jeudi, avril 02, 2015

Danse pour conclure petits déboires


battre mes records de lenteur pour changer une housse de couette, avec l'habituel fou rire nerveux 
remplacer une ampoule, constater que la réserve est quasiment vide, et m'en aller dans un mistralou joueur en quête infructueuse (Carrefours fermés, ampoules absentes dans deux boutiques, suis revenue avec un pantalon rouge)... renoncer à trop long trajet sans résultat certain – retour à l'antre – en passant l'aspirateur, faire tomber et exploser la dernière ampoule à gros culot, créant une ambiance de grande intimité.
Ramasser les gravats du jour, et après cette journée de petits déboires sans gravité, monter vers l'opéra, grimper au troisième balcon, mettre petite note âgée au milieu de la jeunesse, et assister, puisque cela faisait partie de mon abonnement, au spectacle donné par le L.A.Danse Project
avec
Morgan's last chug – chorégraphie d'Emmanuel Gat – montage de passages de la suite française n°1 de Bach, de la Musique funèbre pour la Reine Marie de Purcell et de phrases de «la dernière bande» de Beckett lues Jim Norton - cinq danseurs affutés, esthétique, Brigetoun aime bien, trouve cela d'une gratuité totale, léger ennui, intérêt s'éveillant avec l'apparition d'une certaine géométrie dans les déplacements
premier des deux entractes pendant lequel ai lu que ce que je venais de voir se voulait une étude sur le temps fragmenté.. oui, peut-être, n'ai pas été sensible, trouvé surtout que chaque variation, ça j'avais vu, était en elle même un peu affadie par une trop grande retenue, donnait un sentiment d'inabouti (certains mouvements semblent avoir intention comique, légèrement parodique, mais si légèrement - pourtant je n'aime guère ce qui appuie trop - qu'il ne reste que le regret)
plaisir plus net avec les deux pièces suivantes, les plus récentes, si j'ai bien compris, de Benjamin Millepied
Réflexions sur une musique de David Lang – le commanditaire, ou partenaire étant Van Cleef & Arpels, la danse se veut éclats, facettes – séparées par des retours au noir – un beau pas de deux, une danse énergique, des groupes... etc.. et, en faisant abstraction des applaudissements qui marquaient trop les césures, le plaisir de ces enchaînements, et quelques moments très aboutis
Hearts and arrows sur une musique de Philip Glass, le second des trois volets de l'ensemble prévu en collaboration avec Van Cleef.. la même succession, avec cette fois presque uniquement des ensembles de danseurs, et l'énergie que donne l'avancement toujours recommencé, mais jamais totalement semblable, de la musique de Glass 
curiosité, plaisir, admiration des élèves danseurs de tous âges, de la bande juvénile dans laquelle j'étais incrustée (ce qui m'a aidé à supporter les entractes) 
applaudissements de la salle comble et retour vers l'antre contre petit mistral

11 commentaires:

annajouy a dit…

à mon avis, une journée enluminée...j'aime vivre tout ça "derrière vous"

Dominique Hasselmann a dit…

La musique de Glass peut s'accommoder de n'importe quel ballet (souvent redondant... ou répétitif) car elles les dépasse en hauteur.

J'aime bien votre photo finale, ce contrepoint mis en scène.

brigitte celerier a dit…

je ne sais pas si ce que j'ai préféré n'était pas le public

pascale a dit…

Aime beaucoup l'avant dernière photo, on dirait des personnages en pâte à modeler avec l'acrobate musclé (3 ème à partir de gauche) et la timide danseuse (à droite)

brigitte celerier a dit…

bien vu ..
le musclé était aussi le plus petit
le meilleur danseur était le plus haut
pour la danse je vais toujours en haut pour l'ambiance et pour mieux saisir l'occupation du plateau

jeandler a dit…

Le mistralou n'est d'aucune aide pour changer la housse de couette.

brigitte celerier a dit…

serait plutôt une gêne, heureusement il reste à l'extérieur

arlettart a dit…

Du rouge pantalon remplaçant les ampoules au rideau de scène
Une flamboyante soirée juvénile

brigitte celerier a dit…

d'autant que le pantalon vient du rayon garçonnet de Monoprix (12 ans)

pascale a dit…

Pile ce qu'il faut pour un nuage... et poil pour la couleur!

Marie-Christine Grimard a dit…

J'aime les prémices de la belle saison en Avignon, et le sourire du danseur heureux de ce qu'il vient de donner !