dimanche, août 16, 2015

Tiédeur, paresse et survol

Réveil sous ciel blanc, dans la fraîcheur un peu trop vite retrouvée
vaquer, tout doux, ronger le temps, voir un ciel de vierge sulpicienne transpercer la couverte 
et par la grâce des bonnes mères, un petit vent se lever et nous amener, pour flâner dans l'après-midi, un ciel plein d'imagination et une tiédeur vivifiée
Ne rien faire... penser Paumée, et repêcher – avais aimé l'écrire, à tort ou à raison – ma contribution au dictionnaire de l'étrange pour la 5ème proposition de l'atelier d'été de François Bon (allez y voir http://www.tierslivre.net/spip/spip.php?article4207 il y a trente et une entrées) 
photo de Christophe Raynaud de Lage retrouvée après coup, ce qui a entraîné quelques modifications, sur le site du festival (le Prince de Hombourg de Kleist dans la mise en scène de Giorgio Barberio Corsetti - juillet 2014)
Survol
devant moi, un peu au dessus de moi, quatre pattes démesurées, si longues que semblent à la recherche du sol, un galop lumineux emportant un corps tendu vers l'avant, et, flottant un peu au dessus, dans le prolongement de la course, énorme, une tête qui semble dissociée, jetée en tel élan qu'elle n'est plus que cou puissant surmonté d'une crinière échevelée par le vent du galop effréné, allant, sans presque que se dessine la tête ni même l'oeil, vers un naseau qui avale l'air au dessus de la grande plaie d'une bouche ouverte par l'effort du galop. Dans la nuit, une cavale de lumière, de mouvement, de pierres où s'estompent quelques fenêtres. Une image restée dans ma mémoire, mais j'avais oublié le petit être en uniforme improbable qui, assis à croupetons sur un grand espalier de bois, semble la chevaucher et rêverait de gloire, qui pour moi se rue hors de sa peur, se rue au delà d'une gloire vers le dégoût et la mort. Une cavale que je voyais voler au dessus d'un monde de vies méprisées, de guerres, de carnes éventrées qui viennent de chez Claude Simon, s'élançant vers une évasion impossible, et je posais sur son dos le cousin japonnais du roi Lear, dans la folie de son désespoir, plus profonde, totale, évidente que celle du prince de Hombourg, barbe blanche au vent, et couronne de fleurs tressées par son fou, maintenue sur sa tête par les longs cheveux enchevêtrés, semant derrière lui un petit nuage de pétales, et chantonnant une comptine à sa faiblesse, pour que lui reste son égarement, que recule son éclair de lucidité, son remords.

8 commentaires:

Arlette Arnaud a dit…

Cette " cavale " qui envahissait le fond de scène reste un émoi très fort d'ingéniosité ( même à Toulon en plus petit)
Belle série de Marie

brigitte celerier a dit…

on marche sous elles sans les voir tant sont nombreuses ici
merci de ton passage

tanette2 a dit…

Le ciel est souvent plein d'imagination en ce moment et la fraîcheur retrouvée est très agréable.

jeandler a dit…

Un été plein de contrastes.
Avignon reprend souffle
Pax in orbis.

brigitte celerier a dit…

Avignon était plein de gens tranquillement joyeux hier après midi

Dominique Hasselmann a dit…

Avignon sans "f" demeure estival...

brigitte celerier a dit…

un peu frisquet tout de même là, ce matin nous atteignons juste 20* à cette heure ci

Gérard a dit…

... un petit vent se lever et nous amener, pour flâner dans l'après-midi, un ciel plein d'imagination et une tiédeur vivifiée..
que j'aime cette phrase réconfortante.