vendredi, octobre 17, 2014

Chez Vilar, Ukrainiens et autres avant de se rencogner en prenant pied dans Ricordi


saluer la couleur qui vient à mon énorme future récolte de l'année (qui me permettra d'assaisonner deux tasses de thé) – et partir vers pharmacie et bureau de tabac de la place de l'horloge,
avant de monter la courte et faible pente qui mène, face à l'hôtel de Ville, aux doux lions de la maison de Vilar,
pour retrouver, dans la cour, les lames de Bernard Autin, pressées sur un socle tel un troupeau de pingouins.
Saluer la dame de l'accueil, grimper l'escalier, en regardant par les ouvertures sur le hall les costumes qui le dominent sur leurs balcons…
découvrir, en s'y attardant un peu, en projetant de revenir, la nouvelle installation des salles, avancer au royaume de Vilar, dans le souvenir de quelques spectacles vus en mon adolescence à Chaillot, dans la légende, les souvenirs d'une grande époque, des vidéos effleurées, en s'arrêtant quelques minutes, s'arrachant, repartant..
admirer le graphisme, la stylisation, la franchise des tons des costumes dessinés par Gishia
ou Prassinos – se dire un autre jour.
Pénétrer dans les pièces donnant sur le jardin, consacrées dans le cadre du Parcours de l'art à l'Ukraine – pont vers l'est http://fr.ulule.com/pont-vers-lest/, et être séduite, d'entrée, par les grands panneaux de Serhiy Savchenko
Il travaille avec les couleurs presque comme un sculpteur, il sculpte plus qu’il ne peint. En effet, il se sert plus souvent de ses doigts que de ses pinceaux. La toile même du tableau est sa palette, c’est là que se passe le mystère de la combinaison des couleurs, cette éternelle recherche et interrogation sur la sensation du beau…(Andriy Nakorchevski , Professor Keio University, Japon)
chercher les colonnes de Taras Beniakh telles que les montrait la photo du catalogue
Colonne. Une forme virtuelle, à nu. Elément fondamental de l’architecture sacrée, telle une colonne vertébrale d’ancien monde. Symbole d’empires passés.
Installation « Temple » est un jeu de l’architecture, une tentative de combler l’espace libre, imparfait, souvent anti-esthétique. Réflexion sur le paradoxe de l’Humain qui, après les objectifs à remplir tous les espaces vides, crée un vide. Regard sur l’Empire comme système qui tend à l’équilibre, aussi monumental que fragile. Vide, avide de pouvoir…
et voir, à travers les porte-fenêtres condamnées ces fantômes effondrés en courbes désordonnées... leur trouver du charme, penser qu'elles ont dû avoir un problème..
Remarquer, au moment de quitter la pièce, accrochés à des mats, les quatre beaux petits émaux d'Ustym Fedko – les mondes clos
sur les frontières est d'Ukraine en ce moment beaucoup vivent en dessous de la ligne d'horizon.. Beaucoup parmi eux sont les enfants qui attendent quand dans les sous-sols s'ouvriront les fenêtres vers le monde libre (fin du tout petit et discret panneau de présentation, puisque ne figuraient pas au catalogue)
pénétrer dans la seconde pièce, et se trouver cernée par les nombreuses photos, architectures, présences, portraits, de Cyril Horiszny devant lesquelles se promener, avec des arrêts, séduite par le jeu assortissant les couleurs des décors aux personnages, les paysans de partout, les riches costumes ukrainiens
Les parallèles d’ordre social, politique, géographique, sentimental ou philosophique soulignent les ressemblances comme les contrastes....
la même règle s’applique à tous dans la composition de l’image. Les sujets posent invariablement au centre… entre Est et Ouest.
(même si prime ce qui nous est étrange, comme les Houtsouls : fiers de leur culture et de leur identité, ce peuple de montagnards préserve un mode de vie ancestral basé sur le cycle des saisons, mais également sur un artisanat très coloré.)
et saluer en sortant le vieux cosaque.
En sortant, sur la place, s'interroger devant cette branche au centre de l'emplacement de la colonne Morris qui vient d'être déposée
et puis, suivant la flèche du nuage, redescendre vers l'antre... cuisine, déjeuner, sieste ma délicieuse mauvaise habitude, écouter à l'assemblée l'examen sur le projet de budget, avec la familiarité et le reste d'intérêt qui me reste, n'y peux rien, pour les dispositions fiscales en faveur du logement (si souvent, si ce n'est quasiment immanquablement nuisibles pour le logement de ceux en peine de toit, et même pour le placement des économies des classes moyennes).. mais au moment d'enfiler la robe et le veston préparés pour m'en aller vers le Chêne noir assister à Train fantôme de de Gérald Sibleyras et Eric Métayer, en bailler, même si loufoquerie m'était promise... rependre frusques, et m'installer avec Ricordi de Christophe Grossi, pour une première prise de contact, en survol rapide
tomber sur
«180. Mi ricordo
que Jannis Kounellis a rejoint le mouvement Arte povera lors de la première exposition collective.

181. Mi ricordo
De Alighieo Boetti, Mario Merz, Gilberto Zorio, Michelangelo Pistoletto, Giuseppe Penone, Luciano Fabro et Pino Pascali.

182. Mi ricordo
que la poussière des collines s'est longtemps mêlée à la salive.

183. Mi ricordo
Sois souriante mais concentrée, garde ton port de tête, tes épaules, plus en arrière, bon, pose les mains sur les hanches.»
ai entendu fugitivement ma mère (sauf pour les hanches) ai refermé le livre, ai fait un tour sur internet, ai repris le livre, ai commencé à lire vraiment avec cette belle entame
«1. Mi ricordo
que quelqu'un a parlé dans l'obscurité
                quelqu'un a parlé dans le noir quelqu'un a dit Oublie.»
ma ancora - un po 'di vergogna

9 commentaires:

Marie-christine Grimard a dit…

Merci de nous emporter sur vos pas, qui suivent la flèche des nuages, j'aime beaucoup !

brigitte celerier a dit…

merci

Dominique Hasselmann a dit…

Jean Vilar mis en scène...
Christophe Grossi note à note...

Belle journée !

arlettart a dit…

Tout un bagage de souvenirs dans ton billet
"Oublie dit la voix dans l'obscurité
Merci pour tes parcours

ChG a dit…

grand merci, Brigitte, d'avoir associé les ricordi à votre longue et riche balade du jour !

brigitte celerier a dit…

mais trop flemmarde pour aller rire en tremblant

brigitte celerier a dit…

la belle gravité je l'ai trouvé ensuite en lisant, en trouvant les refrains…
mais justement vais le déguster en petites goulées (un tiers cette nuit environ)

jeandler a dit…

Faire sieste, n'est-ce pas une excellente coutume au Sud ?
Les Cosaques chevauchent toujours dans notre imaginaire et gardent la steppe des envahisseurs.

Gérard a dit…

vu des expos tout l'après midi ..alors la visite continue ..merci.