jeudi, juin 11, 2015

J'ai rencontré


sur les remparts et le Rhône, un ciel de pierre bleue, promesse tenue par un petit bain de chaleur dans la cour vers treize heures
sur la ville une promesse sombre, tenue par un très fort orage vers quatorze heures, avec langue d'eau tentant de pénétrer dans l'antre (repoussé par mon regard, la fuite découverte au petit matin dans la salle de bains me suffisant),
des débris de siècles,
des instruments de torture violemment colorés,
une vie en chemin,
une désolation remplaçant un coin de campagne familier dont je voulais avec conviction ignorer l'artifice,
des bintjes de fin de saison, en fin de vie, et de la morue (parce que c'était ce que venais chercher),
le plaisir d'un rouget,
un être recroquevillé sous les injures,
et un tronc frileux que le vent a malmené
Puis, m'en suis revenue vers la connexion revenue (morte entre quatre et presque dix heures du matin)
avec les dernières bintjes, un bout de morue, un rouget et deux poires,
un bidule affreux pour me blottir dedans au crépuscule comme le tronc dans sa chaussette
une bouteille de bon Porto
un billet pour Vélasquez (ah l'heureux temps où j'avais un coupe-file pour les expositions) avec faible espoir que la foule dans les salles ne me fera pas fuir, ce que ferais si des corps s'interposent entre moi et les tableaux ou si mes oreilles s'énervent
la simplicité candide d'un tee-shirt Petis Bateaux douze ans
le canard enchaîné
des serviettes en papier faussement damassées
un vague à l'âme stupide qui somnole doucement en moi
et pas de cigare (j'en avais)
quant à la connexion, elle a continué à faire des allers et retours, voulant sans doute me faciliter la décision de coupure...

7 commentaires:

Anonyme a dit…

après une journée un peu difficile (je me sent comme cet arbre mais sans la chaussette-sourire-)il est doux de vous lire. M-A

annajouy a dit…

vous ai bien suivi..juste quelques pas derrière, retard. promenade sur les chemins d'Avignon.

brigitte celerier a dit…

merci à vous deux
mais l'envie d'une déconnexion grandit (la machine devait le sentir)

arlettart a dit…

Comme un petit air de départ ... et courage pour Vélasquez
Tu raconteras

jeandler a dit…

Un voyage sans bagages
tout ouïe tout regard
en passant
rien qu'en passante.

brigitte celerier a dit…

Arlette j'espère qu'il ne me faudra pas de courage parce que dans ce cas je partirai, la Culture pesante j'aime pas (je ne parle pas de Velasquez, j'aime sa touche pour le peu que je connais de lui, mais du public)

Pierre malheureusement suis devenue de la race grande valise (du moins j'en ai une trop grande)

et pour paumée on verra, sa déliquescence me le rend pesant

Gérard a dit…

j'adore tes débris de siècles. pas de photo d'ici le 28 je suis sans connexion valable en Ardèche