vendredi, avril 24, 2015

Rencontres


sous un temps qu'au réveil je croyais hésitant, qui était, un peu plus tard, dans la rue, tout à la victoire de la lumière s'installant dans une tiédeur douce, m'en suis allée 
sur dalles éblouissantes, dans la tendresse verte des jeunes feuilles en frissonnement déjà foisonnant sur les platanes, mais encore dentelle claire sur le micocoulier, envoyer le doublon de l'ami Farigoule vers le nord, et acheter la Marseillaise pendant qu'elle survit.
Et puis suis redescendue vers l'antre, m'installer, évoquer comme peux, brièvement, le plaisir de la rencontre, ou plutôt des retrouvailles, en meilleure connaissance, avec Farigoule Bastard au beau surnom (pour les gens du nord, la farigoule c'est notre thym) – Farigoule Bastard donc, qu'avais connu dans ses passages au Convoi des glossolales http://leconvoidesglossolales.blogspot.fr (on retrouve la structure en paragraphes dans les passages les plus narratifs du livre), dont j'avais cueilli des traces chez son auteur Benoît Vincent http://www.amboilati.org/chantier/publications/farigoule-bastard/, dont de récents billets sur remue.net m'ont fait goûter la naissance http://remue.net/spip.php?article7422 et http://remue.net/spip.php?article7454
Farigoule Bastard surtout qui est contact avec un territoire si beau qu'il est devenu, dans son déversement en plaine - on en trouve trace dans le texte -, terre d'élection de gens d'argent – mais Farigoule, l'ami Picris, et la vieille aussi (ai un petit faible pour elle, la vieille amoureuse et guerrière - elle qui connait les noms des plantes en deux ou trois langues et reconnaît les arbres à leur tronc, à leur ombre ou à leur odeur. Elle qui observe les oiseaux dans la nuit. Elle qu parle aux pipistrelles et marche sans peur aux bestes -, même si l'évocation de la jeune Celle est belle – Je ne ferai pas cas de la lumière, qui n'existe que parce que tu lui donnes du grain.).. mais Farigoule donc, et Picris, et la vieille aussi sont issus, porteurs, de la vérité splendide et rude de cette terre montagneuse.
Née des paysages, âpres et graveleux, la langue est très singulière, tant dans son lexique que dans sa syntaxe, et avec un peu d'imagination, on pourrait dire que la phrase porte l'homme comme une garrigue ou une marne, comme ces collines de calcaires secs et déchirés, comme une fidélité, comme une déclaration. (avertissement signé les auteurs)
Farigoule Bastard dont le récit respecte la complexité – ce qu'une litanie longue, malicieuse, sérieuse, tente de - et ne peut - dire
.. Farigoule Bastard est le premier récit d'affirmation du vide
Farigoule Bastard est le premier récit d'adaptation du paysage
Farigoule Bastard est le premier récit au naturel
Farigoule Bastard est le premier récit sur son lit d'escarres...
Farigoule Bastard qui est le personnage d'un livre qui change de formes
Farigoule Bastard qui part en voyage à Paris, en réponse à une invitation
Farigoule Bastard qui part à pied, avec la mule, faisant ses adieux aux amis, aux odeurs, aux arbres, pour descendre à travers les buissons, les genêts les bugranes, les grandes herves dorées les carlines les cardes, les pincelles qui éventent, les rochers gréseux qui dégringolent vers le monde vulgaire, bavard et plat... leur crau à eux, ce grand organe étique, épineux... étalé jusqu'au grand fleuve.
Et pour tout le reste que n'ai pas effleuré - sais pas et suis trop longue - devriez aller y voir (chez Le nouvel Attila).
En fin d'après midi, ce fut la rencontre d'une «amie Facebook» et de sa fille, une vie riche effleurée, une grande gentillesse, et un café en bordure de place..
Redescendre, arroser, et m'en suis allée, en début de soirée, quand la lumière se fane, vers le théâtre des halles, à la rencontre du dernier spectacle d'Alain Timàr, une pièce de Pierre Notte, Pédagogies de l'échec,
Mais là, maintenant, en rentrant, même si ne vais pas être capable d'en dire grand chose, je décide de remettre cela à demain, peut-être... juste, c'est bon.

3 commentaires:

Dominique Hasselmann a dit…

Farigoule Bastard représente tout un programme...

brigitte celerier a dit…

zut j'ai supprimé sans le couloir le commentaire d'Arlette

Avec un titre pareil!!!" Pédagogies de l'échec"!!
Salut à Farigoule et le sourire revient, doucettement comme tu dis souvent

brigitte celerier a dit…

mais l'histoire de Farigoule est plutôt dramatique