lundi, juin 13, 2016

Dimanche, lavage cheveux et boulangers

ciel bleu avec nuages, paresse, garder l'antre et se laver les cheveux,
frissonner aux gouttes qui glissent le long du dos, laisser sécher
et en rester à un vieux ce serait publié par les cosaques des frontières https://lescosaquesdesfrontieres.com
Ce seraient - 58 – des boulangers
Ce serait, pour une raison ou une autre, et contrairement à mes habitudes, vouloir acheter des pains – pour une maison de vacances pleine d'une grande famille, ou pour les repas d'un groupe de travail ou – comme je le disais – une raison ou une autre.
Ce serait, sur un renseignement, trouver une boutique rouge devant laquelle attendrait une petite file de clients.
Ce serait voir une femme, une petite fille, ou un grand-père, sortir avec une miche, un pain long, un sachet plein de croissants, et un sourire de contentement.
Mais ce serait, en arrivant au niveau de la vitrine, un étonnement.
Il y aurait des pains de toutes sortes, un homme en blanc servant chacun à son tour, un autre, avec un grand tablier, venant regarnir les rayonnages, fort gaillards tranquilles vaquant dans le calme, oui mais voilà, ils n'auraient pas de tête.
Et la femme bavarde qui me suivrait – elle commentait les dernières nouvelles entendues à la radio, elle saluait ceux qui sortaient ou les passants, elle gourmandait un chien errant – me regarderait, rirait et dirait «ne vous en faites pas, ce sont les meilleurs boulangers de la ville, leurs mains savent choisir la farine, humer son odeur, doser l'eau et le levain, pétrir, laisser reposer etc.. enfin tout ce qui est nécessaire, mieux que toutes autres»
Je trouverais cela un peu étrange, mais comme visiblement je serais la seule troublée, j'accepterais de ne pas y penser davantage....
En pénétrant dans la boutique, en évitant de regarder plus haut que les épaules des deux boulangers, parce que tout de même cette absence au dessus m'était inconfortable, en écoutant le bavardage, en entendant les commandes passées, en voyant que même si un client ne prenait pas cette peine, mais continuait à parler du beau temps ou se bornait à saluer le marchand, il était servi, et, semble-t-il, à sa convenance, je m'interrogerais (le curieux est que l'impossibilité pour ces deux bonshommes d'entendre me semblerait évidente, mais que je ne me demanderais pas comment ils pouvaient circuler, prendre, compter – ah non pour ça il y avait la caisse enregistreuse – oui mais fallait bien qu'ils y entrent les éléments... zut).
Et puis ce serait mon tour.. et comme je regarderais les baguettes - enfin les pains courts et assez fins que l'on nomme baguettes en dehors de Paris - pour lesquelles j'étais venue, l'homme en poserait une, puis une seconde, une autre... sur le comptoir jusqu'à ce que je cesse de penser aux baguettes pour m'intéresser aux fougasses, et il en ajouterait trois bien dodues, puis un gros pain de campagne rond - parce que j'aime y tailler des tranches pour une petite troupe à peine éveillée, cela me rappelle ma jeunesse – et je me dirais que la transmission de pensées est une merveilleuse réalité.
Pendant que j'entasserais le tout dans mon grand sac, la femme commenterait : «vous aller voir, ils vont aimer ça chez vous....» - c'est vrai que le contact était ferme et souple, le parfum agréable..
Alors, puisqu'en principe ils ne pouvaient m'entendre, les deux hommes, je demanderais  : «mais comment ont-ils perdus la tête ?»
Et des voix répondraient
- «parce qu'il y a trop de règlements, on ne peut plus travailler
- c'est depuis les grands vents
- parce qu'ils ont oublié de la remettre en place un lendemain de cuite
- pour une femme..»
Dernière réponse qui déclencherait un : «qu'est ce que tu en sais toi ?» furieux fusant d'au dessus de l'homme qui encaisserait mes achats et un «parle pour toi» de l'autre, qui, justement, arriverait en portant une grille chargée de tartes... et puisque les voix leur étaient revenues – peut-être que la supposition n'était pas si fausse – de bonnes bouilles, une toute ronde portant une toison blonde bouclée, une longue et brune avec un grand nez busqué, seraient tout d'un coup là, bien visibles, sur leur cou...
M'en irais, titubant sous la charge, en me demandant si, au fond, je ne serais pas sorcière.
Et puis que, tiens c'est vrai, il n'y avait pas de boulangère.

7 commentaires:

Dominique Hasselmann a dit…

pain quotidien... pour ceux qui en disposent.

brigitte celerier a dit…

tout de même une des nourritures les plus abordables, je crois (en achète pas, reste de mon adolescence anorexique)
et pour le reste, le boulanger (très bon si j'en juge par les files devant la boutique parfois, alors qu'il y en avait tant d'autres) en bas de chez moi à Paris, vendait les petits beurres à la pièce pour que les gosses puissent les acheter - sont peut être arrangeants mes boulangers là...

jeandler a dit…

L'important dans la vie, rester loin du pétrin, si faire se peut.

brigitte celerier a dit…

Pierre : sourire

Lavande a dit…

Réservation festival sur Internet ce matin à 10h pétantes, à l'ouverture: la plupart des spectacles que je voulais étaient complets!!!
Exemple: Les Damnés: 10 séances X 1973 places = 19 730 billets vendus samedi aux clients qui étaient sur place?
Décourageant.

brigitte celerier a dit…

sans doute pas - tous les billets n'étaient pas mis en vente et c'était surtout pour les damnés et trois autres spectacles contingentés (deux billets pour chacun au maximum)
mais il doit y avoir les pré-réservations des agences.. et souvent, en passant sur le site on trouve des billets remis en vente plus tard, ça m'est arrivé.. là j'ai laissé tomber jusqu'à mercredi, laisse passer l'orage et on verra bien pour les finalement trois billets que j'aimerais
sinon tant pis, reste l'immensité du off (mais mon problème clims insupportables et choix trop ample) plus les lectures, conférences, expos. etc...

Arlette A a dit…

Et cette infime parfum de pain chaud très tôt le matin