jeudi, décembre 11, 2014

douceur du ciel et chute dorée


Le vent nous a légué un ciel pur, un air qui en semblait un peu moins froid (ou c'était l'effet de la chaude doublure de ma canadienne et de la fourrure où s'enfonçait mon cou)  
ciel qui peu à peu s'est couvert d'un voile transparent
Brigetoun a continué à s'appliquer pour se créer coussin de chair protectrice (entrepris une cure de chocolat pour regagner en intelligence et optimisme)
et paresseusement reprend une coulée dorée (sur un tableau de Jan van Goyen) et son texte pour les cosaques http://lescosaquesdesfrontieres.com
Ce serait - Chute dorée
Ce serait un déversement
ce serait le grand toit de chaume un peu pelé, usé, que l'oeil dégringolerait en même temps que la lumière, emportant les branches, le petit pan de mur de terre, la palissade jusqu'à la coulée de terre, de foin flétri, où cela s'étalerait en or vieilli, rejaillissant, venant réchauffer tous les bruns pour les enrichir.
Ce serait la teinte de douceur glorieuse sur laquelle reposeraient les paysans en rudes toiles, ce serait la contamination qui se répandrait, qui mettrait des reflets d'or dans les nuages du ciel.
Ce serait cette tendance de Jan van Goyen au monochrome...
et puis les accents,
la petite branche argentée qui se détacherait à gauche, au sommet de la palissade, appelant la torsion éloquente de l'arbre
les trois oiseaux, et le ventre blanc du plus haut
les deux petites silhouettes, avec épaules courbées et parapluie qui suivraient le chemin et la diagonale tombant du toit, pour disparaître, vers ces arbres pointillistes et cette idée de maison, palis par la distance.
les deux bandes qui encadrent la coulée de lumière, la terre hérissée, presque noire, au premier plan, et les ondulations de caramel chaud contre l'horizon, le basculement de la terre, et, pour parfaire l'équilibre, la colline ou le bosquet sombre sur lequel se détachent l'arbre torturé et la maison
Ce serait l'immense ciel vivant
Ce serait une invention, une nature pleine d'air humide, de terre lourde, de chaume qui auraient pris naissance dans l'esprit, le métier parfait, le long apprentissage d'un homme nommé Jan Joseph van Goyen, né à Leyde, passé par Horn, la France, Harlem, revenu à Leyde se marier, installé à La Haye, peintre, marchand d'art et expert, qui eut moult disciples et élèves, certains glorieux
qui aimait la mer, les fleuves et les ciels
qui préférait les valeurs aux tons, la lumière à la couleur, l'atmosphère d'une vue aux détails
qui laissa des dettes, des carnets de dessins, des oeuvres et une maison.

8 commentaires:

Dominique Hasselmann a dit…

J'avais bien aimé ce texte et la répétition (avec un léger décalage) est parfois un plaisir comme dans la musique de certains compositeurs comme Philip Glass, Steve Reich, Terry Riley, La Monte Young...

comme Philip Glass, Steve Reich, terry Riley, La Monte Young...

brigitte celerier a dit…

musiciens que j'aime

Marie-christine Grimard a dit…

Ce serait un plaisir de vous relire en dégustant du chocolat !

arlettart a dit…

Besoin d'Or et de chaleur dorée en ce ciel trop bleu de mistral teinté qui souffle aujourd'hui encore

tanette2 a dit…

Bonne idée la cure de chocolat pour regagner intelligence et optimisme, j'adopte.

brigitte celerier a dit…

bon pour la circulation et contre la tension aussi, mais ne pas abuser...

Gérard a dit…

magnifique cette chute dorée

brigitte celerier a dit…

ses vues de port sont pas mal non plus