jeudi, janvier 08, 2015

Juste ça

Je revenais, un peu après midi, avec faim et photos de ma matinée et j'ai lu ou entendu je ne sais plus quelle phrase qui m'a fait penser à une très mauvaise plaisanterie, et puis non... et, comme tous, suis restée stoppée, dans le vide, la sidération
écouté France Culture en faisant la cuisine, suivi le live du Monde, et il y avait les détonations et le calme relatif du départ de ces hommes, après la mort du policier, achevé à terre,  il y avait celui qui se penche, ramasse quelque chose, monte posément dans la voiture, le départ sage de celle-ci, une incroyable quasi-normalité
une vidéo qui a été désactivée (à cause du policier je pense) - impressionnante
un effroi, les noms qui venaient rendre plus réels ces morts, l'écoute un moment d'iTélé, et puis arrêter puisqu'ils n'avaient rien à dire et que par moment le remplissage devenait grotesque, les prises de position obligées de tous les hommes politiques, 
lire le Canard enchaîné, y trouver le dernier dessin de Cabu
et penser aux suites, au moment où les paroles maitrisées commenceront à déraper, aux musulmans, à cette imbécile islamophobie qui nous infectait déjà.
et puis aller, un peu stupidement je l'avoue, mais c'était si évident, à 18 heures, place de l'horloge puisque mon camarade et ami Amine el Khatmi, maire des quartiers nord, signalait qu'un rassemblement était prévu
une petite foule (pas si petite, loin de là, pour une improvisation), une longue méditation silencieuse, des têtes connues et des saluts discrets,
deux airs joués par des élèves du conservatoire (j'ai supposé que l'idée venait d'eux ou de leur professeur) – redescendre vers l'antre en ayant froid
et remettre à demain mon petit journal du jour

9 commentaires:

Dominique Hasselmann a dit…

Une journée d'effroi, le ciel demeure dans sa course du noir au bleu.

brigitte celerier a dit…

merci
et merci surtout pour votre bille qui dit si parfaitement ce que j'ai pensé
https://hadominique75.wordpress.com/2015/01/08/dans-la-nuit-de-la-pensee/

arlettart a dit…

Tentation d'un écran noir ...
Sidération

jeandler a dit…

Le journal, le tien, et tous les autres comme chacun de nous, en deuil.

mémoire du silence a dit…

Un éclat d'obus dans la poitrine, plus de 40 ans partagés avec leurs plumes, leurs crayons, leur humour, leur amour de la vraie vie : la liberté.
Je les aime, j'aime Charlie.
Le grand Duduche l'éternel adolescent.
Une grande tristesse, et il faut continuer encore et encore la voix de Charlie.

brigitte celerier a dit…

moi je ne raffolais pas de Charlie
mais suis en deuil

wanatoctoumi a dit…

Pour regarder devant, le plus gros obstacle, c’est la confusion des idées, le mélange des sensations : c’est la difficulté à dire les choses sans avoir le sentiment de se tromper.

Gérard a dit…

Triste devant l’horreur, je me garde de dire des banalités. Suis solidaire, je suis Charlie.

annajouy a dit…

solidaire oui, partage de l'épreuve, soucis et questions
impuissance du faire puissance du dire parfois