lundi, mars 16, 2015

Musique pour finir la semaine, bis

comme dimanche dernier

mais ce fut jour de ciel pleurant, d'humidité fraiche, et jour de carcasse primant sur tout (juste lire un peu des blogs le matin avant hébétude, se laver les cheveux sans recourir à l'eau du ciel, chercher et réserver, un toit rue Tiquetonne pour trois jours à Paris en juin, celui loué pour le rêve, exclusivement, en novembre dernier n'étant pas libre)
fin de semaine en musique, en jeunes interprètes, mais ce ne fut pas claveciniste consacré et Bach à l'Oratoire, mais quatre très jeunes chanteurs à l'Opéra.
Julie Prola http://www.julieprola.net (pour l'entendre chanter Mozart, Poulenc, Richard Strauss et pour voir deux vidéos) – jeune, soprano éclatant (mais tendance à être trop dans la puissance, et alors qu'elle a une fort jolie voix, dérapant parfois en sirène du moins à mes yeux, suis loin d'être bon juge) plus sculpturale qu'actrice, grande, large d'épaules, écrasant un rien les deux hommes
Ambroisine Bré http://www.ouest-france.fr/ambroisine-bre-prepare-une-carriere-de-chanteuse-2812406 mezzo-soprano voix qui manque encore un peu de velouté dans le grave, un peu, chant intelligent et jeu assorti, malice et charme – que j'ai spécialement aimée dans Rossini
Jérémie Schütz http://www.lejsl.com/actualite/2014/11/16/jeremie-schutz-a-etudie-la-musique-a-l-hemu-de-lausanne-ou-il-a-obtenu-son-bachelor-en-2013 ténor, amorce de banane, grimace anticipée au début donné en puissance, mais, ma foi, moi qui crains
le plus souvent les ténors, ou ne les aime franchement pas, j'ai été séduite – sans doute celui qui jouait le mieux de son chant, moins de son corps
Laurent Deleuil http://www.forumopera.com/spectacle/une-mauvaise-reputation-usurpee et, pour l'entendre dans la finta giardiniera https://www.youtube.com/watch?v=nHQiCM0-oh4 – baryton pour lequel voudrais reprendre ce que je pensais d'Ambroisine Bré, voix encore un peu jeune, aisance, et une jolie façon de jouer de son corps un peu frêle sous le visage barbu et moustachu.
Un piano à gauche en biais sur lequel sont posés un chandelier, quelques feuilles de papier et une plume, un guéridon rond recouvert d'un tapis rouge et deux chaises second empire au premier plan gauche, deux crapauds rouge sombre au fond gauche, un canapé doré et rouge second empire au fond droite, et tout au fond, une rangée de chaises dans l'ouverture des rideaux rouges.. une ébauche de mise en scène gentiment comique pour enchaîner entre les airs et guider le jeu des chanteurs
Laurent Deleuil traversant le public en chantant (avec un joli brio) le prologue des Mamelles de Tirésias de Poulenc pour ouvrir
et un joli programme : Mozart (2 airs des Noces, Ambroisine Bré un peu décevante en Chérubin avant de prendre assurance plus tard et trois de Cosi) – Verdi (un air de la Traviata et au bout de deux minutes découverte que j'aimais le chant de Jérémie Schültz) – Bellini (un air de Giuletta dans I Capuletti et I Montecchi) – Puccini (Rodolfo de La Bohème) – Gounod (quatre airs de Roméo et Juliette) – Rossini, le meilleur moment pour moi (Il Barbieri di Siviglia Rosina/Ambroisine Bré et Dunque io son.. duo Ambroisine Bré/Laurent Deleuil – Julie Prola dans un air des Pêcheurs de perles de Bizet qui lui allait bien – Jérémie Schültz en Chevalier Des Grieux pour Manon – duo des deux chanteuses pour la barcarolle Belle nuit, ô nuit d'amour.. des Contes d'Hoffmann d'Offenbach – une très bonne interprétation de l'air du prince dans le pays du sourire de Lehar par Jérémie Schultz
salut, second salut
et les quatre chanteurs reprennent sur scène la nuit d'amour et descendent dans la salle pour faire danser un peu langoureusement un partenaire pris dans le public, non sans difficulté puisqu'il était majoritairement, comme souvent un dimanche après midi, d'un certain âge et, au parterre (spectacle gratuit sur inscriptions et pour les abonnés, les places étant attribuées par le théâtre) très majoritairement du 4ème âge ou davantage..
nouveau salut - public ravi
et Brigetoun, partant dans les premiers en oubliant son parapluie, obligée de remonter la foule à contre courant et prise dans la bousculade du déploiement des abris 
en sortant et faisant une pause pour allumer son cigare.
Agréable moment.. mais me sens toujours un rien oiseuse tendance noiseuse.

6 commentaires:

annajouy a dit…

Ah! oui... j'oubliais que dans tant d'activités on pouvait se sentir oiseuse! ;-)

Dominique Hasselmann a dit…

Musique de fin de semaine : toujours agréable !!!

brigitte celerier a dit…

Dominique, très appréciée par les petits vieux

jeandler a dit…

Chantons sous la pluie. C'est juste.

brigitte celerier a dit…

heureusement ne l'avons pas appliqué à la lettre, ou du moins avons écouté à l'abri

arlettart a dit…

Instants volés à la béatitude d'un cocon douillet
Cela en valait la peine il me semble
en écho !!!