dimanche, novembre 22, 2015

huit jours après


Réveil, ménage, cuisine
et puis m'en suis allée vers l'opéra, en lumière glaciale, parce qu'à midi, un groupe qui s'intitule «les citoyens d'Avignon» et l'orchestre donnaient un petit concert, avec contribution au choix, au profit de la Fondation de France pour aider les victimes du 13 novembre.
Arriver assez tôt pour faire la queue et permettre à un gentil vigile (en fait un ouvreur faisant office de) d'inspecter les quatre poches de mon sac (beaucoup moins scrupuleusement que le jeune garçon courtois et extraordinairement sérieux, la veille au Chêne noir, avec la décontraction d'un familier) et trouver une place (que j'ai d'ailleurs cédée juste en cours de concert à une retardataire plus âgée et plus empotée que moi, ça existe)
longue attente, en regardant la salle se remplir, un photographe nous mitrailler depuis la gauche, le centre, la droite du plateau
pendant l'entrée de l'orchestre en formation réduite, trois plus ou moins longues prises de parole, sensibles et sans fausse note,
et puis le recueillement lumineux et doux de l'adagio de Samuel Barber
avant la clarté du deuxième mouvement du concerto pour clarinette en la majeur de Mozart (j'aime beaucoup le premier clarinettiste)
Une partie du choeur est venu se tasser derrière l'orchestre pour la Marseillaise (enfin comme toujours le premier couplet – dommage j'en ai découvert un à la fin plaidant le respect de la vie des soldats, réservant les coups aux rois et généraux – et le refrain)
Marseillaise reprise par le public.
Nous les avons et nous sommes applaudis… 
sommes sortis en échangeant aimablement 
et suis redescendue vers l'antre en suivant une violoniste plus rapide que moi.
Déjeuner.. et comme je tentais de me décider à sortir tout de suite, brusque et forte grêle
qui en fait fut brêve, mais suis restée flemmarde une petite heure avant de me secoue parce que, même s'il était hors de question que j'achète quoi que ce soit, même si je ne sais que dire aux artistes et même si je suis prise de timidité grande devant les visiteurs pleins d'assurance, ou les amis des maîtres des lieux, 41 artistes ouvraient leurs portes, dont 31 intra muros, et il était de bonne courtoisie et pas sans intérêt de leur rendre visite... en fait n'ai vu que huit ateliers, les plus proches, mais, ma foi, les garde pour demain, augmentés éventuellement si la flemme, le froid, le repassage et la crainte que m'inspire ma serrure (ai mis cinq minutes de panique avant de pouvoir rentrer) ne me font pas en rester là pour cette année.

11 commentaires:

Marie-christine Grimard a dit…

Du bleu à la grêle, de l'émotion aux partages, toutes les couleurs de la vie si belles à lire, merci de ces dons quotidiens qui m'éclairent

Dominique Hasselmann a dit…

Le concerto pour clarinettes de Mozart, il ne pouvait se trouver de meilleur choix.
A Paris, ce fut, il y a maintenant dix jours, un autre genre de grêle...

brigitte celerier a dit…

plus sombre et plus cruelle

Arlette Arnaud a dit…

En écoutant à la TV étais sûre que tu y serais
BEAU Merci pour les détails....

brigitte celerier a dit…

ne savais pas que ça passait à la télé
un moment fraternel

fbon a dit…

la première photo, tout en haut, vraiment symbolique...

mémoire du silence a dit…

Je commente rarement vos billets, parce que je ne sais pas le faire, mais je tenais à vous dire chère Brigitte que toujours ils me touchent beaucoup... cette vie contée à la fois ordinaire et tellement unique... si riche avec cette écriture particulière et singulière qui est la votre m'émeut beaucoup et souvent... en vous lisant même derrière un écran je suis à vos côtés, j'entends Barber, Mozart, je suis cette violoniste au pas rapide, cherche ma clé et m'inquiète de l'état de ma serrure ... regarde tomber la grêle, le repassage m'effleure... sortir, ne pas sortir, remettre à demain ... la timidité grande face à la pleine assurance de certains.... et faire le choix de vivre ... merci pour vos billets toujours pleins de saveurs...

voila c'est dit... ;-)

brigitte celerier a dit…

depuis deux mois chaque jour de beau temps, ça me tire vers la pente à grimper vers le centre de la ville - et j'y vois le symbole assorti au jour et au monde tel qu'on le vit

brigitte celerier a dit…

grand merci Franck … ceci dit la poignée de ma porte m'inquiète vraiment, vas rester dans l'antre tout doux jusqu'à lundi (il y a à faire)

Gérard a dit…

... la salle se remplir,"" un photographe nous mitrailler"" depuis la gauche, le centre, la droite..... un symbole involontaire ?

brigitte celerier a dit…

lui ai pas demandé, à mon avis c'est parce qu'il venait de la gauche physiquement