossuaires, et ceux qui sortent de la forêt pour mourir, les corps pris par tractopelle, jetés, recouverts d'une couche de terre...
et puis la forêt replantée sur la terre du père au Brésil, Génésis l'hommage en la terre
De l'ahurissante fourmilière des corps dans la mine d'or, esclaves de la fièvre, à l'amitié d'une baleine, mais aussi aux peuples de l'arctique.. et toujours sensibilité mais retenue.
Je ne suis pas restée au débat ensuite, jamais eu trop de goût pour cela, et puis jambes gourdes qu'il fallait mouvoir
retour dans le souvenir des images, de leurs dires et de leurs voix.

9 commentaires:

Marie-christine Grimard a dit…

Jamais trop de tout cela !
Merci pour ce tout et l'envie d'aller voir le film multipliée par mille !

brigitte celerier a dit…

depuis ai regardé et n'ai trouvé que des avis plus que positifs (avec une réserve sur Libération je crois, qui déplore le manque d'émotion, ce qui me semble faux)

Chri a dit…

Par mille, oui.

Dominique Hasselmann a dit…

parcours cordial (le film de Wim Wenders est sûrement aussi beau que son précédent sur Pina Bausch)...

Luc Comeau-Montasse a dit…

Me dis que
ma journée d'hier pâlit
que je pourrais même ce jour
retourner au lit
pour digérer ce bel Avignon
mis en conte

Et puis
Me dis que
c'est tout de même formidable
d'avoir pu vivre (un peu) cela
en écho
grâce à "paumée"
et celle qui l'habite

jeandler a dit…

De la pâte, de la substance. Pour se mettre sous la dent. Allégé d'un tiers, le dernier, se sent-on des ailes ?

brigitte celerier a dit…

à mon avis oui

tanette2 a dit…

Oui payer des impôts est une chance même si une augmentation conséquente et inattendue (pas de gain supplémentaire juste remise en cause par le gouvernement de l'avantage accordé jusque là aux familles de 3 enfants..)
Devoir accompli dans une journée bien remplie pour toi.

Gérardh a dit…

Me suis contenté de regarder les œuvres exposées.