samedi, juin 13, 2015

Pluie, plombier, paresse, donc ce serait

orage en début de nuit – pluie fine le matin et coup de téléphone du plombier annonçant son retard
teinturier, achat de mini pots de confiture pour la valise, retour sous pluie fine
attente en tentant de préparer un «ce serait» pour les cosaques, et vers quinze heures changement rapide d'un siphon... sourire
sortir dans une accalmie pour injurier ce sacré ciel qui inonde mes derniers jours et fera régner une chaleur sèche sur ma cour, anéantissant les quatre promesses de roses qui risquent d'être les seules, et calcinant mes pauvres chères petites plantes
injures suivies d'un déluge bien solidement installé, de bruits de tonnerre plus ou moins lointains, noyant en moi tout embryon d'idées. 
Envoyer ce qu'avais pu préparer et reprendre le dernier «ce serait» qu'ont abrité les cosaques http://lescosaquesdesfrontieres.com , même si n'en suis que très modérément satisfaite.
Ce serait – 30 – un dialogue
- Je suis à votre porte,
Messieurs, mon enfant a froid,
le tiens blotti contre moi,
entouré de mon voile,
mais c'est tissu trop léger,
et c'est inutilement
que je m'expose aux regards
qui glissent réprobateurs,
un peu, en passant, sur nous.
Je ne voudrais quémander,
mais pour lui je le ferai.
Voyez le, il est si beau,
si frêle, si démuni,
si lumineux quand sourit.
Si pouviez : juste un coupon,
un petit, chaud et laineux,
vêtement lui en ferai.
La fille chantait, doigts immobiles sur sa guitare, d'une voix haute et froide comme du cristal, un peu craintive, avec de brusques ruées presque jusqu'au cri, venant un peu au hasard sur inutilement ou frêle, ce qui ne laissaient de surprendre.
Elle a souri triomphalement, puis s'est penchée sur sa guitare, comme si elle se souvenait de son existence, et a commencé à tapoter la caisse, pendant que les gars, un pas en avant, un pas en arrière, un accord, guitares et voix, prenaient le relai
- Des linges nous en avons
mais, belle, sont bien trop chers
pour toi ou pour ton enfant,
d'ailleurs ne conviendraient pas
Ils sont pour des chairs douces,
tendres, comme la sienne,
mais sont bien trop fragiles,
oui trop, pour cet usage.
Charitablement, belle,
te conseillons, va plus loin,
au quartier populaire
tu dois trouver une aide,
un secours plus fraternel,
étoffes plus adaptées,
et peut-être du travail
pour les gagner, oui belle
passe ton chemin, va-t-en.
Et comme ceci est un peu neuneu, on dirait que la belle a calé le gosse sur sa hanche, et qu'elle s'en est allée après avoir tiré la langue aux marchands, faisant claquer ses pieds nus sur les dalles et chantonnant
- be cursed, you
sois malditos
siate damnato
blesmetat sã fil
maledictionis
akw en ixdaâ rebbi
soyez maudits
fools, tontos, sciocchi, prosti, stulti, abuhali, crétins...
be cursed, you

4 commentaires:

jeandler a dit…

Je suis l'plombier bier-bier-bier-bier
J'ai un beau métier
J'fais mon turbin bin-bin-bin-bin
Dans les salles de bains
Il faut qu'on m'implore
De l'aube à l'aurore
Je colmate les tuyaux
Je guéris tous les maux
De mon p'tit chalumeau

On m'attend pendant des mois
On me réclame on m'apitoie
Et on insiste à genoux
Venez donc chez nous venez donc chez nous
On m'appelle d'urgence au-dessus
On m'supplie de venir en-dessous
Y a des immeuble cossus
Sens dessus dessous
Sens dessous dessus
...
Pierre Perret

brigitte celerier a dit…

ma gratitude pour ton passage
me demande si vais emporter mon petit PC ou profiter de ce petit voyage pour déconnecter définitivement

fbon a dit…

dans les langues inventées de Panurge, puis quand Gargantua compisse les parisiens, même jeu sur le passage aux langues étrangères, curieux

brigitte celerier a dit…

inspiration ? ou réflexe éternel