dimanche, novembre 23, 2014

Samedi matin dans Avignon

samedi matin, sur Avignon, c'était ciel bleu dans les trous des nuages bosselés en très lent voyage

lorsque suis allée aux remparts jeter papier, jeter verres,
et sur les arbres du square Agricol Perdiguier, que je longeais..
samedi matin, c'était grumeaux transpercés de lumière sur la gare où suis allée me faire rembourser le seul billet qui pouvait l'être, celui que j'aurais dû utiliser pour regagner la ville qui ne m'avait pas laissée partir -
samedi matin, dans Avignon, c'était comme toujours, mon oeil fraternel sur les traces, les pagailles, les usures
et la réaction violente des arbres aux blessures -
samedi matin, dans Avignon, comme partout, c'était le jeu des couleurs affichées par les arbres,
mais aussi des roses attardées qui chantaient sur le calme des ruines du cloître de Saint-Martial
et ça a été, arrivant avec sac gonflé de légumes de Carrefour (mais bio et frais), de produits d'entretien etc... sur la place de l'horloge, la surprise de tomber sur le week-end du marché des producteurs
ça a été passer avec une vertu aisée devant les fois gras, les pâtés, les nougats, les vins, éviter de m'attarder devant les huiles… pour elles, qui seules de cette liste m'intéressent, mes fonds me cantonnent (et ce n'est pas mal) aux bidons achetés aux halles
mais craquer devant la gamme des miels d'un creusois, caresser des yeux ses roues de pain d'épice gorgées de miel roux, et ajouter à mon sac un miel de forêt d'un brun de caramel, avoir envies au stand de «la ferme des basilics» et me borner à un tout petit pot de gelée de trois basilics, me laisser tenter aussi, puisque j'avais oublié de dessaler de la morue, par un petit pot d'escargots au court-bouillon d'herbes…
ça a été le regard désapprobateur d'un petit ange, et mon auto-indulgence
ça a été chercher clés, monter ma charge, préparer un grand bol de nouilles de riz garnies de bonnes choses.
Et puis rien, ou presque, ou présentant encore moins d'intérêt,
un peu moins de toux, des tempes serrées mais un crâne presque dégagé, une paresse intacte et des frissons comme en novembre.

10 commentaires:

arlettart a dit…

Mur comme un tableau de Rothko Frissons dangereusement en sympathie!!
Envie de faire un pain d'épices dégoulinant de miel!
Pensées vers toi en programme ce dimanche

Dominique Hasselmann a dit…

la gare comme un regret... et les victuailles comme une promesse...

Il faut savoir bifurquer.

brigitte celerier a dit…

Arlette - réveil, regardé jour, pensé nier - me suis rendormie
toujours pas très envie de lui - laver cheveux, se rencogner

brigitte celerier a dit…

Dominique, promesse ou nécessité
bifurquer quand le veut la vie, nous sommes créatures adaptables.
Merci pour votre passage

jeandler a dit…

L'embarras du choix entre deux marchés. Savoir choisir n'est pas aisé en cette époque où les victuailles abondent.Se réserver une petite place pour les surprises dans son panier.

Anonyme a dit…

le regard désapprobateur d'un ange glace le sourire, mais le vôtre, Brigitte

brigitte celerier a dit…

oui mais comme mon voyage rêvé était légèrement onéreux, j'ai des pulsions d'avarice punitive

│ˉˉˉˉ│∩│ˉˉˉˉ│ AVIGNON │ˉˉˉˉ│∩│ˉˉˉˉ│ a dit…

Mon œil fraternel sur les traces, les pagailles, les usures
Et la réaction violente des arbres aux blessures

brigitte celerier a dit…

merci Michel
(sincère -ai toujours un faible pour les cassés
(quand on était gosse je tombais toujours en sympathie dans les pic-niques de bords de route avec les chiens pelés - alors que j'avais peur des chiens d'ordinaire)

Gérard a dit…

...un samedi matin inoubliable ! !