mercredi, novembre 05, 2014

l'hiver accélère

bon gros orage ce matin, me transformant en petit animal craintif, ne gardant d'humain que l'entêtement à morigéner, moquer ma pleutrerie.
Et puis, les cataractes dans les descentes d'eau, la plainte de l'arrosoir mitraillé s'étant calmées, entendre une voix de contralto chantant du Haendel, bref enchantement qui aidée par une bouche pleine de toast s'écroulant sur de la confiture de gingembre, m'aide à prendre pied dans la journée, et m'envoie sous la douche.
Départ, élégante ô combien, avec chaussures lozériennes, jean de gamin et parka de gosse des quartiers, couffin, parapluie... en me disant qu'il devient temps de passer réellement à une garde-robe hivernale
passer au bureau de poste désert, avant tout le monde, envoyer petit cadeau à l'Augustin nouveau né
continuer sous petite pluie fine, pataugeant sur dalles glissantes aux couleurs réveillées
et faire grosse provision de bintjes, les accompagnant d'un gros panais, de deux concombres courts, de deux petits cèpes, d'une chayotte, d'un poivron vert, de tomates odorantes, d'un bulbe de fenouil, d'un mélange d'herbes, de nuoc-mâm, de purée de citron, de pots de moutarde au pastis ou à la truffe, d'un petit lingot de brebis et de filets de merlan...
revenir en fouinant à la recherche d'un souvenir furtif à travers petites rues, et faire la trouvaille presque miraculeuse d'un grand sac correspondant presque exactement à ce que je cherchais…
pour déboucher sur la place de l'horloge, avoir une impression de désert trempé, réaliser que les terrasses s'en sont allées, et puis, en avançant vers le fond, trouver un petit tas de planches, un camion, une très haute pile de planches, et le squelette des premières cabanes de Noël, maugréer, rognonner, rouspéter devant cette accélération tout de même un rien excessive du calendrier...
et constater que, ma foi, ai trop empli paumée de petits riens, que plus n'ai place ou temps pour la bannière de Saint Blaise, même si pas grand chose de passionnant n'ai à en dire...
stopper

8 commentaires:

Marie-christine Grimard a dit…

Merci pour tout ces petits riens qui nous feraient aimer la pluie !

brigitte celerier a dit…

ben, sans moi alors…
quoique j'aime bien l'odeur de la terre après

Dominique Hasselmann a dit…

Avignon sous un autre jour (ils n'ont pas prévu de jouer "Le Père Noël est une ordure" ?) garde aussi son charme.

brigitte celerier a dit…

le père Noël est une ordure a très certainement été joué, mais en des temps où je ne sévissais pas dans la ville

jeandler a dit…

Sur les pavés trempés, attention de ne pas glisser dans le jour qui vient.

brigitte celerier a dit…

raison des chaussures lozériennes, n'ai plus que de vieilles chaussures plates en dehors d'elles (ou des talons) avec semelles glissantes

Anonyme a dit…

Cette accélération que je maudis aussi. J'aime vos couleurs et vos mots.
Catimini.

Gérard a dit…

Je gouterais bien à la purée de citron