mercredi, décembre 10, 2014

Laisser le vent à ses jeux jusqu'à la nuit


Volets qui claquent et me réveillent, ouvrir les miens de volets bleus et regarder les feuilles brunies des platanes qui sautent les toits et descendent en dansant dans la cour.
Dans un moment de calme, après le café et la confiture de clémentine, petit tour pour ramasser la récolte de la nuit
carcasse capricieuse, rester dans l'antre, s'énerver sur les glaces sans résultant satisfaisant, faire argenterie avec résultat très satisfaisant, vaquer doucement, passer jour,  coite et un peu brumeuse, avec des petites collectes de feuilles,
jusqu'à en emplir un sac de 30 litres et en partager un autre entre épluchures et broutilles diverses du jour, et les serviettes en papier, les plumes et feuilles apportées par le vent…
et partir, dans la nuit, en faisant en détour pour éviter le choc du souffle le long de l'opéra, vers le plaisir de la musique de chambre, un concert du quatuor Girard.
(arrière petits neveux de Françoise Girard, secrétaire de la Société avignonnaise des Concerts en 1936, deux soeurs, deux frères, voués à la musique dès l'enfance, lauréats du concours de Genève en nivelbre 011 après divers concours de moindre importance, jeunes et sages comme ils apparaissent sur cette photo venant de leur site http://www.quatuorgirard.com)
avec un beau programme
le quatuor n°5 en ré majeur – opus 76 - de Haydn opus 76 – plaisir de cette musique que j'aime mais un peu l'impression qu'ils sont plus interprètes de talent et de travail que musiciens (avec l'impression que la musique est menée, dirigée par la jeune fille qui joue le second violon) mais bien entendu ce n'est que mon ressenti, avec une influence possible de ma petite forme du jour - et de mon trop grand désir.
le quatuor n°2 d'Henri Sauguet, agréable découverte, un hommage plus qu'un lamento, écrit après la mort de sa mère, classicisme revisité, tendresse, vitalité, prière, et pour le dernier mouvement une plainte emportée en allegro retombant sur la dernière mesure.
et après l'entracte le quatuor n°3 en la majeur – opus 41 - de Schumann, où pour la première fois j'ai senti qu'ils faisaient corps avec la musique dans le second mouvement assai agitato dans la seconde des variations qui suivent le thème introduit par l'alto (peut être celui que j'ai préféré), accord qui n'a plus cessé.
en bis, comme un jeu qui leur serait familier (j'invente sans doute) les pizzicati du 4ème mouvement du 4ème quatuor de Bartok.
et retour poussée par le vent qui avait molli.
Je n'ai trouvé le matin sur Youtube aucun de ces quatuor interprété par eux, mais en enregistrement de Schubert (j'étais en courte pause entre une collecte de feuilles et cuisine – suis arrivée, victoire, à dépasser légèrement les 39 kilos – et je ne l'ai écouté que le soir, en préparant ce billet)
 

8 commentaires:

Marie-christine Grimard a dit…

Merci pour cet échange musical où on imagine sans peine les feuilles danser sur le rythme des violons...

brigitte celerier a dit…

il y faut tout de même votre imagination

Dominique Hasselmann a dit…

La musique vole au vent... les nervures des feuilles sont aussi des cordes.

brigitte celerier a dit…

oui, poète
mais la mélodie du vent était un peu trop vive, comme un violon tzigane hier

arlettart a dit…

Tu vas t'envoler en musique si les 39 KG sont de toi?
ou des feuilles ...

Christine Simon a dit…

ces feuilles qu'on glane comme des notes de musique, merci, Brigitte.

marcopolette a dit…

Il n'y a que vous pour enchanter ainsi des sacs poubelles pleins de feuilles mortes qui ont sauté du toit... MERCI de nous mettre à l'affût !

Gérard a dit…

des feuilles mortes au violon tout est poésie.