lundi, mai 23, 2016

Une surprise


Le ciel bleu du matin s'est lentement, inexorablement couvert en fin de matinée, au moment où
après avoir coincé entre les épines du rosier improductif les deux pauvres petites roses du plus récent qui courbent jusqu'au sol les rameaux maigres et faibles qui ne peuvent les porter, je rentrai pour me laver les cheveux et bricoler mon déjeuner.
Après petit sieston, pensai Paumée, envisageai de lister ce qui peut faire le sel de ma vie (en n'oubliant pas que si le sel donne du goût, c'est sans douceur excessive), en me souvenant du plaisir pris à la lecture du billet posté le matin par Pierre Ménard (vous le conseille) http://liminaire.fr/entre-les-lignes/article/le-sel-de-la-vie
et puis alors que je mettais de l'eau à bouillir pour un thé où puiser inspiration, le téléphone a sonné, en traînant des pieds suis allée jusqu'à l'appareil - ce que souvent ne fais pas : les appels provenant majoritairement de commerciaux, je considère que l'ami, l'amie ou le membre de la famille qui, par extraordinaire ne me contacterait pas sur internet, me laisserait un message... auquel cas je me précipite pour décrocher - , pour entendre, en réponse à mon bonjour en forme d'aboiement rogue une voix masculine et un nom qui m'a rendu le sourire.
Ce que je voyais de la cour était tristement sans lumière, ai décroché mon ciré, négligé les parapluies parce que tout de même il était ridicule de penser à de la pluie, tâté mes cheveux qui étaient secs, posé une barrette, et m'en suis allée le long de la très vide rue Joseph Vernet, me sentant aussi élégante et fraîche que les petites fleurs abandonnées des bacs (le service jardin de la ville semble se désintéresser de notre quartier).
Quelques gouttes pour remouiller mes cheveux.. des travaux devant et dans la gare pour nous obliger à faire quelques pas jusqu'à un café et un très agréable moment avec l'ami de passage qui m'avait fait l'honneur et le plaisir de me contacter, qui m'a offert un baiser d'accueil, l'arrêt de l'ébauche d'averse, un café – étonnamment bon – et un moment de piapia détendu, assez bref pour que je ne le soule pas trop... avant le départ de son train vers l'Italie.
Et toute contente m'en suis revenue, considérant que la surprise et l'amitié faisant le sel de la vie j'en resterai là.

7 commentaires:

Arlette A a dit…

Cueillir immédiatement la fleur ..du sel de la vie
Et ses petits bonheurs

Claudine a dit…

c'est bien pourquoi nous venons ici récolter la fleur du sel

brigitte celerier a dit…

Claudine : et c'est bien ce qui me surprend ;-)

Dominique Hasselmann a dit…

Une surprise sonnante : le téléphone est peut-être aussi le sel de certains instants !

brigitte celerier a dit…

toujours un petit espoir.. sauf que généralement c'est du fiel (gens qui couper la parole vite et rapidement pour raccrocher ou silence ou un disque disant good by.. qui le fait dire je résille ma ligne)

jeandler a dit…

Les roses sous la pluie lourdes de chagrin.

Gérard a dit…

ta rose ne manque pas de sel