jeudi, février 11, 2016

Fraîcheur bleue et musique

Nettoyage en bleu
Ciel en gloire sur les rues
suivant nuit froide.
Cheminais vacillante
de vertige en vertige
Après-midi calfeutré, ai renoncé à une rencontre possible, repassage et oisiveté vague pour être raffermie le soir, parce qu'il y avait cette promesse de plaisir, assister à l'interprétation par les Nouveaux Caractères de The Fairy Queen de Purcell
sous la direction de Sébastien d'Hérin, dans une mise en scène de Caroline Mutel (qui interprète la Nuit).
Je reprends une partie de sa présentation sur leur site http://www.nouveauxcaracteres.com
J’aime les histoires, celle de Fairy Queen est une page blanche si l’on choisit de ne pas représenter une pièce qui dénature celle de Shakespeare.
Qu’on laisse les mots de la musique raconter une autre histoire, loin des didascalies et des elfes en culottes bouffantes.
Des mots au pouvoir guérisseur qui redonnent un sens à la vie, au moment terrible où l’on craint de la perdre.
Alors les personnages du Songe peuvent apparaître.
L’amoureuse Hermia cherche éperdument son valeureux Lysandre.
La fière Héléna attend que Démétrius se révèle à lui-même.
Les artisans jouent la comédie des saisons.
Et la Reine des fées, mère de tous les poètes, n’existe plus seulement dans les rêves et proclame : « À mon sens, tout a un sens ! »
photo de répétition provenant de Facebook, photo venant de leur site
Alors pour éviter les culottes bouffantes et les crevés, l'orchestre était en beige rappelant vaguement des soldats anglais au cantonnement, peut être parce que les chanteurs masculins étaient pour l'un en poilu, pour d'autres en uniformes coquettement rebrodés, les femmes en manteaux de même époque ou robe du soir.
Des trétaux ou estrades plus ou moins droits, un fond de décor peint – ville futuriste vue depuis des temps antérieurs et coin de forêt – apparaissant dans les trous, ouverts par intermittence d'un second plan, troncs d'arbre ou draperie déchirée, cela n'avait pas d'importance. Un jeu un peu minimum et des moments où d'un groupe figé comme un tableau vivant se dégageait le soliste. Un parti pris auquel on se fait assez vite, et puis la musique, et le plaisir était là, dans l'ensemble instrumental dirigé par Sébastien d'Hérin, claveciniste, et les dix chanteurs (surtout une soprano Virginie Pochon, un contre ténor Christophe Baska, un superbe baryton Frédéric Carton et puis.. bon tous, au fond), leur jeunesse.. ne saurais et n'ai paresseusement pas envie de détailler, mais j'aime bien entendu l'oeuvre et j'ai beaucoup aimé (pas seule) la version qu'ils nous en ont donné.
Saluts, retour (curieusement comme toujours j'avais beaucoup moins froid en revenant vers l'antre)
N'ayant pas trouvé d'enregistrement par cet orchestre, juste pour le plaisir, en souvenir d'un disque que j'ai perdu, un passage de la version de John Eliot Gardiner
et pour entendre les Nouveaux Caractères, des extraits des Danaïdes de Saliéri

4 commentaires:

Dominique Hasselmann a dit…

Du Purcell forcément céleste...

brigitte celerier a dit…

Dominique, merci pour votre passage
Céleste.. eu sais pas si Dieu aime les fées

Marie-christine Grimard a dit…

Merci pour la musique et le spectacle !

Gavroche 60 a dit…

J'ai "très-beaucoup" aimé !
Merci :)