vendredi, avril 10, 2015

Lumière sur monde précarisé

Matin ciel bleu, lumière grande, air qui se dégourdit,

et moi, très moyennement à la hauteur, bougonne, sans envie de rien, floue, absente, en chipotant sur internet je tombe, chez Acrimed, sur http://www.acrimed.org/article4631.html Paroles de grévistes à Radio-France, me réveille, y trouve autre chose que la déploration sur l'absence des journaux du matin, ce qui n'est pas à mes yeux le plus indispensable (surtout pas celui de France inter qui sert plutôt à me fouetter le sang et à me faire sauter hors du lit, avec un semblant d'énergie née de l'agacement ou la colère), aime faire des choses belles, c’est un héritage. Je ne suis pas sûre qu’ils voudraient qu’on fasse des choses belles. Ils voudraient que l’on fasse simplement de la radio. Ce sont des comptables, et puis, en cliquant sur un lien, passe sur le meilleur des ondes https://soundcloud.com/lemeilleur-desondes - les captations de réunion, montages, fait par des membres de l'intersyndicale - écoute, intéressée, séduite par la multiplicité des voix, des timbres, par l'ironie et la musique de certains montages, très faible écho, mais écho tout de même, de ce que j'aime sur France Culture, ce son différent (quand c'est encore là, parce que cela disparaît un rien cette recherche, comme a disparu la poésie, et presque disparu la littérature hors ce que l'on trouve dans tous les suppléments littéraires des journaux)... intéressée par les éclairages sur les différents métiers (hors les journalistes, du moins ceux des journaux du matin, les princes non concernés), grinçant en entendant l'incompréhension totale de l'équipe de management.. 
et, comme le sac de linge est prêt, je mets en sommeil cette bande son pour la reprendre dans l'après midi et m'en vais dans la ville, pour trouver splendeur de la lumière et traces de plus en plus évidentes d'une probable grève du ramassage des ordures..
Rentrer avec linge propre, et repartir,
rencontrant travaux,
rencontrant ce qui me semble être un lit précaire..
au devant des syndicalistes manifestant contre l'austérité, les suivre un peu, discuter surtout, puisque, en fait, ce qui est à l'origine, ou devrait l'être à mon humble avis, de la colère, ce n'est pas l'austérité mais le démantèlement de toutes les protections, le mensonge des mots, l'organisation de la précarité, au nom de la modernité, puisque nos jeunes seigneurs (le dédain de Macron quand il ne se surveillait pas, en parlant à un député communiste) décident, sont persuadés, qu'il est archaïque, et coupable, de s'attacher aux conquêtes qu'ils nomment privilèges (puisqu'il est évident que la distorsion entre leurs revenus et les salaires de la base, celle qu'à Radio France on met au sous-sol, et le pouvoir qu'ils ont sur des gens fiers de ces métiers qu'ils ignorent, ne sont pas privilèges..).
Pauvres idiots passéistes, qui renâclent à tout sacrifier à ce mot magique : modernité (qui est maintenant presque interchangeable avec cet autre merveille : flexibilité), ceux qui se rebellent (malheureusement c'est voté en première lecture et le sera en seconde, quitte à brusquer avec le 49-3) contre ce que les journalistes n'ont pas dit – trop compliqué, bien entendu, et pas sexy, comme la merveilleuse loi au tristement comique nom de «maintien dans l'emploi» -
par exemple, la possibilité de remplacer le contrat de travail par un contrat «civil» (sans protection) de gré à gré, puisque, bien entendu, employeur et demandeur d'emploi discutent d'égal à égal,
l'incertitude sur le doublement du salaire en cas d'absence d'un accord collectif pour le travail lors des 52 (maintenant) dimanches du Préfet hors zones touristiques (pour ces dernières, aucune compensation, pas plus que dans les 52 dimanches des Ministres dans les gares qui bénéficient d'une affluence exceptionnelle dont nul ne sait comment elle sera estimée),
la nouvelle notion de travail en soirée (le travail de nuit et les garanties et contre-parties que cela comporte, commençant à minuit),
la possibilité plus grande en cas de litige de sauter la conciliation aux prudhommes en faveur d'un jugement,
comme le non contrôle de licenciement s'il est de moins de dix salariés (suffira de faire des paquets),
les nouvelles dispenses de l'obligation d'employer des travailleurs handicapés,
les dérogations qualifiées de souples aux interdictions concernant le travail des mineurs,
etc... liste très très longue (http://www.democratie-socialisme.fr/spip.php?rubrique78), mais j'arrête là, faute de la décision ferme de tuer «paumée».
Liste qui n'est qu'une partie de ce que demande les crânes gelés de l'Europe, comme ils l'ont fait pour les autres pays que nous n'avons pas soutenus.

7 commentaires:

Dominique Hasselmann a dit…

Vous avez bien fait de mettre un lien vers le blog de Gérard Filoche, entendu hier... à France Inter vers 13 h 15 et qui ose - ce qui est de plus en plus rare - une parole énergique, courroucée, contre ce Macron qui a souhaité un jour que "tous les jeunes rêvent de devenir milliardaires".

brigitte celerier a dit…

il y a longtemps qu'il ose.. et qu'il milite en réunions dans toute la France
avec deux handicaps : pour les coucous logés dans PS (Valls et suiveurs au ventre mou) il est un élément de folklore
pour Mélenchon et les siens il est l'ennemi parce que non raliable

pascale a dit…

Une bien jolie carmagnole sous le pont d'Avignon, merci pour toutes les informations.

arlettart a dit…

Merci Brigitte d'exprimer ainsi ce chaos organisé ou désorganisé qui surgit de toutes parts

brigitte celerier a dit…

si seulement c'était le chaos, c'est une feuille de route méticuleusement suivie, avec juste des tentatives sans espoir d'y résister

pascale a dit…

Les tentatives c'est la vie, et " tant qu'y a d'la vie...." enfin c'est ce qu'on dit.

Gérard a dit…

..de quoi être démoralisé, rien n'avance, tout fiche le camp..on nous ronge.