samedi, juillet 25, 2015

Avignon – jour 21 – chercher calme doux – Dante et nous n'irons pas au paradis - orchestre des jeunes dans la nuit

Partir à pas d'heure (un peu avant neuf heures) dans la rue qui entre en chaleur (nous commençons à avoir un semblant de fraîcheur nocturne, un peu au dessus de 20°), qui installe son décor, vers la banque rapteuse, jambes tremblantes et sourire flottant (suis pas à la hauteur du mini-stess, vexant)
attendre qu'on s'occupe de moi, apprendre de la jeune caissière, aimable en l'absence de la petit-chef odieuse, que la carte a finalement été récupérée la veille et renvoyée à mon agence, 
partir un peu rassérénée et avec courte rage (en fait il semble que j'ai fait depuis deux mois trois erreurs, pas récentes, en saisissant mon code) vers ma banque qui bien entendu n'a pas reçu l'objet – se dire la récupérerai lundi, ai de quoi vivre jusque là, mais suis hors d'état de penser spectacle
et rentrer tout doux, de tuyau nettoyeur en tuyau nettoyeur, vers l'antre, se laver les cheveux, dormir…
Rester en dehors du festival mourant, en début d'après-midi : lecture journaux dans la cour et à l'ombre, et puis m'en aller vers seize heures vers le jardin des Halles, sentant,, même si les chaleurs excessives semblent vouloir nous quitter (34 ° disait ma machine), le soleil peser de nouveau lourdement sur moi.
Parce que théâtre des Halles est souvent signe de qualité, parce que Dante, j'avais pris dans les premiers jours un billet pour le spectacle de Serge Maggiani, nous n'irons pas ce soir au paradis
J'ai trouvé, en sortant de mon absence à tout de cette matinée, une
vidéo où il parle de son spectacle, et j'étais un peu inquiète de ce j'explique mais puisque les mots devraient être pour la plupart ceux de Dante...
Il commence par le dernier chant du Paradis, la prière de Bernard à la Vierge,
Vergine Madre, figlia tel tuo figlio
umile e alta più che creatura
humble et haute plus que créature,
terme arrêté d'un éternel conseil,
tu es celle qui a tant anobli
notre nature humaine, que son créateur
daigna se faire sa créature,
il parle de Dante, ou plutôt de l'Alighieri, de la familiarité de tout italien avec lui, il parle de son teint sombre preuve qu'il était revenu de l'enfer, il va parler de l'enfer et donc il commence par
nel mezo del camino di nostra vita... au milieu du chemin de notre vie, l'équivalent de longtemps je me suis couché de bonne heure dit-il.
Il parle de l'exil éternel de Dante.
Et revient à l'enfer que nous lisons au présent, un présent qui est avant l'écriture, un présent qui annonce la demande que Béatrice fera Dante d'écrire son voyage, à mi-chemin du Purgatoire... et c'est dit avec faconde (trouvais juste un peu que Dante lui-même ou ses mots, qu'il dit en italien et en français pour plaisir mien, étaient un peu trop rares dans cette façon de nous le rendre, peut-être parce que, ma foi, la clim, clim bricolée pour le chapiteau et la plus grande joie de la majorité des assistants, commençait, malgré mes efforts pour l'ignorer à m’oppresser, maldecrâner etc...)
Et, passé le premier damné
vidi e conobbi l'ombra di colui
je vis et reconnus l'ombre de celui-là
qui fit par lâcheté le grand refus, après qu'il ai, à nouveau, par un procédé qui m'agaçait un tantinet, pas seulement parce que cela appartient à la rhétorique d'un ancien président, interrogé la salle pour savoir qui était ce celui-là, et qu'il nous eut révélé que c'était le pauvre Célestin le saint-homme-pape-malgré-lui qui renonça à la papauté, effrayé par les manoeuvres du futur Boniface VIII (lequel le fit enfermer dans un couvent puis tuer) ennemi de Dante et, selon ce dernier de l'église, plus encore que Clément VI et son prédécesseur ne le seront de Pétrarque...
l'ai suivi avec plaisir dans l'enfer, en goûtant le voyage, seulement je me sentais de plus en plus mal dans ma peau, et me suis enfuie un quart d'heure avant la fin, laissant le bouchon de mon brumisateur dans le sac de ma voisine, comme souvenir..
et comme j'étais en rogne contre carcasse qui recommençait ses simagrées, comme il y a tant à voir - bon caché dans la multitude, ou bon qui me pose des problèmes de trajet, d'attente, de risque de ne pas accéder - dans la ville... ai décidé de rentrer dans l'antre - croisant un rêve de fraîcheur place de l'horloge - et de rêvasser avec mon exemplaire de l'Enfer qui me ramène toujours, un instant, contre un cyprès, au dessus de Sienne, devant la façade de Santa Maria dei Servi jusqu'à la tombée de la nuit.
quand je suis partie, sous ciel couvert, vers la cour du Lycée Saint-Joseph, écouter, après que quelques gouttes aient obligé à couvrir provisoirement les instruments, et que Vauzelles accompagné de Py et d'Emilie Delorme, directrice de l'Académie du Festival d'Aix-en-Provence, ait prononcé quelques mots appelant l'Europe à prendre ses responsabilités, l'orchestre des jeunes de la Méditerranée : 80 jeunes musiciens internationaux (Albanie, Algérie, Bulgarie, Chypre, Croatie, Egypte, Espagne, France, Grèce, Israël, Italie, Kosovo, Liban, Malte, Maroc, Monaco, Palestine, Portugal, Syrie, Tunie et Turquie) - Terre du milieu qui depuis la nuit des temps permet aux hommes et aux idées de circuler, la Méditerranée a un génie propre : relier. Malgré les guerres, les frontières de sa culture multidimensionnelle ont toujours été perméables aux bruits du monde) sous la direction de Carlo Rizzi, et avec le concours de Ying Fang, soprano - agrandissant ainsi démesurément notre mare nostrum - dans un programme mêlant musique romantique, et contemporaine
l'ouverture des Vêtres siciliennes de Verdi
le concerto pour orchestre d'Ana Sokolovic (Serbie) – qui m'a intéressée davantage qu'il ne me sédisait
et après un petit entracte la symphonie n°4 de Malher.
Sages saluts, et grands sourires échangés
Retour en côtoyant des îlots festifs rue des Teinturiers, rue Bonneterie (superbes photos d'ectoplasmes censurées) et sur ma place.. patates, morue, gorgonzola, dodo

6 commentaires:

brigitte celerier a dit…

je lasse, je lasse, ne pas lâcher, me soutenir moi-même

arlettart a dit…

Courage courage ...!!! fuyons!
Demain est un autre jour et d'autres aventures d'attendent

brigitte celerier a dit…

demain sera toujours festival (le in finit ce soir- le off demain et derrière il y a le jazz)

jeandler a dit…

Vivre (et le tenter) désencartée , c'est pas facile.
Bientôt, tatoué(e)s dès la naissance ou empucé(e)s !

brigitte celerier a dit…

m'est resté guichet et chèque pour espèces (avec possibilité de se limiter un peu au nécessaire ce qui ne saurait pas faire de mal… loyer proche)

Christine Simon a dit…

courage, Brigitte,
monday will be anotherday