lundi, janvier 26, 2015

Mistral et Méditerranée

Les grands souffles rodant sur ma cour se sont réveillés au coeur de la nuit, me suis endormie dans leur musique brutale, elle m'a accueillie au réveil.
Leur opposer musiques, rester dans l'antre, se laver les cheveux, mettre en place les auteurs en D et en E, découvrir des oubliés, refaire, ou poser en travers, tenter de mettre en tas admissibles les livres en voyage, ayant laissé place...
le mistral a fait la sieste, j'en ai fait autant
il s'est réveillé presque mollement à l'heure du thé, l'ai laissé faire, ai picoré lectures, ai entendu, parfois, souvent, écouté France Musique, cherché à me mettre à jour comme pouvais de la vie du monde
la nuit est venue, et je me suis contentée de recopier un ce serait publié chez les Cosaques des frontières http://lescosaquesdesfrontieres.com, un ce serait en résonance plus ou moins lâche avec mistral et Grèce.
Ce serait – 17 – la Méditerranée
Ce serait à Athènes, un jour gris de septembre, la vieille du retour, entrer dans le Musée archéologique, aux mortes et rigides colonnes germaniques, au fond d'un jardin, ce serait monter au premier étage, vers la céramique, les vases, ma délectation
Ce serait là en pénétrant dans les temps mycéniens, juste avant que les décors, après avoir perdu la couleur, deviennent géométriques, les vases crétois, les poulpes et cette grosse bulle de terre beige légèrement rosée enserrée par les brunes tentacules, la grâce étudiée de leurs jeux soulignés par les blanches ventouses, comme par une ganse.
Ce serait rester là les yeux dans les yeux qui s'ouvrent dans un petit cercle au milieu de la panse, ce serait leur sourire
Ce serait vouloir rêver que nous sommes face à face dans la fraîcheur de la mer, ce serait l'intelligence cachée derrière ce regard, ce serait mon sourire comme un cadeau de diplomate.
Ce serait la clarté de l'eau, son vert transparent sur le fond de sable, la douceur bleutée que prendraient les bras de l'animal.
Ce serait mon attirance et ma prudence instinctive.
Ce serait un peu plus loin les pierres brunes d'une jetée, et au dessus de tout le ciel bleu profond du mitan du jour.
Ce serait la plage, mon couffin, un livre, des tomates... mais je resterais là et si elle ne m'avait pas quittée, sans même un salut, je serais restée là, dans le bonheur d'être une petite partie de cette mer que n'aurais jamais voulu quitter.
La mer nôtre, qui recèle parmi ses îles celle où je suis née, la mer nôtre celle qui coulait dans les veines de mon père, qu'il a promenée, muette, sur toutes les mers, tous les océans.

6 commentaires:

annajouy a dit…

continentale, pays de montagnes..et pourtant toujours ce vieux désir de mer...

brigitte celerier a dit…

comme le dit Melville au début de Moby Dick

Dominique Hasselmann a dit…

La Grèce, reprenant peut-être un flot plus assuré...

arlettart a dit…

Et aussitôt que l'on s'en éloigne une sorte d'étouffement du coeur

Bonheur d'une journée à vaquer je dirais même à trainer

brigitte celerier a dit…

cela va nécessiter grande adresse pour le navigateur

jeandler a dit…

Quand le Mistrau ronfle, on doit mal dormir.