lundi, mars 23, 2015

en grise humidité

Partir, couffin en main, vers le bureau de vote... trouver en chemin un froid que n'avait pas prévu le petit veston de velours qui suffisait ces derniers jours... sentir vieille douleur revenir, discrète, puis de moins en moins...
rencontrer en sortant mes deux éditeurs avignonnais préférés, tout aussi gelés que moi, tout aussi pleins d'enthousiasme - évoquer la machine à perdre qu'est la gauche en notre ville (même si elle a tout de même eu la prudence d'être unie), partager nos craintes pour les associations, poursuivre nos chemins.
Sur le mien, tentant de coller sur mon visage un sourire qui ne soit pas grimace, cueillir – sont très approximativement réels, mais n'avais guère mieux, et d'ailleurs me plaisaient ainsi – une guêpe, un palmier, un rêve de chaleur
et d'élan. 
Halles en effervescence, en gaité, et en bénévolence – soutenue par un commerçant au moment où douleur brusquement et passagèrement virulente me faisait chanceler – laisser libre cours à ma gourmandise, au goût des couleurs, à l'idée des saveurs.... un peu trop me dit ma raison, mais juste un peu me dit ma faiblesse,
et m'en retourner, émergeant peu à peu de ma mauvaise passe, toute contente d'avoir trouvé chez une charmante boulangère de belles oreillettes à l'ancienne, une nostalgie de mon enfance qui rodait en moi ces jours ci.
Jour un peu cotonneux – coupure de courant – cinq minutes maladroites pour le rétablir –inquiétude pour mon sénile cumulus, espoir de ne pas avoir à choisir entre abstention avec le sentiment de culpabilité qui en résulterait et choix entre UMP et divers droite poreux ou FN-ex UMP la semaine prochaine. (PS à 23h30 en fait le vert est en tête, on verra quel est le comportement des électeurs de droite classique)
Thé, oreillette, musique, carreaux humides, grande étole de laine d'un gris si doux qu'il me réconcilie avec cette couleur..
Paumée se recroqueville, le silence est en bonne voie.

6 commentaires:

Dominique Hasselmann a dit…

Ici, à Paris, on semble se préoccuper plus de la pollution automobile que de celle, politique, qui arrose de bleu marine l'ensemble des départements...

annajouy a dit…

les élections pour moi aussi cette confrontation permanente à perdre sa voix...jamais assez forte pour se faire entendre

brigitte celerier a dit…

Paris ne votait pas, Paris ne vit pas comme le Vaucluse le fait de se dire qu'une personne sur deux ou plus que l'on croise et à qui on parle vote pour le FN
Anna peut importe notre voix, ce qui compte c'est le dégât dans la vie quotidienne des plus pauvres

arlettart a dit…

Et le Var ??? AIE!!

brigitte celerier a dit…

oui comme toujours, mon beau sud en V
une différence : ici 'UMP et l'UDI sont ratiboisés

jeandler a dit…

Pollutions en tout genre, la vie polluée à l'image de cette porte en déshérence.