vendredi, février 12, 2016

Les bêtes le soir

matin saluer,
touche rose, une fleur
enfin éclose.
Fin de plus d'un an d'effort.
Indulgence accordée.
parce que les plantes à mon contact deviennent folles, font ce qu'elles peuvent ou ce qu'elles ne devraient pas.
Entrer dans le jour, le laisser passer, apprendre avec un zeste d’indifférence la composition du gouvernement – juste un étonnement, y voir figurer, comme secrétaire d'état, Hélène Geoffroy dont j'avais aimé la ferme prise de parole en refusant la déchéance de nationalité, parce que je me demande comment nous pouvons fuir nos responsabilités lorsque nous avons nous-mêmes enfanté les monstres.
et m'en aller à la tombée du jour vers le Théâtre des Halles, prendre billet, 
m'adosser au mur entre deux oeuvres d'Alain Timar, nez dans kobo, en suivant à nouveau l'Oblique http://librairie.publie.net/fr/ebook/9782371771383/oblique, attendre que la salle ouvre
et m'installer pour voir les bêtes, création du spectacle programmé pour le festival (avec ceux des compagnies invitées) une pièce de Charif Gattas, mise en scène par Alain Timàr, assisté de Lee Fou Messica et So Hee Han .La photo, d'iFou, provient du site du théâtre, comme cette présentation
L’histoire nous entraîne chez Line et Paul, un couple de nantis comme on dit, mais qui ne sait plus comment faire pour être heureux. Bien entendu, ils organisent souvent des dîners entre amis. Leur passe temps favori : les critiquer férocement aussitôt le seuil de la porte franchi. Il semblerait même que cette inclinaison se soit transformée en un rituel immuable.Un soir, ils invitent Boris, un SDF à leur table «pour épater la galerie» mais le grain de sable va enrayer leur quotidien et le piège se refermer dans ce huit clos à trois. Ça se termine très mal…
et oui je pense qu'on peut dire que ça se termine mal, même si c'est dans la ligne du jeu... de courtes scènes, la langue qu'il faut pour coller à l'image qu'on se fait des personnages, surtout au début, un côté jeu avec conventions, retournements... et le moment où je me suis dit pas vraiment une satire sociale comme l'indiquait le programme, puisque le SDF, Boris, possède en fait les codes, connaît qui il faut, manie le langage, les idées, ce moment où j'ai pensé à un film célèbre avec rapport maître valet, ce moment où la famille se déglingue et on pense à un autre film célèbre avec les ravages provoqués par un intrus trop beau et manipulateur, mais voilà finalement il s'avère que pour jouer il est préférable d'avoir les moyens et de fixer les règles au départ, étant entendu qu'on n'est pas forcé de les publier...
Trois bons acteurs : Maria de Medeiros, Manuel Blanc, Thomas Durand. Spectacle sans répit, jeu de l'esprit, quelques émotions, un rythme constant sans être trépidant, trois très bons acteurs.. et les très infimes baisses dans le rythme devraient s'effacer (c'était la première)
J'ai laissé les spectateurs échanger dans le jardin (carcasse s'était manifestée avec une éloquence brimée pendant le dernier quart temps, et n'avais ni envie ni visage aptes aux échanges),
et suis revenue vers l'antre par les rues désertes.

5 commentaires:

Dominique Hasselmann a dit…

Dans ce gouvernement "remanié" (ce qui prouve bien que not'Président ne songe aucunement à l'échéance de 2017), il manque un SDF, à la place de Madame Cosse.

brigitte celerier a dit…

bien le choisir alors, moins manipulateur, ou qui se croit tel, que le Boris de la pièce
et mieux le traiter que le Boris, quoique.. avec ce gouvernement.. on comprend ceux qui ont refusé

Marie-christine Grimard a dit…

Bravo pour cette année d'efforts qui porte de beaux fruits (fleurs en l'occurrence..)!
L'annonce de ce printemps qu'on espère...

Arlette A a dit…

Oh!! Bien des réflexions "entre - croisées " à la lecture de ce billet , Quand la fiction rejoint la réalité

jeandler a dit…

Tout, toujours, se termine mal.
Se faire à cette idée réalité
et continuer comme si de rien ne l'était.
C'est la règle du jeu.