mercredi, août 19, 2015

Velléités, donc ce serait

en me réveillant, en roulant hors du lit, ai réalisé que je devais abandonner mon projet pour ce jour - qui était de profiter du temps charmant, chaud sans trop, venté sans trop, pour sortir d'Avignon et aller enfin découvrir autre petite ville - parce que étions mardi jour de fermeture des musées, ai vérifié et c'était vrai
me suis lancée dans des nettoyages trop négligés, étais contente de moi, un rien moins du résultat parce que j'étais dans un de mes jours petites catastrophes, ai réparé couci-couça, suis allée acheter des yaourts pour voir le ciel et la danse des nuages, et le monde a tourné un tantinet trop autour de moi, mais c'était beau
ai ouvert le fichier des mauvaises photos prises l'autre jour chez Lambert, ai baissé les bras, trop à dire ou pas assez, ai pensé plusieurs jours; plus tard
ai relu la proposition de François Bon pour son atelier d'été http://www.tierslivre.net/spip/spip.php?article4213, me suis souvenue de ce que j'avais lu la veille en suivant les liens, ai circulé en moi de lieux en lieux, ai tenté de préciser une image... mais j'étais trop floue pour aller plus loin.
Alors me suis passionnée pour les économistes atterrés, avec telle force que soudain la nuit était là et mon thé parfaitement froid.
Donc ai repris l'avant-dernier ce serait publié par les cosaques des frontières http://lescosaquesdesfrontieres.com
Ce serait – 35 – ce fut, c'est, ce pourrait être
Ce fut une arcature simple, une nervure plissée posée sur des ébauches de chapiteaux, une forme pure, une ouverture soigneusement modeste dans le bel appareil d'un mur.
C'est une surface de ciment, un peu grossière, exécution ou passage du temps. C'est un enduit grossièrement taloché, un peu trop sec sans doute, avec quelques trous, c'est un enduit jeté sur le bas du mur, mangeant irrégulièrement l'assise respectée, c'est un enduit légèrement creusé pour que ressorte les parties point trop endommagées de l'arc..
C'est un questionnement, instinctif, une envie de savoir ce qui se cache derrière ce masque.
Ce pourrait être une cloison venue s'appuyer par tout à fait au centre de l'arc, pour séparer deux pièces, ce pourrait être un grand placard tapissant le fond d'une lingerie ou d'un office, l'appui d'une bibliothèque où s'entassent les livres de deux ou trois générations en un désordre apparent, ou des rayonnages où s'alignent des pommes derrière un melon en train de confire, ce pourrait-être pourquoi pas un lieu un peu secret, un cabinet pour y faire retraite, ou pour enfermer (non, on n'aurait pas choisi un endroit nécessitant la construction de deux murs, mais ne sais pourquoi la grande Bretèche a dû venir faire un petit tour dans l'entortillement de mon cerveau), ce pourrait être une alcove dans laquelle se nicherait un lit aux draps de lin, recouvert de cretonne fleurie, gansée d'un galon à petites rosaces entre des rayures, avec un cruxifix et un brin de laurier séché, et dans le reste de la chambre il y aurait un charmant cariolet tapissé comme le lit, face à la fenêtre et à une coiffeuse, et puis en biais, dans un coin, placée dans la lumière qui pénêtre le matin, une table, une mauvaise chaise, des papiers...
Ce pourrait être n'importe quoi, et en quoi cela me concerne-t-il ? Ce n'est pas, ce ne veut pas être là uniquement pour titiller ma curiosité, l'occuper le temps de cette attente. N'empêche ce serait bien d'avoir des yeux capables de forer cette masse, de voir.
Ce serait plutôt indiscret, et surtout ce serait follement ennuyeux.
Sans doute, alors continuons... ce serait...
un couloir qui filerait tout dret vers son but... Il est l'heure, il est temps de décoller mon dos du mur, de repartir.

5 commentaires:

Arlette Arnaud a dit…

Comme une paupière fermée qui se fait son cinéma " sur l'écran noir de ses nuits blanches"

jeandler a dit…

Velléités sans vanité.
Que la journée soit douce
l'esprit toujours en éveil
même de bon matin.

brigitte celerier a dit…

surtout de bon matin
ça ne dure pas

Dominique Hasselmann a dit…

La relecture est aussi un plaisir...

brigitte celerier a dit…

merci pour cette indulgence