dimanche, juillet 26, 2015

Avignon – jour 22 – les belges et Homère

Quelques jolis nuages sur la cour... tête levée je m'y accroche
la petite fleur blanche est déjà fanée
Je choisis de ne plus suivre internet, le mac me fatigue, et le sursaut de force s'en est allé hier après-midi, en même temps - que cela soit lié ou non - que le souffle de la clim sous le chapiteau des Halles.
Je décide (et ne le fait qu'en esprit) de jeter le billet pris pour un spectacle le 26 à 14 heures sous le même chapiteau, et m'en vais d'un pas hésitant, dans les rues qui ont retrouvé un calme impressionnant, dans une chaleur modérée qu'anime un léger vent (tout pour être en forme pourtant d'où petite rage intérieure) retrouver une dernière fois le jardin de la Vierge du Lycée Saint-Joseph (devient vraiment le centre de ma vie ce lycée cette année), 
- la longue attente dans le couloir avec forte envie de m'asseoir sur le sol.. mais n'ose, mes voisins sont trop jeunes, grands, forts, j'aurais honte -
la cour, et le plaisir de voir aujourd'hui la vigne vierge onduler comme une petite houle sous la poigne de petites rafales - pour trois spectacles regroupés sous le titre d'indiscipline, proposés par le festival XS (extra-small) du Théâtre national de Bruxelles, avec l'appui de la SACD France (comme les sujets à vif) et la SACD Belgique
Frozen (conception de Sophie Linsmaux et Aurelio Mergola, interprétation par Sophie Leso, chargée également de la mise en espace, et Aurelio Mergola. - les troisième travail en commun) – photo http://www.festival-avignon.com/fr/la-programmation/25-07-2015
Marta et Angus, (complet et tailleur sage et un peu étriqué et d'un gris clair qui est aussi neutre qu'un néant, lui visage blafard et cheveux blonds) comme d'habitude, déjeunent dans la cantine de leur entreprise. Mais aujourd'hui, entre deux bouchées, Marta se jette sur son collègue qui tente, à plusieurs reprises, de l'étrangler en retour. Que s'est-il passé entre 12h45 et 13h05 ? Pourquoi cette lutte bestiale ? Quelle étrange découverte a bien pu perturber leur repas ? (découverte sur un rayonnage d'un muscle rouge et palpitant, peur, attrait ou refus, dispute de ce morceau de chair palpitante, avec un grand soin dans les détails comme les miettes d'un sandwich qui donnent à Marcus un petit air de vampire)
un long moment pour remettre en état, admiré le brio de l'intervention presque d'avantage que la petite scène, le plateau et
saison 1 - épisode 1 – ce que le monte attend de nous c'est une histoire de Florence Minder
elle s'installe, annonce avec ironie sa performance et les soutiens qu'elle a recueillie, et se lance dans un récit, récit d'une touriste enlevée, dans la jungle, ce qui lui advient, ses réflexions, avec un humour crash
et, le plus court (j'avoue que, suis peut être trop éloignée de cet esprit, le précédent avec toute sa verve et ses petites audaces m'avait semblé un peu long, suis décidément plus du tout en forme), le meilleur à mes yeux, un petit régal,
la course du collectif Une Tribu (Alice Hebborn, Sarah Hebborn, Valentin Périlleux, Michel Villée) – photo sur le site du festival
un garçon, une fille, une machine à coudre, qui trace sur une longue bande un paysage de collines, et la silhouette d'un gros bourg, un texte et le parcours presque magique de deux minuscules cyclistes représentant la fin d'une course pour raconter l'histoire d'Eddy.
Héros de la région, il roulait à vélo depuis toujours. Les ouvriers de l'usine textile Ketel rejouent la disparition de leur coureur favori et questionnent sa fuite.
Eddy qui revient, grande marionnette émouvante, porté par un troisième participant... et qui a refusé ma photo du salut.
Un cachet de magnésium, un retour, hésitation en passant devant le roi René où un groupe entourait Samuel Churin au sortir de la dernière du contraire de l'amour (vu le 23) à retenir une place pour le 26, la dernière du spectacle qui se joue en alternance Primo Levi et Ferdinando Camon : conversations, ou le voyage d'Ulysse, et puis renoncement, suis vraiment plus à la hauteur
Retour gros déjeuner, grosse sieste, comme tous les jours, émerger comme peux comme tous les jours (sauf une très nette baisse de la température, qui malheureusement se combine avec la minceur de la bande ensoleillée au sol de ma cour, laquelle aura vraisemblablement disparu au milieu de la semaine prochaine)
Me gendarmer, parce que désir est là, tourner un peu lentement dans l'antre, sortir une robe aimée pour me mettre en condition 

et monter petite côte vers l'opéra (ai fait un heureux en offrant ma place au balcon près de la clim à un jeune homme contre son billet placement libre dans les parties hautes, et pour ressentir le moins possible le souffle froid, j'ai écouté la musique debout contre un mur) 
dans l'envie de découvrir Homériade un oratorio (la voix parlée remarquablement prise en charge par Robin Renucci) commandé par Olivier Py à Martin Romberg, qui a choisi, dans son adaptation avec Delphine Margau, de longs passages du beau poème de Dimitris Dimitriadis,
la voix d'Ulysse, la voix d'Ithaque, la voix d'Homère, pour le retour, le retour d'un Ulysse très différent de celui d'Homère, dans son questionnement à la fin de son aller-retour, héros fatigué qui ne retrouve rien qu'Ithaque, que l'amour d'Ithaque qui l'attendait, mais Ulysse qui, dans son rassemblement, retrouve la colère contre les terres auxquelles appartenir,
enterré maintenant
en elle
elle
le seul monstre...
et Ithaque contre laquelle tire, avec son arc celui qui ne voit ni sa femme, ni son père, ni les prétendants, lui Ulysse plein de haine
S'i n'y avait pas eu Ithaque
il n'y aurait pas eu Troie
Ulysse qui a disparu, laissant Ithaque
Et nous là
Là où nous sommes
Sérénité noire
Asphodèles sans fin
Silence nu
Vide glacé...
et Homère qui n'est rien, rien qu'un vieux corps, rien qu'une sagesse, rien que l'anonymat, et pourtant
D'innombrables. Je suis
sans que je sois aucun d'eux
Donner tous mes je suis
que tous soient pris par tous...
un piochage maladroit, en sortant, dans le texte ouvert sur mes genoux.
Et emportant cela, avec de longs intervalles de musique pure entre ces trois prises de parole, un flot tantôt calme comme une terre sous le soleil ou une mer étale, tantôt en fureur, avec le ruban oriental du cymbalum, courant tout du long.

Avignon se retrouvait, avec tout de même pas mal de festivaliers, retrouvait son orchestre, et j'ai retrouvé en sortant l'amie de passage dans nos murs.
Et puis lentement, parce qu'avais retrouvé un peu de pep, un peu d'envie de tel ou tel spectacle, mais que non cela suffisait nettement à petite vieille, m'en suis revenue vers l'antre. 

3 commentaires:

arlettart a dit…

La musique relance l'esprit des énergies...

brigitte celerier a dit…

merci

cassandrae a dit…

ah bonjour
Brigitte. c'est bon pour revenir chez toi a voir le festival. je devrais reculer un peu pour voir les autres postes qui me donne l'impression deter la.

ah sur le repas sanglant. cest drole mais triste en meme temps haha. ici a notre festival cetait plus triste que ca parceque personne riait. il y avait les bêtes que on mange pour admirer et un affiche qui disait on mange comme steak etc. mais cetait juste dans un pavillon. la foire etait le fun.

merci.
belle journee.