samedi, janvier 24, 2015

Début de nuit à Utopia


journée dans l'antre, petites tâches ménagères, écouter le vent, bloquer porte fenêtre qui ne veut rester close,
et partir vers 20 heures, dans la nuit d'hiver, monter vers le palais, le contourner, arcboutée contre le mistral qui aime tant la rue Peyrolerie, 
aller à Utopia, où même l'évêque, ou cardinal, peut être saint, du hall s'emmaillote pour l'hiver, assister à la projection de fragments d'une Palestine perdue de Norma Marcos, en la présence de la réalisatrice,
film qui n'a été programmé que dans quelques festivals en France (davantage vu à l'étranger semble-t-il), présenté ainsi sur le site d'Utopia (d'où provient la photo)
« J’ai un passeport français depuis 1988. Jusqu’en 2005, je n’avais jamais eu de problème pour me rendre en Palestine. Mais cette année-là, lorsque je suis arrivée à l’aéroport Ben Gourion, on m’a dit que je ne pouvais pas rentrer sur le territoire car j’étais d’origine palestinienne. Les autorités israéliennes ne reconnaissaient pas ma nationalité française. Quatre ans plus tard, en 2009, ma mère, qui réside toujours en Palestine, est tombée gravement malade. Les autorités israéliennes m’ont alors laissée rentrer sur le territoire par l’aéroport Ben Gourion pour des raisons humanitaires. Durant mon séjour, lorsque ma mère se reposait, j’ai décidé de sortir pour filmer des fragments de vie quotidienne. [...]
«Je ne pouvais pas rester les bras croisés. Le principal objectif du film est de montrer que les Palestiniens sont là, qu’ils essaient de vivre normalement
et qu’il ne faut pas les oublier. J’ai voulu aller au-delà du conflit pour montrer d’autres horizons que la confrontation et l’oppression. » et c'est une construction, poétique, en mosaïque, en fragments, ponctuée de citations de Cioran, la famille palestinienne et chrétienne de Bethléem, Yara la nièce adolescente sa vivacité et sa colère, l'élection des déléguées de classe avec grands rires, tension, et charme, la nageuse qui a participé aux jeux olympiques, l'eau rationnée, l'amie israélienne qui me rappelle un peu Mia Farrow, joliment humaine, et ses très belles toiles et carnets de croquis, le mur, les blagues d'un après dîner, caricatures de la vie qu'on leur vole, la vitalité, l'occupation, un tronc d'olivier qui devrait être l'ancêtre de tous les troncs d'olivier, les autorisations pour tout, les troncs des dattiers, les fruits etc.. 
des musiciens, des poèmes de Darwich, et l'ami qui l'accompagne, que l'on voit chercher à prendre une douche, et surtout dessiner, peindre.. les matériaux, les teintes devant formes que j'aimais tant voir naître sur les papiers que je me suis précipitée en rentrant pour vérifier son nom, Stéphane Rossi, et que j'ai piqué cette oeuvre qui s'apparente à son travail dans le film sur http://www.arcadja.com/auctions/fr/rossi_stéphane/artiste/351772/
En apéritif un court métrage de la même cinéaste Whadon (seuls) http://www.originefilms.fr/cinema/production/catalogue-45/article/wahdon-seuls
J'ai vu sur Afrique Asie que Norma Marcos a écrit un livre, publié chez Riveneuve Editions, Le désespoir voilé – femmes et féministes de Palestine et même si j'ai pile de livres en attente, rangement problématique puisque quoique je fasse une bonne trentaine ne trouvera pas place, et finances en restriction, vais tenter de le trouver.
Et puis, ensuite, dans la salle attentive et muette, quelques questions d'une rare indigence  (et Brigetoun réagissant trop faiblement, sans doute presque exprès, pour ne pas se sentir stupide…)
et un retour cramponné contre les rafales juste un peu trop coléreuses pour mon goût, en longeant les murs, 
jusqu'à la paix de mon coin de rue.

7 commentaires:

Dominique Hasselmann a dit…

Cioran, Coran... sans doute une confrontation en creux...

brigitte celerier a dit…

parce que pour lui la vie le monde sont fragments

arlettart a dit…

Espère que tu avais mis des cailloux dans tes poches

jeandler a dit…

Curieux comme le vent aime certaines rues. Les prendre de dos et courber l'échine.

brigitte celerier a dit…

Arlette j'ai pris du poids, enfin un peu, et l'était pas du tonnerre de Dieu le mistral, mais bien fort tout de même (et là j'ai l'entendions d'aller en tout début d'après midi au bout de la rue des Teinturiers, carcasse rouspète déjà)

Pierre oui, surtout les rues très très encaissées, étroites et dans le sens du vent, il adore

annaj a dit…

..ce si grand appétit de voir d'entendre et ..de partager. merci!

brigitte celerier a dit…

et voilà que ma honte des abandons d'aujourd'hui augmente