mercredi, mai 18, 2016

Pour les yeux, le ventre, les oreilles et l'esprit

Ai accueilli le ciel bleu sur la cour
J'ai envoyé mon esprit tenir compagnie à ceux qui manifestaient contre la loi El Khomri/CFEDT/MEDF/UE devant l'usine SEPR entre Le Pontet et Sorgues, et puis égoïstement, pour entretenir mon petit bedon suis partie

et ce fut
lumière, ombres
et un petit vent jeune
pour joues fraiches
et ce fut
printemps aux halles
sourires et mots détendus
des courses sages
et ce fut
une brocante
devant le mur frémissant,
le ciel en gloire
qui attirait les arbres
le clocher et les regards
et l'attente du soir, sans trop de crainte d'être déçue, ou pas totalement, parce que curiosité en éveil, et souvenir d'avoir aimé beaucoup les trois soeurs, un peu moins Angels in America, et des petites pièces, parce que cette attente m'a fait, cet hiver, supporter certains opéras programmés, la soirée m'était revanche, avec la création de la version scénique de Senza Sangue de Peter Eötvös, dirigée par le compositeur, suivie, compte tenu de la brièveté de l'oeuvre, par le château de Barbe-Bleue de Bartok, dirigé et choisi par Eötvös 
(photo provenant de la page Facebook de l'opéra d'Avignon où ce programme a été donné dimanche) Senza Sangue, commande du New York Philharmonic et de la Philharmonie de Cologne, œuvre brève, en un acte, pour deux chanteurs, d’après un roman d’Alessandro Baricco, une femme (Albane Carrère) que son père appelait Nina retrouve, au bout d'une cinquantaine d'année, le dernier survivant (Romain Bockler) – il semble qu'elle ne soit pas étrangère à la disparition des deux autres – des soldats qui ont tué son père, le plus jeune, celui qui l'a découverte alors dans sa cachette, et ne l'a pas dénoncée. Musique de tension, violence qui enchâsse les voix jusqu'à presque les noyer, et puis qui s'assouplit – il y a même un moment de silence – pendant que seule elle médite sur ce passé où elle n'était que cette perte – musique qui accompagne ) distance, s'infléchissant, se faisant parfois chanson presque douce sans que jamais la tension disparaisse, durant le dialogue entre ces deux êtres liés par cet instant dramatique, la lente redécouverte par la femme qu'elle était Nina, une petite fille avec sa vie devant elle, la vie à renouer à partir de ce lien avec ce vieil homme. Deux beaux interprètes, une attention heureuse de Brigetoun à la musique, un décor nu et de belles lumières, une mise en scène qui évoquait Régy, un public intrigué, pas de refus, partagés entre perplexes et heureux.
J'avais trouvé sur YouTube les dernières minutes de la création en version concert à Cologne en 2015 avec l'orchestre de Cologne, Anne Sofie von Otter et Russel Braun
entracte
et puis le Château de Barbe-Bleue (photo provenant également de la page Facebook) autre couple (plus un récitant, Philippe Murgier et trois figurantes à la fin pour les anciennes femmes, vivantes, que Judith va devoir rejoindre) autre tension, autre musique entre violences et douceurs, mais celui qui se met moralement à nu, que l'on découvre, est cette fois l'homme. Décor tout aussi dépouillé, images plus que vidéos (Arthur Colignon) pour illustrer chaque pièce que Judith ouvre et deux belles voix Adienn Mirksch (Judith) et Kàroly Szmerédy (Barbe-Bleue)

2 commentaires:

Dominique Hasselmann a dit…

Peter Eötvös : un ancien directeur de l'Ensemble Intercontemporain...
Il est bien de savoir qu'il est toujours au charbon (musical) !

brigitte celerier a dit…

même si là x'est un mini opéra.. mais je crois qu'il est toujours très actif comme chef d'orchestre