jeudi, janvier 21, 2016

En revenir à ce serait.. vivre là

Rêvais au temps qui s'en vient, où nos rues recevront parures en camaïeu de roses, mais puisque nous sommes au creux de cette attente, ai enfin pensé à ouvrir la housse des gros vieux épais chandails, des pelures d'autant plus chaudes et confortables que tant portées, lavées, familières.. et me suis retrouvée face à un tas de repassage que ne me suis décidée à attaquer que par fractions entrecoupées de rêverie, lectures, distractions (suivant en même temps ce qui se disait et s'était dit hier à l'assemblée au sujet de la République numérique, ce titre que ne peux m’empêcher de trouver vaguement comique, par sa boursouflure, même s'il est moins parfaitement et grotesquement antinomique de ce qu'il recouvre que l'était la loi dite de maintien dans l'emploi ou la loi pour la croissance, l’activité et l’égalité des chances économiques)

Alors, paresseusement, reprends un ce serait publié chez les cosaques des frontières http://lescosaquesdesfrontieres.com en décembre dernier
Ce serait – 46 – vivre là
Ce serait, oh l'ai souvent désiré ! Ce serait vivre là,
en pensant que cela pourrait être ailleurs quand le voudrais.
Ce serait avoir, bien faut en passer par là, ce serait avoir un bateau
pas le plus beau, pas le plus grand, et surtout pas le plus rutilant.
Ce serait avoir un bateau avec du bois peint et repeint,
juste ce qu'il faut d’accastillage à briquer, utile et sans clinquant.
Ce serait être au coeur de la ville, sans lien,
regarder les gens qui du pont du métro nous regardent sans nous voir,
entendre les voitures tourner sur la place,
et les planches à roulette sauter au bord des trottoirs,
mais ce serait penser qu'au delà de la porte coule la Seine,
qu'on pourrait la suivre en glissant vers l'océan ;
mais ce serait penser qu'en s'enfonçant sous le pont comme les bateaux de promenade
on aurait le canal, le bassin de la Vilette et ce qui dort en son fond,
le canal de l'Ourcq, les immeubles, ateliers, rails, arbres,
une coulée tranquille jusqu'à Villenoy où s'amarrer,
juste pour marcher un peu, retrouver la Marne
qui dort lovée au coeur de Meaux.
et puis repartir en jouant à suivre-éviter la rivière..
Mais ce serait en fait rester là, et regarder les gens au soleil
sur le quai d'en face, parce que cette coque n'est pas une péniche.

10 commentaires:

Marie-christine Grimard a dit…

Rêvons aux temps des possibles où il fera bon rester aux bord des rivières à observer le monde passer...

Arlette A a dit…

Un beau rêve ...rose ce matin devant les aberrations de la vraie vie
Je te suis ...

brigitte celerier a dit…

Marie Christine, même en des temps de colère on doit pouvoir en regardant l'eau couler oublier le reste pour un moment je pense

chri a dit…

Ce serait du miel. Merci à vous.

Douce a dit…

Je reste là...j'aime beaucoup ! Merci Brigitte de ces mots

jeandler a dit…

On ne vit qu'en pensées
la tête emplie de rêves
faire le tour du monde
en sa librairie.

Dominique Hasselmann a dit…

un havre de paix...

brigitte celerier a dit…

Pierre j'ai toujours tant rêvé les yeux ouverts (plaisait pas aux profs) que je ne rêve pas la nuit

Dominique le petit port de l'arsenal était en effet un de mes abris pour repos des dimanches après midi, récupérais

Gérard a dit…

J'aime aussi regarder les gens

Raymonde Wicky a dit…

Merci, Brigitte. Ce serait un beau bateau ...