dimanche, mai 15, 2016

Regarder dans la lumière, écouter dans la nuit

bleu et rafales
marcher de place en place
jupe qui danse
des créateurs exposaient
et Brigetoun regardait
aimait plus ou moins, avec détachement de bourse actuellement plate, et profitait de ce temps de printemps presque fougueux, veston sur l'épaule parce que faisait trop chaud
mais si j'admire les crocheteuses ou tricoteuses, je me demande un peu ce que les puissants troncs leur ont fait pour qu'elles les vêtent ainsi (même léger agacement que pour les cadenas sur les ponts, suis vieille chose.. quoique.. le poisson je l'aime bien)
Sur la place Pie, quelques minutes d'un concert, et puis, en avait un peu assez, n'osait pas trop photographié (une réflexion – dommage il sagissait d'un très beau buste en céramique, n'y en a qu'un petit bout, en rive, à droite de la première photo), après un agréable moment avec la jeune femme de couleur garance http://www.couleur-garance.com/index.php , suis rentrée dans l'antre en négligeant les deux dernières places.
et le soir venu ai mis le seul manteau conservé, tube de laine fine non doublé sur le petite robe noire, et suis montée vers un peu de l'histoire de la musique, Menahm Pressler (92 ans je crois) dans un très beau programme
Pas vraiment préparée à voir entrer par le fond, porté par deux personnes et une cane, ce tout petit fétu tordu que l'on assis avec précaution, bien calé contre un coussin,
et la tendre et belle presque surprise, ensuite, de la sensibilité, la fermeté, l'énergie de son jeu.
Il nous a donné en première partie
le rondo en la mineur KW 511 de Mozart, un Mozart pré-romantique pour bercer, valser la mélancolie, refouler doucement l'air qui venait caresser la tristesse, et après un sursaut décidé retrouver la mélancolie
et la belle sonate n°17 en ré mineur dite «La Tempête», puisque, paraît-il, Beethoven évoquait la Tempête de Shakespeare pour expliquer sa composition, sonate de la surdité
et après l'entracte pour mon plaisir, le bref impromptu al Ongarese de Kurtag à lui dédié (avec une colère rentrée et d'autant plus forte de Brigetoun contre les sièges que l'on faisait crisser et les raclements de gorge, erraflant cette délicatesse) – ai trouvé un enregistrement que ne peux incorporer http://www.classicalplanet.com/webeuroclassical/video/gyorgy-kurtag/impromptu-ongarese-to-menahem-pressler-for-piano-solo/12012/9585/2//1/2241/0
avant estampes de Debussy, les pagodes dans le souvenir du gamelan, la soirée dans Grenade qu'aime juste un peu moins, et le charme des jardins sous la pluie avec les brefs passages de dodo l'enfant do, et nous n'irons plus au bois
Et pour finir Chopin bien sûr, mais un Chopin sans trop d'extériorité (toujours mon inguérissable petit recul) et que j'aime avec la ballade n°3 en la bémol majeur et ses lumières. 

Merveilleux homme, mais je trouve que le faire venir trois fois pour saluer c'était beaucoup lui demander... d'autant qu'il y avait ensuite une séance de dédicace.

11 commentaires:

Arlette A a dit…

Bel élan que le corps rétif de peut suivre
Admirable
Les tours de marchés révèlent des images insolites dont chacune serait une histoire....
"Ce serait"

brigitte celerier a dit…

grand merci à toi

Dominique Hasselmann a dit…

Kurtag au rendez-vous, moins connu que Chopin mais toujours vivant !

Marie-christine Grimard a dit…

Merci pour ce beau partage plein de couleurs et de musique !

brigitte celerier a dit…

et merveilleux bonhomme lui aussi - un beau moment ce concert, fait du bien

brigitte celerier a dit…

Marie-Christine en gros une journée douce (le soleil ?)

Louise imagine a dit…

Merci Brigitte, bonheur toujours aussi vif de vous accompagner au fil de vos journées

tanette2 a dit…

A l'inverse de toi, j'aime beaucoup ces arbres ainsi vêtus, il y a longtemps que j'ai envie d'en habiller quelques uns dans mon jardin, ...seule la paresse m'en empêche...

brigitte celerier a dit…

plusieurs amies qui aiment (et une je crois qui réalise) c'est pourquoi je m'excusais presque… mais moi y en a moins aimer (sans détester) - peut être un complexe de celle qui n'est pas fichue de tricoter ou moins encore de manier un crochet (pour le tissage c'est un peu, un tout petit peu mieux)

Françoise Dumon a dit…

je suis admirative pour ces hommes que la passion porte et garde vivants. Pour ce qui est de l'agacement, je partage, mais est-ce une question d'âge ?

Gérard a dit…

comme moi tu aimes le poisson...tu aurais été gâtée en Espagne.