mercredi, octobre 21, 2015

Pas cap, donc je tente


Matin, en allant jeter papiers, verres, près des remparts, entre ciel couvert et douceur bleue aux légers nuages, ressassait de nouveau qu'il était temps de renoncer à encombrer, si peu que ce soit, l'espace d'internet.. etc…
et puis en montant, dans l'après midi vers la place de l'horloge, tournait dans mon crâne la huitième proposition de François Bon pour l'atelier d'été que j'avais accueillie par une grimace perplexe hier soir http://www.tierslivre.net/spip/spip.php?article4240 par le trou de la serrure, lue et relue avec un détachement appliqué, et dans le petit vent qui fouettait, juste pour un massage, mes joues des idées me sont venues.
En zoomant sur le musicien qui mettait un peu d'allégresse dans un coin de la place, ai décidé de tenter...
et pour éclairer un peu ce qui en est sorti, si vous n'avez pas pris le temps (devriez) de lire la proposition de François Bon et les premières contributions : pour une histoire éventuelle, des bribes comme des fils tirés de l'histoire qui se crée, dans l'ordre où ils viennent (numérotés pour les placer plus ou moins exactement dans le texte qui pourrait être, qui ne sera pas)
84 – un silence, retenue du vent comme d'un souffle, et ruée, décrivant large courbe depuis le large pour virer, s'élancer droit sur la ville, le quai, les corps figés aux bouches béantes, d'un tourbillon d'air mêlé d'eau, un noyau sombre au coeur des gouttes jaillissant de la mer creusée fonçant droit sur elle - 78 – forcissement soudain, brutal, du vent qui s'était levé, balayant en biais le quai, blonde opulente trébuchant sur talons aigus, voix qui s'élèvent pour ne pas s'envoler sans être entendues, rires, des jambes emportées croisant des fronts baissés comme des béliers – 28 sortie pour ne pas entendre communication, debout au ras de la terrasse, troncs centenaires des oliviers, jarres de géranium – 12 première nuit, se pencher pour fermer volets, maison tourne dos au village, lune sur jardins, parfums de plantes qui entrent dans le frais du sommeil, bruissement des branches – 86 le noyau sombre devient visage volant sur l'écume, sombre comme de bronze, brûlé de tant de soleils, deux yeux fendus sous des sourcils presque droits, un grand nez impérieux, rectiligne, une bouche sereine et tendre, elle reconnaît, Nérée, et puis après hésitation, Nestor ? - 30 debout au bord du paysage immense, elle survole, yeux dégringolant depuis les énormes troncs torturés des oliviers, émerveillement, courbes douces des vignes, ondulations qui tombent dans la mer, découpe de la côte, la colline devenue presqu'île en biais, des champs, une lumière franche adoucie d'humidité, elle murmure Grèce - 15 troisième jour, elle se réveille avec faim, un verre d'eau, elle sent la prise de la maison se défaire, la libérer, devine temps de partir, ouvre les volets sur les trois pins, les petits jardins maraîchers, une voiture qui rouille derrière un grillage sur la gauche – 95 ils sont assis au bord de l'enfoncement du quai, les gens étonnament calmes font un détour dans leur marche derrière eux, le patron de la vedette récolte les débris de son bateau comme une bonne ménagère, elle balance ses jambes dans le vide au dessus de l'eau, elle tourne la tête vers le profil, le nez droit, la sagesse, ils parlent.

7 commentaires:

Marie-christine Grimard a dit…

Bien tenté, bien réussi !
Merci au petit vent d'automne qui fouettait...
Ai enfin compris la proposition 8 en vous lisant ;)

brigitte celerier a dit…

il faut lire les trois autres Sébastien Bailly, Dominique Hasselmann, les deux premiers et le beau texte de Christine Jeanney posté en même temps que le mien

Dominique Hasselmann a dit…

Il suffisait de se jeter à l'eau... (le fleuve ou la mer).

Arlette Arnaud a dit…

Belle cavalcade des mots et des idées , j'avais lu sa proposition Merci

brigitte celerier a dit…

Dominique, ce que vous avez fait plus tôt, et en brèves notations évocatrices (plus conformes à ce qu'indiquait François Bon)

Gérard a dit…

Pour la photo du musicien..tenté et réussi

brigitte celerier a dit…

il est un peu plaqué sur les gens assis qui en fait sont à bonne distance.. mais enfin (j'étais près de l'autre bout de la place)