lundi, décembre 29, 2014

Dimanche dans l'antre, reprendre souvenir d'un amour d'enfance

ciel bleu clair, frais sans virulence
mais carcasse toujours en révolte, se laver cheveux, repasser, dormir, tisane, patates, morue et risquer baba au limoncello

et, crâne vide, yeux tirés, se borner à voler chez les cosaques auquel il était destiné http://lescosaquesdesfrontieres.com le souvenir d'un coup de coeur enfantin
Ce serait – un amour
ce serait vers dix ans, la découverte du Louvre
ce serait s'y sentir bien
ce serait s'amuser, ce serait jouer à glisser sur le parquet de la grande galerie
ce serait m'arrêter devant lui, le premier des trois tableaux dont j'ai gardé souvenir, qui m'on fait revenir et revenir dans ce musée, pour des trajets à grands pas, jusqu'aux zones désirées où rester lentement immobile, figée, devenue yeux, faire un pas, avancer jusqu'à quelques centimètres, reculer, passer à l'oeuvre suivante, pied levé en attente, et puis le poser, regarder
mais là ce serait lui, et la petite fille devant lui, amoureuse
son torse bien carré, de face, et le visage doucement détourné, les yeux en allés
le noir profond du pourpoint ou du manteau, sa matière riche, un peu luisante, discrètement, comme un velours épais, et, dans l'ouverture profonde, le fin plissé de lin blanc de la chemise,
ce serait le visage en v adouci, entre le noir du vêtement et celui, en écho, de la sage chevelure, le visage jeune, mat avec quelques traces roses dans les ombres, la peau fine, un peu luisante sur l'arête du nez droit, l'ombre fine de la moustache esquissée, la mélancolie des yeux et de la bouche, mais cette impression d'un sourire prêt à éclore
ce serait le cou large posé sur l'ourlet froncé comme une collerette
ce seraient les manchettes plissées et les mains bien sûr, les mains
la délicatesse des veines sur la main nue, au doigt pointé on ne sait vers quoi, peut être pour exhiber l'anneau d'or ciselé
et puis la nonchalance de la main gantée, pendant au bout du bras accoudé, tenant si distraitement qu'elle semble près de le lâcher l'autre gant,
ce serait le cuir fin et souple, un peu trop large pour les doigts, le rabat plié, la forme un peu étrange du poignet
ce serait l'assurance tranquille affichée par ce jeune homme, et donc la petite fille admirative, bouche doucement ouverte, peut-être, j'imagine.
Sur l'homme au gant
du Titien (Musée du Louvre)

7 commentaires:

annajouy a dit…

amour d'enfance: dure toujours...

Dominique Hasselmann a dit…

plaisir de le retrouver...

brigitte celerier a dit…

merci

arlettart a dit…

Je crois qu'il en a fait rêver bien d'autres ... c'est amusant d'ailleurs cette folle séduction romantique

jeandler a dit…

Dix ans et déjà amoureuse de la beauté.

brigitte celerier a dit…

Arlette - il est assez romantique lui même

brigitte celerier a dit…

Jeandler en fait ce jour là je suis tombée amoureuse du Louvre.. et n'ai jamais cessé