dimanche, janvier 25, 2015

Honte

réveil tardif (avais oublié d'éteindre chauffage)
reste de colère dans le ciel
yeux qui tombent à l'extérieur des orbites se nichent dans mes poches
écouter la cour bruire en pensant au programme décidé avec élan,
frissons, indocilité grandissante de carcasse, crispations - s'oppose ma fermeté agacée...
parce qu'il y a cela que je veux, qui est en début d'après midi cheminer emmitouflée jusqu'à la rue des Teinturiers, la maison IV du chiffre, une réunion du MRAP où voulais, cette fois, shame of me pour les autres, rencontrer, soutenir les agissants
et puis aller dans la nuit à l'opéra écouter Karine Deshayes et des mélodies françaises
vaquer maladroitement
regarder pour me conforter ce modèle, en plus jeune, la mama accueillante, solidement en repos, satisfaite, tâches fermement, rapidement, efficacement accomplies, prête à la joie d'un rayon de soleil, aux sourires et demandes à recevoir…
déjeuner tôt, crispée sur ma résolution, pour partir tôt
un bout, très mal photographié d'une oeuvre que m'a offerte Alexandra Giacobazzi
le vent est mort doucement, ou presque, la lumière est superbe - et vient colère carcasse, effondrement
peut être, je ne veux pas le croire, le crains un peu, soulagement d'y céder et de s'enfoncer de torpeurs en sommeils jusqu'au soir
retour à la surface, frissonnante, un peu honteuse, paisible
mais renoncer à l'opéra, ne le mérite pas (et suis pas très motivée), ouvrir le très vieux, très usé, très abimé Moby Dick qui se nichait derrière autres livres, et que j'ai rapetassé et recouvert.

9 commentaires:

Defrancoisjose a dit…

Honte aussi sur moi qui n'ai jamais lu Moby Dick. Peut-être qu'il traîne quelque part, enfoui dans ces murailles de livres qui s'amoncellent un peu partout.
Pas le courage de chercher ce soir.

brigitte celerier a dit…

devriez, vraiment, devriez

Caroline Gérard a dit…

Même lecture !

brigitte celerier a dit…

vérifier que je l'aime

Dominique Hasselmann a dit…

Le bleu du ciel peut rejoindre celui de l'océan...

arlettart a dit…

Et le sourire de la Mama , magnifique oeuvre d'une simplicité émouvante

jeandler a dit…

On accusera l'oreiller pour la panne.

annajouy a dit…

achab..c'est vraiment le personnage qui relève sans cesse le défi de vivre... on trouve ça dans Paumée oui oui

tanette2 a dit…

Une mamma accueillante, ...prête aux sourires et aux demandes à recevoir.. beaucoup d'enfants aimeraient en avoir une identique qui les attende au retour de l'école...