samedi, juin 11, 2016

mouchetés


moucheté était le ciel quand suis sortie matin,
les grappes, rose pale ou soutenu, encore clairsemées sur le vert sombre des lauriers attendaient que le soleil descende les exalter,
les petites taches jaunes de fleurs recroquevillées se cachaient sous les minuscules arbustes d'un bac. 
Brigetoun avançait, éternuant et migraineuse (carcasse a de ces fantaisies..) crâne solennel partagé entre petits nodules douloureux et coton de non-pensée ;
une façade en sa vieillesse m'a semblé protégée d'écailles plates comme une carapace de tortue
Il y avait des rangées de petites notes égrenées, un rosier pompon aux fleurs défraichies
et bien sûr le jeu des cailloux du sol (bon c'est un tantinet tiré par les cheveux, mais c'était exactement la limite de ce dont mon crâne était capable et l'idée m'a tenu compagnie)
Mais quand j'ai regagné mon quartier, le pas de plus en plus ferme, souriant au programme accompli, le ciel m'a récompensée de grandes surfaces bleues (à vrai dire ce fut un jeu de transformations toute la journée)
et j'ai eu le plaisir de trouver dans notre niche à courrier une surprise venue de loin, un des textes de Kafka que je préfère, traduit et édité par Laurent Margantin aux Oudradek éditions (j'avais lu l'annonce sur http://oeuvresouvertes.net/spip.php?article3427 et j'hésitais à pré-commander la série, ma lenteur a été honteusement récompensée par ce cadeau !.. aurais un livret à donner..) et, sensible à l'agréable et grande – merci disent mes yeux de petite vieille – typographie d'Alain Hurtig, me suis installée un moment avec une collection de mouchoirs de moins sollicitée, assise sur la table de la cour pour retrouver le pauvre cher artiste de la faim, dans sa brève gloire, dans son délaissement.
Et puis faisant un pari sur ma forme demain, et surtout le mois prochain, ai mis au net ma liste de billet, en espérant que ma quête, demain, sera fructueuse (et que me retrouverais de nouveau fauchée, ça me rappelle ma jeunesse) 

7 commentaires:

Dominique Hasselmann a dit…

Terminer sur Kafka : on vous a fait une fleur !

Arlette A a dit…

"Coton de non- pensée " est tout à fait juste comme les roses en finition

brigitte celerier a dit…

Dominique, oui suis touchée

jeandler a dit…

Des pensées improbables
un ciel pavé de bonnes intentions
Kafka n'est pas un homme triste.

Godard a dit…

Mosaïque du ciel,mosaïque des couleurs,des pavés,mosaïque de la vie et de cette journée,légèreté.

Alain Hurtig a dit…

Brigitte, merci de votre commentaire : je suis extrêmement touché (etr très sensible au fait qu'on reconnaisse mon travail, évidemment).

Toutes mes amitiés.

Alain

brigitte celerier a dit…

mes yeux et mon confort et plaisir de lecture vous disent grand merci